http://www.thewhiskyexchange.com/P-11454.aspx
Couleur : vieil or (un sherry hogshead de 2nd remplissage, semble-t-il)
Nez : annonce tout de suite beaucoup d'exotisme (ananas, mangue), avec juste ce qu'il faut de cire, de poivre blanc et de sel pour contrebalancer. Vient ensuite un rancio léger, des copeaux de chocolat et des écorces d'agrumes (citron vert, orange sanguine). Pas du tout pâtissier : il y a bien un peu de céréale grillée en toile de fond, mais dominée par les fruits frais et bien mûrs. La mangue s'affirme au fil du temps et de l'aération. Très suave, très doux, beaucoup de finesse mais pas de minauderies inutiles : pas de doute, c'est un malt généreux.
Bouche : tient toutes les promesses du nez. L'amplitude n'est pas extraordinaire, mais quelle vivacité et quelle concentration d'arômes !
Là encore, c'est un festival de fruits exotiques (ananas, citron), dans un registre confit. Le fût a bien donné. Y a-t-il du bois ? ah oui, tiens, et même pas mal, mais jusqu'alors il est passé inaperçu, tant le fruité domine. Dans ces cas-là, le bois renforce le caractère du malt et soutient l'évolution en bouche, sans apporter d'amertume dérangeante. Progressivement, le chocolat noir enrobe l'orange... ça fait une orangette me direz-vous, et bien oui, je pense très fort à une orangette (ce n'est pas sale
[n.b. : pendant ce temps, le nez a encore évolué avec de plus en plus de cire et d'iode, tournant de plus en plus au vieux Clynelish : mazette !]
Finale : Longue, très longue, oscillant entre chocolat amer, céréale grillée (quelques notes torréfiées) et écorce d'orange. Très douce, jamais d'amertume malgré un boisé léger, toujours en toile de fond. Après quelques minutes, très légère astringence qui donne envie d'y revenir. Un finish vraiment très classe.
Extraits secs du verre : exotiques en diable.
Je lui accorderais sans hésiter 93 voire 94/100, n'ayant rien bu de meilleur depuis un certain Karuizawa 1967.
Non pas qu'il joue dans la même catégorie : le Karui est très démonstratif, alors que ce Glenglassaugh garde une certaine retenue.
Il me fait penser à (bientôt feu) mon Bunna DT 1968-2006 #7010 à 42,1%, qui est encore plus subtil, mais pas aussi gourmand (c'est le sherry qui fait la différence). En tout cas j'ai trouvé un successeur à ma bouteille fétiche !
P.S. : Il est content, BugsBunna
