c'est vrai que les 2 scénarios sont plausibles. Toutefois il y a déjà eu des antécédants et c'est pas forcement le consommateur (ni même les distilleries d'ailleurs) qui sont sortis vainqueurs! J'espère que les distilleries en auront tiré des conséquences et qu'ils sauront "anticiper" le marché (même s'il est difficilement prévisible!).
Slainte
Tony
La prochaine (r)évolution du whisky !?...
Modérateur : Modérateurs
- AlexandreV
- Maître distillateur

- Messages : 674
- Inscription : 18 avr. 2006, 19:38
Je souhaitais juste revenir sur le débat fort intéressant.
Je prendrai une autre approche allant à l'encontre de la logique de marché... celle des distilleries:
Les jeunes distilleries comme Arran (ou encore Bruichladdich si vous me permettez) doivent percer chez les amateurs pour se faire déjà un nom et ensuite avec l'âge une véritable renommée... l'achat de fûts spéciaux (cognac, calvados, Margaux, champagne...) recherche à la fois l'innovation mais aussi le prestige! Elles attirent aussi marginalement des non-buveurs de whisky... Ce sont les distilleries tous azymuts. Elles entraînent des mutations au moins dans la communication des plus sages... et tout en poussant de l'avant, recherche de plus vieilles techniques (alambic Lomond, degré élevé...) et des techniques extrêmes (Octomore, quadruple distillation...). De même, le problème étant la trésorerie et donc le soutien des banquiers, il leur faut des entrées d'argent rapides et l'achat direct de fût pour les particuliers, une belle occasion! Cette stratégie sera peut-être confirmée avec la nouvelle distillerie de l'île de Skye... et les françaises.
Certains distilleries répondent: Springbank - Hermitage par exemple. Les plus sages qui se lancent dans l'aventure marchent sur des oeufs et sortent des finish fantastiques, mais combien de pertes?
Les autres peuvent se contenter de sortit plus de versions brut de fût ou plus de millésimes tout en gardant une signalétique simple et une marque identifiable. Va pour de belles bouteilles dans de beaux coffrets dégustation, cave à cigare, jeu d'échecs, habillages spéciales, peintures...
Pour les distilleries à blend, les grands groupes décident parfois d'en sortir des single malt de temps à autres... tout comme ils se réservent le droit de rouvrir certaines distilleries, le marché chinois créant une grande demande en single malt ou blend basiques... tant mieux! (les asiatiques sont quand même de grands fans de whisky, pensons aux japonais ou encore le niveau de vente du Swing de Johnnie Walker...).
Par ailleurs, l'engouement pour le whisky explose, regardons le nombre de whisky live en Europe! Les clubs aussi se multiplient, et avec les cavistes ils cherchent à acquérir directement des fûts... et concurrencent les indépendants qui préfèrent collaborer avec les grands cavistes-distributeurs: les gammes Very Cloudy, Handbottled Unflitered ou Prestonfield de LMDW. On part sur des goûts très spécifiques ou des choses magnifiques! Combien de bouteilles non filtrées avons-nous goûtés, avec ce charmant dépôt au fond parfois? J'en reste au Old Pulteney 1989, le Brora et un Compass Box (aucun nom dessus, 4 single malt (speyside je pense) à 49° dans un flacon de 0,5L, quelqu'un connaît??? Sinon ils font des versions "cheap" de découverte (un peu comme les vins monocépages) comme les Lands of Scotland...
Et les distilleries qui ne leur vendent plus leurs fûts, dur dur...
Alors les indépendants cherchent des distilleries plus confidentielles (Glen Ord tiens) et valorisent leur stock de distilleries fermées ou en sommeil...
Le problème pour eux aussi, c'est que de petites distilleries locales voient le jour: en France, Allemagne, Suisse...qui peuvent s'offrir qq bars dans leurs points de vente et les grandes surfaces.
Je ne parlerai pas des qq versions de single grain qui sortent, mais c'est déjà étonnant et démonstratif que cela existe!
Après ces finish périlleux, reste pour moi une grande question: certains parlent du retour des blends en force, je n'y crois pas, du moins chez les amateurs, mais je penche plutôt pour le vatting ou alors les blends de luxe: Compass Box par exemple, ou alors les petits flacons japonnais, le Blue Hanger de Berry Bros, les Couvreur... c'est loin d'être mauvais et ça marche! Que sont devenus les blends de luxe et vatted de G&M? (D'ailleurs le House Blended Caol Ila 94 & Old Pulteney 89 m'intriguent).
En revanche, certains terroirs risquent de disparaître, comme les Lowlands! Et c'est bien dommage... rien qu'à en voir le prix des vieilles versions comme le Linlithgow SV CS 1975, c'est pas très cher et ça en dit long! Avant l'essentiel de la production (fait historique) c'étaient les Lowlands, la crise les a décimées (tout comme en Irlande...).
Juste pour finir, je pense que la viabilité, ce sont les artisans (tout petits) ou alors les grands groupes, et peut-être une concentration des indépendants...en horizontal mais peut-être certains cherchent une concentration verticale? Y aura-t-il un village du whisky sur les champs Elysées ouvert par Pernod? Je n'ai aucune prétention à lire l'avenir au fond des résidus de fût.
Alors, des points pertinents à vos yeux?
Je prendrai une autre approche allant à l'encontre de la logique de marché... celle des distilleries:
Les jeunes distilleries comme Arran (ou encore Bruichladdich si vous me permettez) doivent percer chez les amateurs pour se faire déjà un nom et ensuite avec l'âge une véritable renommée... l'achat de fûts spéciaux (cognac, calvados, Margaux, champagne...) recherche à la fois l'innovation mais aussi le prestige! Elles attirent aussi marginalement des non-buveurs de whisky... Ce sont les distilleries tous azymuts. Elles entraînent des mutations au moins dans la communication des plus sages... et tout en poussant de l'avant, recherche de plus vieilles techniques (alambic Lomond, degré élevé...) et des techniques extrêmes (Octomore, quadruple distillation...). De même, le problème étant la trésorerie et donc le soutien des banquiers, il leur faut des entrées d'argent rapides et l'achat direct de fût pour les particuliers, une belle occasion! Cette stratégie sera peut-être confirmée avec la nouvelle distillerie de l'île de Skye... et les françaises.
Certains distilleries répondent: Springbank - Hermitage par exemple. Les plus sages qui se lancent dans l'aventure marchent sur des oeufs et sortent des finish fantastiques, mais combien de pertes?
Les autres peuvent se contenter de sortit plus de versions brut de fût ou plus de millésimes tout en gardant une signalétique simple et une marque identifiable. Va pour de belles bouteilles dans de beaux coffrets dégustation, cave à cigare, jeu d'échecs, habillages spéciales, peintures...
Pour les distilleries à blend, les grands groupes décident parfois d'en sortir des single malt de temps à autres... tout comme ils se réservent le droit de rouvrir certaines distilleries, le marché chinois créant une grande demande en single malt ou blend basiques... tant mieux! (les asiatiques sont quand même de grands fans de whisky, pensons aux japonais ou encore le niveau de vente du Swing de Johnnie Walker...).
Par ailleurs, l'engouement pour le whisky explose, regardons le nombre de whisky live en Europe! Les clubs aussi se multiplient, et avec les cavistes ils cherchent à acquérir directement des fûts... et concurrencent les indépendants qui préfèrent collaborer avec les grands cavistes-distributeurs: les gammes Very Cloudy, Handbottled Unflitered ou Prestonfield de LMDW. On part sur des goûts très spécifiques ou des choses magnifiques! Combien de bouteilles non filtrées avons-nous goûtés, avec ce charmant dépôt au fond parfois? J'en reste au Old Pulteney 1989, le Brora et un Compass Box (aucun nom dessus, 4 single malt (speyside je pense) à 49° dans un flacon de 0,5L, quelqu'un connaît??? Sinon ils font des versions "cheap" de découverte (un peu comme les vins monocépages) comme les Lands of Scotland...
Et les distilleries qui ne leur vendent plus leurs fûts, dur dur...
Alors les indépendants cherchent des distilleries plus confidentielles (Glen Ord tiens) et valorisent leur stock de distilleries fermées ou en sommeil...
Le problème pour eux aussi, c'est que de petites distilleries locales voient le jour: en France, Allemagne, Suisse...qui peuvent s'offrir qq bars dans leurs points de vente et les grandes surfaces.
Je ne parlerai pas des qq versions de single grain qui sortent, mais c'est déjà étonnant et démonstratif que cela existe!
Après ces finish périlleux, reste pour moi une grande question: certains parlent du retour des blends en force, je n'y crois pas, du moins chez les amateurs, mais je penche plutôt pour le vatting ou alors les blends de luxe: Compass Box par exemple, ou alors les petits flacons japonnais, le Blue Hanger de Berry Bros, les Couvreur... c'est loin d'être mauvais et ça marche! Que sont devenus les blends de luxe et vatted de G&M? (D'ailleurs le House Blended Caol Ila 94 & Old Pulteney 89 m'intriguent).
En revanche, certains terroirs risquent de disparaître, comme les Lowlands! Et c'est bien dommage... rien qu'à en voir le prix des vieilles versions comme le Linlithgow SV CS 1975, c'est pas très cher et ça en dit long! Avant l'essentiel de la production (fait historique) c'étaient les Lowlands, la crise les a décimées (tout comme en Irlande...).
Juste pour finir, je pense que la viabilité, ce sont les artisans (tout petits) ou alors les grands groupes, et peut-être une concentration des indépendants...en horizontal mais peut-être certains cherchent une concentration verticale? Y aura-t-il un village du whisky sur les champs Elysées ouvert par Pernod? Je n'ai aucune prétention à lire l'avenir au fond des résidus de fût.
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