AlexandreV a écrit :La modestie entendue comme un effacement de soi ou l'absence de recherche?
Parce que si tu parles de modération, j'ai du mal à la trouver dans tes propos aussi. Quelle soit l'organisation, il y a toujours des facteurs externes qui font que l'on passe à côté de certaines choses ou en surévalue d'autres.
Ils dégustent en fait tous les fûts qu'ils ouvrent pour les vieux blends, et c'est le chef de cave qui sort ceux qui ont un intérêt particulier
Juste pour relever ce point: ils ne testent pas leurs jeunes fûts? ou s'ils le font comment font-ils pour les milliers de fûts pour les suivre, sachant que plus c'est jeune et plus les tests doivent être fréquents (jusqu'à plusieurs fois par an)? et pour les vieux fûts, ils ne les testent que au moment de l'assemblage?
Anticipation ou surprise?
(ce sont des questions oratoires, je n'attends pas tes réponses...)
AV
La modestie, ou étudier les problèmes et vérifier ses informations avant d'en parler.
La modération n'a rien à voir la dedans. Elle ne touche pas l'essentiel du discours, mais simplement la façon de dire les choses.
Ta vision sur la dégustation des jeunes fûts est aussi très décalée par rapport à l'Ecosse. La dégustation pluri-anuelle des fûts ne se pratique jamais, je ne connais personne qui le fasse parmi les dizaines de producteurs ou stockistes que je connais en Ecosse. Cela se pratique quelquefois dans les petites propriétés de Cognac, d'Armagnac, mais jamais en Ecosse chez des gens qui stockent, à telle enseigne, que, bien souvent, il est extrêmement difficile voire impossible d'obtenir des échantillons sur des lots qui sont offerts sur le marché. Ces gens achètent ainsi souvent sur papier, y compris certains des fournisseurs de l'établissement qui t'emploie.
(J'ai personnellement essuyé nombre de refus d'échantillons chez divers fournisseurs (Daigeo, Pernod-Ricard Ecosse, et des plus petits). Diageo facture ses échantilons 25 livre sterling + frais d'envoi, cela te donne une idée du coût s'il faut en goûter ne serait-ce que 10 pour en trouver un qui soit superbe.)
Le climat Ecossais plus froid et humide est moins agressif sur les eaux de vies notre climat. Par conséquent, si l'on a rempli du bois de qualité correcte avec un whisky venant d'une distillerie de bonne qualité, il y a de fortes présomption que le whisky soit bon dans ses jeuines années. La qualité du bois donne ainsi de fortes présomptions sur celle du whisky quand les whiskies sont jeunes. Par ailleurs, le vieillissement étant plus lent qu' en France et pas de même nature (pas ou presque pas de bois neuf, températures plus modérées et chais plus humides), on peut s'attendre à ce que, dans les premières années, les lots de fûts de même provenance soient de goûts semblables (sauf fût accidentellement mauvais : fuites, présence de corps étranger à l'intérieur, etc...). C'est ce que vérifie l'expérience. Une dégustation très rapide au moment de l'ouverture du fût avant usage confirear si un tel défaut patent a altéré le produit.
En ce qui concerne DL, sauf exception, les qualités proposes dans les gammes dont nous parlons ont plus de 10 ans, souvent plus de 15.
Ce sont souvent des whiskies agés. Et ils sont dégustés comme je l'ai écrit.
Nous sommes obligés, en ce qui nous concerne, de ne travailler que quand les échantillons sont possibles, c'est à dire dans moins d'une fois sur deux. Ainsi, j'attends toujours des échantillons demandés... au mois de Janvier d'une petite dizaine de fournisseurs. Et quand on va chez eux, ils n'ont souvent pas disponible l'échantillon du ou des fût qu'ils proposent ou qu'on leur demande. Quand ils les ont, tu as droit à une fiole de 3 ou 6 cl, rarement plus. Il faut que cela suffise pour faire ton jugement.
Les fûts que tu déguste en ce moment échappent à cette règle, parce que les fournisseurs font sans doute un effort spécial compte tenu de l'ampleur et des répercusions qu'ils espèrent de l'évènement, en terme non pas uniquement de vente, mais aussi d'image de marque. Ils savent aussi que ton employeur leur achète nombre de caisses par an de toutes sortes de qualité, sur lesquelles ils ont des marges bien supérieures à celles qu'ont les fournisseurs de whiskies en vrac (en fûts). C'est tout à fait différent.