Craigellachie 23 OB 46%
Nez : Premier mot qui me vient à l'esprit : Clynelish. Mais pas n'importe quel Clynelish, cireux certes, mais austère, gras, minéral, argileux. Y a de la poudre à canon, du silex, mais ce n'est pas du tout soufré pour autant. On rencontre ensuite un fruité crémeux (pensez yaourt !) et précis, frappant, avec mangue, agrumes, cidre, ça se marie à merveille avec les notes plus masculines. Huile "forte" genre sésame, et retour sur des touches étranges de craie, de magazine fraichement imprimé. Très complexe, l'inverse du mot monodirectionnel. Vu la précision des arômes, le déchiffrer est un vrai plaisir, on en viendrait à vouloir en rester là.
Bouche : La cire demeure mais se fait plus ronde, plus beurrée. Toujours ce coté crémeux. L'ensemble devient plus fondu, moins individualisable, mais délicieux tout de même, tendre, avec de la poire, de la crème anglaise, du beurre roussi, mais on garde en signature quelques notes inhabituelles qui assurent la complexité : encens, fleurs séchées. Et plein d'autres petites choses que je ne sais pas précisément identifier (c'est toujours bon signe !).
Finale : D'un coup, virement de bord total, le profil semble se condenser à l'extrême pour ne plus retenir qu'une ou deux notes mais amplifiées au max. Superbement propre, on est en fait sur un duo "fromager" (très étrange) genre gouda jeune et mascarpone. Vraiment. Si je m'attendais à ça ! Ca parait un peu inquiétant dit comme ça mais c'est délicieux. Propre et crémeux, encore.
In fine : eh bien eh bien ! Des fruits aux fromages en passant par le minéral, le gras et l'industriel, c'est décidemment un vaste tableau que nous propose cette bouteille. Génial. Le plus beau étant peut-être que tout ça s'accorde et s'harmonise parfaitement, jamais de sentiment d'incohérence ou de décousu. Et tout ça à 46% ! Chapeau. Amplement méritant, à mon humble avis, d'un 91/100


