bottler a écrit :La Tuilerie - Tuilière est une suspecte erreur de lecture - est à Lannemaignan.
Mais pourquoi ai-je écrit Tuilière ?
10 fois que je fais la même erreur.
Ca doit cacher quelque chose !
C'est dans le Gers, mais limitrophe des Landes, sur le terrain que les gens qui savent appellent "le filon". Une étroite bande sablonneuse nord-sud - pas plus de quelques kilomètres de large -, qui traverse l'ouest de Bas Armagnac, et toujours pratiquement sur la limite Landes-Gers.
Les fameux "sables fauves" évoqués dans un article consacré à l'Armagnac dans un ancien Whisky-Mag ?
Tous les grands sont dessus, à quelques exceptions près. Pour ceux qui savent, citons les villages de Hontanx, Gaube, Saint Julien, Labastide (pas toute la commune), et celle qui nous occupe ce soir : Lannemaignan.
Ah, Gaube ! La première bouteille que m'a offerte mon père. Un 1975 de chez Jean-Pierre Serres, phénoménalement fruité, et terminée il y'a quelques semaines à peine. Quand j'aime, j'essaie de faire durer ! Du reste, je pensais au début que Gaube était le nom de la propriété, parce que c'est ce qu'il y'a d'écrit en plus gros sur l'étiquette. Plus gros que l'année, et plus gros que le vigneron. Ca rejoint ce que tu écris sur la modestie. Mais y'a un truc que je ne comprends pas : sur cette bouteille, y'a écrit "GAUBE" en gros, et "Perquie" en bas. Nautina est sur la commune de Perquie, je me souviens bien de ça, parce que j'ai retenu que Perquie fait également partie des lieux magiques. Mais comment les noms de Gaube et de Perquie peuvent-ils se retrouver sur une seule et même étiquette ? Hum... Il écumait également la Ténarèze. Je dois avoir encore un vieux Marcellin dans mon enfilade. Plus raide et moins charmeur que le Serres, mais c'est comme le whisky : il en faut pour toutes les humeurs de la journée

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A cet égard, comment n'avez vous pas détecté la violette dans Nautina ? Il est aussi sur le filon, un peu à l'ouest, comme par exemple Villeneuve de Marsan et son fameux domaine départemental d'Ognoas.
Villeneuve de Marsan, je me demande si ce n'est pas par là-bas que mes parents allaient refaire leurs stocks, chez un vieux Monsieur Laffite ou Lafitte ou Lafite, qui ne doit plus être de ce monde aujourd'hui, et qui nous recevait et nous faisait goûter sa production dans son salon, devant le tour de France... avant ou après une étape au Cabanon

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Messieurs, il faut que je vous fasse une confidence : ces deux domaines (Tuilerie et Nautina) sont dans le groupe de tête de ce qui se fait en Armagnac. Et je crois que je m'y connais. Non pas parce qu'ils sont connus. Non. Mais parce que sont des gens émérites, modestes, et consciencieux. Si vous allez les voir, ils vous feront peut être découvrir leurs cuvées ou vous mettront à la porte parec qu'ils ne sont pas disponibles. De toutes façons, ce sera simple et sans "le chichi des parisiens".
Ils méritent plus que des considérations distantes. Ou alors c'est que tout l'armagnac est en péril (ce qui n'est plus le cas depuis deux ans).
Si je suis arrivé au whisky, c'est que mes parents se sont d'abord plongés dans l'Armagnac. En long, en large, en travers. Et leur chemin a croisé celui du whisky dans un drôle de restau qui leur servait de pause déjeuner au cours de leurs prospections gerso-landaises. De là sont revenues les premières bouteilles d'Auchentoshan ("le must", me disait alors mon père ; pensez-vous : ça devait bien coûter 150.00F, une bouteille pareille !), puis Caol Ila, Port Ellen, Mortlach... toutes ces bouteilles avec le chateau en ruine façon "L'île Noire" de Tintin, et avec un nom bizarre ("Dun" quelque chose...). Ca a été assez progressif, mais quand le Malt Companion de MJ est entré dans la maison, ça a été l'explosion.
Et maintenant, au dodo !