Et oui, cette discussion revient souvent... Voir entre autres:
Systèmes de cotation
Le mien est particulièrement décrié, mais que chacun se rassure, je n'ai nullement l'intention d'y changer quoi que ce soit, aussi mauvais soit-il.
J'en entends déjà dans leur coin qui disent que je disjoncte totalement.
Nous voici donc repartis pour un nouveau tour de manivelle à propos de ce sujet qui soulève pas mal de vagues...
A qui et à quoi peut servir un système de cotation de whisky?
Au départ, et à moins de s'appeller Michael Jackson ou Jim Murray, on commence à noter ses propres whiskies à partir du moment où le nombre de bouteilles dégustées dépasse le raisonnable qui se situe aux environs de 10 bouteilles.
Si j'avais 10 bouteilles, je saurais sans problème dire, et dans l'ordre, quelles sont mes bouteilles favorites. Et les jours où je suis satisfait de moi et que je veux m'accorder une petite récompense, je prendrai la meilleure, et le jour où j'ai été complètement nul, je prendrais la moins bonne.
Seulement, à force d'être nul, on a souvent tendance à acheter plus de bouteilles, dans l'espoir de remplacer la plus mauvaise (celle en queue de liste) par une plus mauvaise encore. Et pour ne pas la vider trop vite, on s'en octroie une un peu moins mauvaise. etc....
Cercle vicieux.
Parce qu'à ce rythme là, on en arrive vite à 30.
Petit exercice mental: citer de mémoire les 30 bouteilles qu'on possède, et ce par ordre alphabétique.
30, passe encore.
A 50, on se rend compte qu'on commence à avoir des trous de mémoire. On oublie des bouteilles. Et surtout, on ne sait plus ce qu'une bouteille vaut par rapport à une autre. On se souvient encore vaguement de la meilleure et de la pire. Entre les deux, c'est une sorte d'infâme magma vague, un domaine réticient à toute approche qu'elle soit scientifique ou sentimentale. Alors, on boit tous les jours le même chose. On sombre tout doucement dans la routine, et on se demande pourquoi on n'en est pas resté à deux bouteilles. Ah que la vie était douce à l'époque...
Alors, on commence à mettte ses bouteilles dans son ordinateur.
Puis, on commence à s'intéresser à ces étranges distilleries aux noms un peu barbares.
Puis on se dit, tiens, si je mettais une cote à chaque bouteille, de façon à pouvoir se souvenir des meilleures et des pires.
Mais un chiffre ne suffit pas. Essayons de faire une petite description. Or, sans expérience ni formation, c'est un exercice bien périlleux. En fait, un truc qui s'apprend.
Après ça, on se dit que ce serait bien de savoir ce que d'autres ont pensé d'une certaine bouteille. Et on cherche de nos jours sur internet....
Or Internet est d'une pauvreté à hurler. A part les notes (souvent extrêmement intéressantes de LMDW), les notes fouillées des Malt Maniacs (mais il y en a tellement, surtout de bouteilles qu'on n' jamais vues...) il faut bien avouer qu'il n'y a pas grand chose.
Entretemps, on a déjà attribué des cotes au hasard à une centaine de bouteilles.
L'étape suivante, c'est de se dire qu'on n'est certainement pas seul à se poser la question de savoir ce que pensent d'autres...
Et un jour, l'idée de créer un site internet germe dans un esprit déjà pas mal entamé par des rêves éthyliques...
Et de fil en aiguille, un site prend forme. Et quoi de plus simple que de rajouter les cotes qu'on a attribuées au hasard du plaisir et au cours des semaines et des mois qui ont précédé.
Une approche scientifique du whisky... Autant confier ce boulot à ca CIA, ou tout autre institut qui peut décortiquer de façon scientifique tous les éléments chimiques constituant un whisky, et y accorder une notation exacte, mais dont tout le monde se fout royalement.
Moi, j'aime tous les whiskies sauf les malhonnêtes (voir la dyatribe sur Glen Peel ailleurs), et je respecte trop le boulot de ceux qui le font (même si ce sont en grande partie des ordinateurs au service de multinationales) pour me permettre de dire qu'un whisky est infect...
Donc, j'ai commencé à faire mon classement sur 20.
A l'époque où je possédais une petite centaine de bouteilles.
Un classement très cohérent à l'époque. Celui que je préférais a obtenu un 19 et celui que j'aimais le moins un 14. J'aurais tout aussi bien pu donner un 5 pour le meilleur, et un 0 pour le plsu mauvais.
Mais supposez que j'achète un jour une bouteille meilleure que le meilleur. Bon, pas de problème, il aura un 20/20 (j'ai accordé cette cote 2 fois, une fois à un Port Ellen 19 ans Provenance et une fois au Platinum Brora 32 ans). Et si un jour il y en a une meilleure? Et bien, elle aura un 21/20.
Moi, ca ne me gêne pas. SImplement, j'aurai pris plus de plaisir. C'est tout.
Evidemment, j'en entends déjà qui disent: Mais ce n'est pas cohérent. Je ne suis pas en mesure de faire mon choix en fonction de ces notes, etc...
A ceux-là, je réponds que ca n'a jamais été mon but de classifier de façon objective et scientifique les bouteilles de whisky. Je suis bien trop modeste que pour oser avoir une telle prétention. Et que chacun se fasse sa propre opinion.
Moi je dis simplement:
- J'ai adoré: 19,
- J'ai plus qu'adoré: + que 19;
- J'aime beaucoup:18
- J'aime: 17
- J'aime un peu moins:16
- j'aime pas trop: 15
- j'aime pas: moins de 15
Et pour un peu étoffer le tout, j'ajoute mes notes de dégustation qui elles aussi valent ce qu'elles valent. Qui sont parfois contradictoires, et alors?
Personne n'a encore établi un étalon valable du plaisir. Et mes notes sont simplement l'expression du plaisir que j'ai eu à un moment donné, sans prétention.
Evidemment, elles sont sur INternet, et elles ont été lues par plus de 150.000 personnes en deux ans...
Tant pis pour ceux qui se basent sur mes cotes pour faire leurs achats, quoi qu'il semble d'après les échos qui me reviennent que pas mal de gens s'en servent de cette façon sans le regretter.
Alors, quelle différence entre un 91 et un 93/100?
Pour apporter tout de même un poil d'objectivité, je note mes whiskies à l'aveugle à chaque fois, et je mets la moyenne dans un tableau sur le site, et via une formule extrêmement savante, tenant compe du prix, de la cote, du fait que la distillerie est en production, qu'elle vient de démarrer, etc..., je laisse mon ordinateur calculer une cote, qui me sert à faire mon tableau "rapport qualité-prix".
Le tout sans prétention.
Et à partir de maintenant, je ne parlerai plus qu'en présence de mon avocat.