Les informations qu'Antoine nous donne à propos du marché des embouteilleurs indépendants ne m'étonnent pas du tout. Il y a cependant un certain nombre de points qui me semblent pas trop clairs. Le fait qu'il y ait d'excellents embouteilleurs indépendants en général des gens
- qui sont dans le métier depuis des décennies -Gordon&MacPhail, Douglas Laing, Ian MacLeod, Cadenhead pour ne citer qu'eux
- ont une connaissance approfondie des vins, alcools et spiritueux et une vision claire de ce que doit être un bon marché du whisky (Murray MacDavid)
- ont eu un coup de génie, au niveau surtout du concept (Signatory)
n'empêche nullement d'autres gens moins scrupuleux ou moins experts d'essayer de prendre une part du marché. Le
Glen Peel que je me suis forcé à boire hier soir (serais-je un peu maso sur les bords?) est un excellent exemple du charlatanisme qui sévit dans ce domaine aussi. Je pense que cette infâme bouteille (vendue en GS à bas prix) est commercialisée par la M...........E. Un bel exemple d'embouteilleur indépendant. La gamme McKullick/MacKullop est probablement apparentée au même groupe de marchand de bouteilles. En goutant ce breuvage, je me suis dit en effet que personne de sérieux ne l'avait goûté avant de le mettre en bouteille.
Ceci dit, il me manque un chaînon dans le raisonnement.
Antoine a écrit :il s'agit de " murisseur" que l'on peut considérer comme des artisans indépendants
Qui sont ces "mûrisseurs" et comment se procurent-ils leurs fûts?
J'ai cru comprendre après mon voyage en Ecosse que les fûts murissent soit dans les chais de la distillerie (rarement sur place, mais dans les immenses entrepôts de Leith bien souvent) soit dans ceux de l'embouteilleur indépendant.
Qui sont ces "artisans" qui mûrissent leur propres fûts ailleurs encore? Pas trop clair pour moi. Si on change le nom "artisan" en "négociant", je pense que je comprendrai un peu mieux, mais il reste le problème de savoir où ils se procurent ces fûts. Des spéculateurs? Alors je commence à comprendre.
Antoine a écrit :Par contre il y a des artisans (spéculateurs?) , moins " bons", ou des fûts moins bons, et ces fûts, ils ne vont pas les jeter à la poubelle, donc ils sont vendus directement à des embouteilleurs
Ici, le terme "embouteilleur" me gêne un peu. Bon, au sens éthymologique du terme, un embouteilleur est quelqu'un qui met en bouteille. Point final.
Quand nous parlons d'embouteilleurs indépendants (en fait c'est une traduction de l'anglais. En français on parle souvent de whisky de négoce) nous nous imaginons des professionnels du secteur (style ceux cités plus haut. Non,

pas la M.......E !!! mais les autres

)
En fait, cela revient à faire la différence entre de véritables embouteilleurs indépendants et de simples marchands de bouteilles qui se contentent de revendre plus cher ce qu'ils ont acheté un peu à l'aveuglette; Tant que c'est du whisky...
Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi vendre ces malts sous forme de single malt single cask, au lieu de les mettre dans des blends de bas de gamme, style Sir Edwards par exemple.
Enfin, le monde du whisky restera mystérieux, et tant mieux. Sinon je pense qu'il y a longtemps que j'aurais arrêté d'en boire...