Suis arrivé pile à 18h00 en venant directement du taf.
Régis(piazzola) est déjà à pied d'œuvre avec un autre lecteur du forum. Au fil de la soirée nous rejoindrons Philippe(Cosinus), Sebastien (Sebou007) et enfin Xavier (RX21) ainsi que des visiteurs, habitués ou non. Nous ne manquerons pas tout au long de la soirée d'œuvre pour la cause whiskesque en général, et pour vanter les mérite de la maison Jean Boyer en particulier, et bien sur en parlant souvent de ce forum, qui est en passe de devenir "the place to be" de la planète whisky de l'univers internet, sans doute de nouveaux membres à venir.
Régis nous propose d'essayer un nouveau verre, forme ballon-cône inversé si ce n'est qu'il y a une accentuation de la courbure du ballon au niveau de son plus grand diamètre, et que l'évent conique de sortie à des diamètres supérieurs à ce que j'ai l'habitude d'utiliser chez moi ou lors de dégustations.
Régis, à tout bien prévu avec du pain pour accompagner et mettre un peu de solide dans l'estomac, de l'eau filtrée, neutre donc, pour rincer les verres et les gosiers, et surtout un ordre de dégustation à même de mettre chaque whisky en valeur.
Tout d'abord l'orgue à whisky, ou plutôt le puit à whisky comme l'a officiellement baptisé Bottler. L'installation en elle même est très élégante et sobre, un beau bois sombre et les trois colonnes de plus de 6 litres, pleines de whisky enluminés par un discret système de rétro-éclairage. Le concept va plus loin que ce distributeur, puisqu'il y a bien plus de 3 whiskys proposés et que ceux-ci sont conditionnés en cubi-fontaines (c'est sans doute pas le bon terme, désolé). Je crois que tout le monde a été conquis par ce concept et par l'impact visuel de cet orgue. Ce genre d'idée qui vous fait dire, une fois que vous l'avez sous les yeux, mais pourquoi personne n'y a pensé avant ?
Une vraie réussite, et d'après ce que j'ai compris, un vrai début de succès auprès de la clientèle. A ce rythme là, une fois que cette installation sera déployée chez tous les distributeurs Jean-Boyer, faudra agrandir les locaux de la maison mère pour fournir.
Autre intérêt du concept, la whisky est embouteillé et étiqueté sous les yeux du client, en bouteille classique ou dumpy, au choix. Le résultat est très sobre et élégant, comme de coutume dans gamme Jean Boyer.
J'espère que tu as déposé et protégé cette idée, Jean Marie.
J'espère que la futur loi sur l'obligation d'embouteiller les whiskys sur le sol Ecossais pour pouvoir garder l'appellation officielle ne viendra entraver ce succès annoncé.
La dégustation (dans l'ordre et de mémoire):
-
Braeval JB 1998 43% "le puit à whisky": Le commentaire de Xavier est très bien, je n'en rajouterais pas, donc.
-
Glenriach JB pure malt 3yo 40% Matured in Hogsheads "le puit à whisky": De grosses notes de new make, un peu sur la grappa mais adouci, arrondi et complexifié par le passage en fut. Très surprenant et atypique/ Une impression de jeunesse, de vitalité, mais sans manque de maturité.
-
Ben Nevis JB 1996 43% "le puit à whisky": Bon, c'est clair, je suis allergique à Ben Nevis, et celui-ci ne fait pas exception. On s'en est amusé tout au long de la soirée chaque fois qu'une nouvelle personne donnait son avis, se classant, comme moi, dans les "anti" ou les "pros" Ben Nevis, les deux groupes mettant d'ailleurs en avant les même caractéristiques. Il a bien plus à Phlippe(Cosinus) et à Xavier(RX21), il me semble. Toute ressemblance entre le patronyme de ce whisky et celui d'une célèbre distillerie Ecossaise étant bien évidemment fortuite.
-
Williamson JB 2005 4yo 43% "le puit à whisky": La encore, un produit très surprenant, atypique. Une tourbe très typée d'une certaine distillerie d'Islay dont la maison Jean Boyer nous a mainte fois proposé de belles versions, mais accompagné d'une surprenante note fruité très riche, expressive et complexe. Un truc à essayer. Sa jeunesse et le ressenti organoleptique n'est pas sans évoquer les Kilchoman Inaugural Release, le Bunnahabhain Jean Boyer Witc3's et le Bunnahabhain Jean Boyer 97-07 Best Casks, mais la encore, le note de tourbe et de fruit tout à fait typique de sa distillerie d'origine le différencie notablement.
-
Caol Ila JB 1999 9yo? 43 % "le puit à whisky": Que dire ? C'est u Caol Ila avec tout ce qu'on peut en attendre. Je suis aussi peu objectif avec cette distillerie qu'avec Ben Nevis mais pour des raisons opposées: j'aime les Caol Ila, et celui-ci en est une expression vraiment très agréable. Il a sans doute pâti de succéder au désarçonnant Williamson. A regoutter, amha.
-
Mortlach JB 99/09 43% Sherry Casks "Best casks Of Scotland": C'est simple, c'est mon coup de cœur de la soirée. On sait bien combien peuvent être bonne les versions fortement sherry et agées de cette distillerie. Mais cette jeune version, peu colorée au regard de son fût, est d'une fraicheur fruitée incroyablement agréable et fraiche. J'avais mangé le midi même (resto d'entreprise) un dessert à base de morceaux de poires, de crème vanille et surtout de chocolat liquide, et on vraiment sur des notes similaires.
-
Writer's Tears 40% Pot Still Blend: Mon autre coup de cœur, plus subtil et léger que le Mortlach. On a enfin trouvé un concurrent de poids au Redbreast 12yo, rien moins que ça.
-
Macallan JB 98/09 43 % Re-Coopered Hogsheads "Best Casks Of Scotland": Ce sera mon troisième craquage. Lui aussi joue dans ce registre fruité incroyablement agréable, et tellement différent de la typicité officielle de cette distillerie, plus puissante mais plus austère.
S'en suivront quelques exercices de style. Par exemple, revenir sur le Mortlach juste après le Writer's Tears. Alors qu'on se demandait si le Writer's Tears n'était pas écrasé en passant après le Mortlach dans l'ordre de dégustation proposé par Régis, cet essais montrera que c'est le Mortlach qui s'écroule, mettant d'autant plus en évidence la puissance olfactive de cette Irish.
On a aussi comparé les nouveaux verres proposés par Régis à des formes plus classique (Type INAO tulipe) gros et petit volume, ce qui a montré que ces nouveaux verres ne sont peut-être pas les plus adaptés aux whisky. En effet, il laisse le nez exploser les premières secondes, mais celui-ci retombe invariablement. Seul le Writer's Tears lui résistera (encore un indice de la qualité de ce whiskey). Les INAO fonctionnent un peu à l'opposé, les nez démarrant lentement mais durant beaucoup plus longtemps, sans doute la forme en tulipe un refermée ?
L'un des convives ayant sorti un gros Havane, j'ai vu aussi à quel points les arômes de whisky et de le fumée de cigare- peuvent interagir instantanément. Encore une expérience enrichissante, même si c'est pas pour ça que je risque de me mettre au cigare.
Enfin, Régis m'a aussi fait déguster un Armagnac, dont je n'ai malheureusement pas noté de quoi il s'agissait exactement, qui m'a semblé vraiment très subtil et équilibré, sur des notes fruités presque ciselées tant elles semblent précises. Malheureusement, au milieu de tous ces whisky, du cigare, et du fait de ma totale inexpérience en Armagnac, il n'était sans doute pas à son avantage. Mais faudrait vraiment que je me mette aux autres alcools de distillation (Armagnac, Cognac, Calvados et Rhum).
J'ai pu en profiter pour récupérer au près de Régis (Pizzola) mes samples et ma "carpette à bar".
Je suis reparti vers 21h30, avec un gros sac bien rempli:
Mes 3 coups de coeur:
- Mortlach JB 99/09 43% Sherry Casks "Best casks Of Scotland"
- Writer's Tears 40% Pot Still Blend
- Macallan JB 98/09 43 % Re-Coopered Hogsheads "Best Casks Of Scotland"
Les deux embouteillages Jean Boyer "Toulousain approuved":
- Glengoyne 2001-2009 60.7% Fresh Shery Cask
- Mortlach 1997-2009 61.2% Fresh Sherry Cask
Et enfin, pour célébrer la naissance de l'orgue:
- Glenriach JB pure malt 3yo 40% Matured in Hogsheads "le puit à whisky"
Une dernière anecdote au moment de partir: J'ai choisit pour ce dernier une bouteille dumpy. Au moment, de remplir la sac, pas de bol, cette bouteille est trop grosse. Pas grave, elle va s'abriter dans le nids douillet de mon sac à dos. Mais du coup, le sac n'est pas bien rempli; et ça embête Régis qui trouve une solution inattendue: caler le tout avec une bouteille de Beaujolais Nouveau 2009, Domaine Des Tourniers, de la maison Kugler Bourgine, 12.5%. En plus des tarifs spéciaux liés à cette soirée inaugurale, si c'est pas la classe, ça.
Par contre, j'ai complètement oublié de prendre une bouteille de Craigellachie 99/08 Gifted Stills 43%.
Décidément, cette bouteille n'arrête pas de m'échapper.
