Statistique : nombre de bouteilles et indépendants

Venez ici pour discuter de whisky et de distilleries, mais aussi de la distribution de celui-ci. Où achetez-vous votre whisky: caviste, grande surface, etc...

Modérateur : Modérateurs

Avatar de l’utilisateur
bottler
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 3124
Inscription : 22 janv. 2006, 15:19

Message non lu par bottler »

jmputz a écrit :Je pense que Mitsyan faisait allusion au titre que j'avais donné à mon petit article concernant les indépendants...
Tu as sans doute raison. Quoi qu'il en soit, à propos de ton article, il est vrai que les gros distillateurs (la grande majorité des distilleries) rechignent de plus en plus à vendre des fûts autrement que pour le blending.

Pour se prémunir de la mise en bouteilles de leur production en "Single", ils ajoutent une petite quantité d'un autre malt dans leur whisky ("a tea spoon") au moment où ils vendent leur whisky.

Cette tendance est accentuée par un double phénomène : la concentration des moyens de production entre quelques mains dont les intérêts en la matière convergent souvent, et la menace à moyen terme de pénurie sur le marché à cause de l'ouverture des marchés asiatiques, et surtout bien sûr, du marché chinois (+85% l'an dernier en Chine). Même si les chffres actuels de ce marché sont encore petit, ils se développent à un rythme forcené, et, compte tenu de ce que l'on distille aujourd'hui pour vendre dans quelques années, chacun a peur de manquer de stock.

De la concentration est né un phénomène nouveau, c'est à dire une relative adéquation de la distillation et des ventes, ce qui était imposible quand il y avait de nombreux distillateurs (avant 1980) qui espéraient chacun conquérir un marché qui s'ouvrait un peu partout, et en devenir un "major player".

De la pénurie prévue vient la tentation de conserver son whisky pour ses propres embouteillages de Single, puisque les ventes sont anticipées en forte croissance.

Reste que ce mouvement est cyclique. On peut penser que le marché Chinois motive dès à présent une surdistilaltion, et que certains voient trop large, ce qui les obligera à faire des concessions sur le plan du vrac dans quelques années.

Sinon, le prix du whisky va augmenter, et la consommation baissera au profit des autres brevages alcoolisés moins cher. Une réadaptation de l'offre à la demande est à prévoir.

Dans tous les cas, il reste vrai que les prévisions sont rarement vérifiées avec précision.

Un mécanisme de dégraissage des stocks reste dont indispensable pour les distillateurs Ecossais.

Je pense que les embouteillaurs indépendants ont un rôle à y jouer, même si la situation d'aujourd'hui laisse présager des jours difficiles pour les embouteilleurs indépendants d'ici quelques temps.
Avatar de l’utilisateur
jmputz
Site Admin
Site Admin
Messages : 11248
Inscription : 09 févr. 2005, 17:32

Message non lu par jmputz »

Bottler a écrit :Pour se prémunir de la mise en bouteilles de leur production en "Single", ils ajoutent une petite quantité d'un autre malt dans leur whisky ("a tea spoon") au moment où ils vendent leur whisky.
Tiens à ce propos, je me demande quelle serait la réaction de Glenfiddich si un indépendant mettait sur le marché un de leurs fûts avec une cuiller à thé de Balvenie dedans sous le nom de Glenvenie ou de Balfiddich... en indiquant clairement sur la bouteille l'origine du nom ?
Je vais de ce pas faire déposer les deux noms, on ne sait jamais, avant l'arrivée sur le marché d'un Highland Parkallan ou d'un MacPark, si Edrington joue le même jeu...
whiskye
Maître de chais
Maître de chais
Messages : 260
Inscription : 03 févr. 2006, 11:31

Message non lu par whiskye »

Il faut dire que les négociants tirent les marrons du feu sans prendre les risques financiers d'une distillerie. Et ils profitent à fond de la notoriété des marques. Les Glenfiddich, Balvenie, Macallan, eux, ont assumé ces risques à un moment où le single malt n'existait quasiment pas en dehors d'Ecosse.
ttn
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 3740
Inscription : 04 août 2005, 11:05

Message non lu par ttn »

Je trouve dommage que les distilleries ne souhaitent plus continuer leur "partenariat" avec les embouteilleurs indépendants. En imposant leurs régles elles vont condamner certains indépendants (en espérant qu'ils ne soient pas tous touché). Elles se sont quand même bien "servi" des embouteilleurs indépendants lorsque le whisky etait au creux de la vague!
Je pense qu'il y a de la place pour les 2 (chacun sur son "marché") et je ne pense pas que l'on soit si nombreux à vouloir découvrir de nouveaux horizons maltés (environ 3000 en France si j'ai bien compris... donc une goutte d'eau). Pourquoi vouloir jouer sur tout les tableaux?
Tony
whiskye
Maître de chais
Maître de chais
Messages : 260
Inscription : 03 févr. 2006, 11:31

Message non lu par whiskye »

ttn a écrit :Je trouve dommage que les distilleries ne souhaitent plus continuer leur "partenariat" avec les embouteilleurs indépendants. En imposant leurs régles elles vont condamner certains indépendants (en espérant qu'ils ne soient pas tous touché). Elles se sont quand même bien "servi" des embouteilleurs indépendants lorsque le whisky etait au creux de la vague!
Pas Glenfiddich en tout cas. Il y a quand même plus de risques à faire marcher une distillerie quand on vend zéro single malt. Ils l'ont fait, aujourd'hui ils sont les maîtres du jeu. A Bordeaux non plus, les négociants ne se soucient pas de faire du vin.
Avatar de l’utilisateur
bottler
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 3124
Inscription : 22 janv. 2006, 15:19

Message non lu par bottler »

whiskye a écrit :Il faut dire que les négociants tirent les marrons du feu sans prendre les risques financiers d'une distillerie. Et ils profitent à fond de la notoriété des marques. Les Glenfiddich, Balvenie, Macallan, eux, ont assumé ces risques à un moment où le single malt n'existait quasiment pas en dehors d'Ecosse.
Les choses ne sont pas aussi simples.

Historiquement, ce sont les négociants qui ont lancé le Single Malt.

Ce terme, d'ailleurs, est l'invention d'un distributeur américain qui s'était entiché de ces whiskies, et non des Ecossais.

Gordon and Macphail et Cadenhead ont énormément fait pour faire connaître les Single Malts. (Cadenhead produisait des 46 degrés jusqu'à il y a 15 ans).

Qui n'a pas entendu parler du procès homérique qui opposa Gordon and Macphail à Macallan dans les années 1970 si ma mémoire est bonne ?

En effet, à cet époque, comme la très grande majorité des distillateurs, Macallan ne mettait pas en bouteilles son Single, et c'est G&M qui le faisait, qui en avait conçu le packaging, et qui le distribuait export y compris.

G&M ont connu un bon succès avec le produit pendant des années, et, un beau jour, Macallan a décidé de mettre en bouteilles et vendre son produit lui-même, et intimant à G&M de cesser d'utiliser le nom Macallan, puis en intentant un procès à G&M pour l'utilisation de ce nom que la distillerie n'avait pourtant jamais utilisé.

G&M avait 7000 fûts de Macallan en stock à l'époque.

Ce procès a été long, et G&M a fini par gagner, mais n'a pas poursuivi ses ventes de Macallan, ne pouvant sans doute plus s'approvisionner, et a vendu ces stocks sous une autre marque que j'ai oublée. Il en restait encore 15 ou 20 ans après !

Alors, non, les négociants n'ont pas toujours utilisé le travail des distilleries. Celles-ci ont bien longtemps eu besoin de ces intermédiares, jusqu'à ce que l'engouement pour les Single conquière le monde.

Elles se sont alors quelquefois contentées de voler eu secours de la victoire, et, réalisant à quel point le marché était porteur, elles ont investi en communication pour développer leurs ventes rapidement, et en se vendant à des propriétaires qui avaient les moyens nécessaires pour finnancer la constitution des stocks et la communication.

Il y avait peu de risques dans ces opérations, parec que l'on savait, grâce en particulier à l'expérience des deux embouteilleurs cités plus haut, que le marché allait connaître une expansion rapide.

Alors, non, le développement du Single n'est pas avant tout du aux efforts de vente des distillateurs.

Les négociants y ont au moins largement participé.
Avatar de l’utilisateur
mitsuyan
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 989
Inscription : 07 nov. 2005, 23:35

Message non lu par mitsuyan »

bottler a écrit : Il y avait peu de risques dans ces opérations, parec que l'on savait, grâce en particulier à l'expérience des deux embouteilleurs cités plus haut, que le marché allait connaître une expansion rapide.

Alors, non, le développement du Single n'est pas avant tout du aux efforts de vente des distillateurs.

Les négociants y ont au moins largement participé.
Tu confirmes mes propos au sujet de l'importance stratégique que représentent les indépendants auprès des big brothers et de leur rôle essentiel de "veille marketing".

En somme, c'est toujours une histoire de complémentarité, le 118 et le 218 quoi !!!! (ouais, facile, bon c'était la blague du lundi !)...sérieusement, je pense effectivement que face à un avenir semble-t-il morose, il faudra avoir les reins solides.

affaire à suivre...
"J'ai fait un régime en ne buvant plus et en mangeant très léger ; en quinze jours, j'ai perdu deux semaines"
Joe E. Lewis
whiskye
Maître de chais
Maître de chais
Messages : 260
Inscription : 03 févr. 2006, 11:31

Message non lu par whiskye »

On m'a toujours dit que Glenfiddich avait été le pionnier des single malts, d'où le fait que je sois étonné d'entendre que ce sont les embouteilleurs.
Le problème aujourd'hui serait alors les grands groupes comme Pernod qui ont une capacité à vendre du whisky bien plus grande que les embouteilleurs ? Mais un négociant peut-il assumer l'investissement dans une distillerie de la taille de Macallan ? Une fois que cet investissement est fait, il faut bien le rentabiliser un jour !
Avatar de l’utilisateur
bottler
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 3124
Inscription : 22 janv. 2006, 15:19

Message non lu par bottler »

whiskye a écrit :On m'a toujours dit que Glenfiddich avait été le pionnier des single malts, d'où le fait que je sois étonné d'entendre que ce sont les embouteilleurs.
Le problème aujourd'hui serait alors les grands groupes comme Pernod qui ont une capacité à vendre du whisky bien plus grande que les embouteilleurs ? Mais un négociant peut-il assumer l'investissement dans une distillerie de la taille de Macallan ? Une fois que cet investissement est fait, il faut bien le rentabiliser un jour !
Je disais que les deux parties ont contribué, mais que ce sont les négociants qui ont initié la chose.

Un détail pour ta gouverne : Glenfiddich était vendu au début comme un whisky de luxe, point barre. Au début il n'y avait pas la mention "Single" sur l'étiquette, mais la mention "Pure Malt". Single est apparu dans les années 1980, si ma mémoire est bonne. Pour ne pas effrayer les consommateurs, l'étiquette portait alors les deux mentions " Pure Malt " et "Single Malt". Je ne sais pas où ils en sont aujourd'hui.
Avatar de l’utilisateur
AlexandreV
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 674
Inscription : 18 avr. 2006, 19:38

Message non lu par AlexandreV »

Ce fameux 'pure malt' de Glenfiddich a été lancé au tout début des années 1960 en France en tout cas ;)
A la recherche de nouvelles sensations à partager ! Image
Avatar de l’utilisateur
bottler
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 3124
Inscription : 22 janv. 2006, 15:19

Message non lu par bottler »

AlexandreV a écrit :Ce fameux 'pure malt' de Glenfiddich a été lancé au tout début des années 1960 en France en tout cas ;)
Je ne vois pas ce que cette précision apporte au débat, mais soit, et en 1965 exactement par Marie Brizard qui était alors dirigée par la famille Glotin.

Certains détails ne sont peut être pas dans ton livre. Les ventes de Marie Brizard dépasseront le million de bouteilles dans les années 1980. A la suite de ce triomphe, Grant's (propriétaire de Glenfiddich) demanda à rentrer dans la capital de Marie Brizard, ce que les Glotin refusèrent, et Grant's changea de distributeur. Ce fut le dbut du déclin de Marie Brizard qui perdit son produit-phare. Il y eut aussi un procès qui s'est terminé il y a peu de temps, au terme duquel Marie Brizard fut indemnisée chichement.
Dernière modification par bottler le 29 mai 2006, 14:56, modifié 1 fois.
Avatar de l’utilisateur
AlexandreV
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 674
Inscription : 18 avr. 2006, 19:38

Message non lu par AlexandreV »

En 1961 par LMDW ;)

Pour apporter des précisions, notamment à l'attention de whiskye
A la recherche de nouvelles sensations à partager ! Image
Avatar de l’utilisateur
bottler
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 3124
Inscription : 22 janv. 2006, 15:19

Message non lu par bottler »

AlexandreV a écrit :En 1961 par LMDW ;)

Pour apporter des précisions, notamment à l'attention de whiskye
LMDW importait à l'époque quelques caisses de tous les malts disponibles.

Ils n'avaient aucun réseau de distribution (pas de VRP), et naturellement pas de site internet.

C'était une boutique, sans plus.

Je ne considère naturellement pas cela comme une distribution, car cela n'avait aucune visibilité sur le marché.
Avatar de l’utilisateur
AlexandreV
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 674
Inscription : 18 avr. 2006, 19:38

Message non lu par AlexandreV »

Importateur et distributeur, la boutique est apparue vers 1963 il me semble (dans le 16e arrondissement) ;)
A la recherche de nouvelles sensations à partager ! Image
Avatar de l’utilisateur
bottler
Maître distillateur
Maître distillateur
Messages : 3124
Inscription : 22 janv. 2006, 15:19

Message non lu par bottler »

AlexandreV a écrit :Importateur et distributeur, la boutique est apparue vers 1963 il me semble (dans le 16e arrondissement) ;)
J'ai du travail, et je ne pense pas que ces "enfilages de perles" intéressent qui que ce soit, sans compter qu'il n'y a probablement qu'à ouvrir n'importe quelle brochure de LMDW ou tout simplement leur demander, pour être fixé la question, ce qui, une fois fait, ne changera rien d'essentiel aux choses simples que je souhaitais dire.

Je me mets donc en grève sur la question.
Répondre

Revenir à « Le monde du whisky »