canis lupus a écrit :Wikipédions un peu pour décrypter cette nouvelle jean-michelerie:
"Une
antimétabole est une
figure de style(1) qui se compose à la fois d’une
anadiplose(2) et d'une
épanadiplose(3). Elle consiste en l'emploi d'un même mot sous plusieurs sens dans un même énoncé."
(1)"Une
figure de style (du latin figura « dessin d’un objet », par extension sa « forme ») est un procédé d'expression qui s’écarte de l’usage minimal de la langue et donne une expressivité particulière au propos."
(2)"L'
anadiplose (substantif féminin), du grec ana ("de nouveau") et diploos ("double") est une figure de style consistant en la reprise du dernier mot d'une proposition à l'initiale de la proposition qui suit, afin de marquer la liaison entre les deux. La répétition du mot forme un enchaînement qui permet d'accentuer l'idée ou le mot; proche de la
concaténation(4) et de l'
épanadiplose(3).
(3)"En rhétorique, une
épanadiplose est une figure de style consistant à la reprise à la fin d'une proposition du même mot que celui situé en début d'une proposition précédente."
(4)"Le terme
concaténation (substantif féminin), du latin cum ("avec") et catena ("chaîne, liaison"), désigne l'action de mettre bout à bout au moins deux chaînes."

Ca me parait assez exhaustif comme explication, mais je ne voulais pas vous embrouiller avec toute cette complication.
Pour saisir simplement ce qu'est une antimétabole, citons le très classique exemple : "Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger", ou le plus littéraire "Je ne prétends pas justifier ma vie par mes livres, non plus que mes livres par ma vie" (Bernanos). En gros, on dit des choses différentes avec des mots identiques en échangeant la place de ces mots dans deux propositions adjacentes. Le procédé, pour artificiel qu'il est, peut s'avérer relativement efficace s'il est bien employé.
De ce point de vue, les effroyablement pauvres "Liban libre, libre Liban ; Enfants libres, libres enfants" ou "pendant ce temps ramait d'Aboville, pendant ce temps d'Aboville ramait" des chansons de Guy Béart ne sont pas des antimétaboles, puisqu'il dit la même chose avec les mêmes mots en se contentant d'échanger la place des mots. C'est simplement l'expression affligeante d'un auteur a court d'inspiration. Mais quand on a pondu des chefs d'oeuvres tels que "Le chapeau", "Laura", ou "Chandernagor", on mérite un peu d'indulgence. Mais je m'égare.
Dans le plus cocasse "Lui est fou de sa femme, et sa femme se fout de lui", il y'a un peu entorse à la règle, puisqu'il ne s'agit pas exactement du même mot...