Smokey-Kong a écrit :
Comme quoi on passe toujours d'un extrême à l'autre... Au début des années 80, c'était souvent la foire (aux vins

?) chez Renault ;
Tu as tout à fait raison. Comme dans beaucoup d'entreprises je pense, il y avait pas mal de tolérances et d'avantages en nature, mais comme toujours, il y a toujours une minorité qui abuse jusqu'à la rupture, l'accident.
La ou l'apéro, ou peu de vin au repas était accepté, il y avait des bars clandestins dans les bureaux et dans les lignes de production. Résultat, certains se prenaient de monumentales cuites, et je vous racontes pas les cas d'alcoolismes chromiques. Et les accidents, parfois graves, que ça entrainaient ... sans parler de la qualité du boulot fourni.
Il y avait des possibilités d'utiliser certaines machines le weekend pour réparer sa bagnole, à condition d'amener des pièces neuves qu'on avait acheté. Forcément, y'en avait qui, non seulement se servaient sur les chaines de production, mais en plus, remettaient en lieu et place des pièces neuves, leurs pièces usagées.
Il y avait dans les différents sites, des "chinois". A savoir, des zones ou étaient stockés des pièces avec des défauts légers, ne remettant pas en cause la fonctionnalité ou la sécurité, mais pas vendables à un client, et ou tout un chacun pouvait venir se servir pour réparer son véhicule. Forcément, certains on transformé ça en commerce parallèle, et lorsqu'ils recevaient des "commandes" abimaient volontairement des pièces intacts pour les récupérer après.
A force, et vu les énormes problèmes et pertes que ça entrainait, tout ces avantages et tolérances ont été bannis.
Encore tout récemment, nous avons changé de chef de service. Pour son départ vers d'autres fonctions, notre ancien chef a réussit à nous organiser une séance d'essais sur une de nos pistes privées. Au programme, l'essai d'une dizaine de voitures, ou de versions, qui ne seront mise en vente dans quelques semaines jusqu'à mi 2009.
Vu de l'extérieur, ça peut paraitre banal, mais il faut savoir que c'est extrêmement cloisonné chez nous, et que très peu de personnes peuvent voir des véhicules en avance de phase. Le culte du secret frise la paranoïa.
C'est donc une grande faveur qui nous a été faite que de nous confiez ces véhicules d'essais et de mise au point sur cette piste pendant une heure. Il faut savoir que chacun de ces véhicules représente, entre sa réalisation et l'expérience acquise, plusieurs millions, voir dizaines de millions d'euros.
Les personnes qui nous encadraient, qui ont permis cette opportunité, et qui étaient responsables de cette séance nous on bien expliqué qu'il fallait faire gaffe à ces voitures, que la piste était limité à 90km/h (c'est une très petite piste, assez étroite, en forêt), mais que 100/100 étaient tolérés.
Les gars nous ont expliqué qu'ils s'étaient fait copieusement allumer parce que lors d'une autre de ces séances, avec un autre service, certains avaient tapé le 150.
Nous étions une cinquantaine pour une dizaine de voiture toutes différente, avec un créneau d'une heure. Cela impliquait donc que chacun se montre raisonnable pour que tout le monde puisse essayer le plus de voitures possibles.
Forcément, il y en a un parmi nous, qui a enquillé les tours par paquet de 5, en roulant comme un taré, en collant les autres voitures, et en se vantant d'avoir tapé le 170. Quand on lui a rappelé que tout le monde aimerait bien conduire toutes les voitures, il s'est marré en nous disant qu'il fallait lui faire signe !
Certes, il a pratiqué par le passé un peu de compèt' automobile à petit niveau, mais quand même, ce sont des véhicules que nous ne connaissions pas, et qui servent à la mise au point. Par définition, ils sont extrêmement sollicités, et pas forcément au niveau d'efficacité d'une voiture de série. Et puis, c'est pas très respectueux des gens qui organisent ça.
Pourtant, au jour le jour, c'est un collègue très sympa, drôle, compètent et serviable.
Autre exemple. Sur une version du moteur sur lequel je travail (même service que précédemment), nous collaborons avec le bureau d'études Porsche.
Surprise, l'autre jour, le chef de projet de cette version, et son adjoint, reviennent d'Allemagne avec avec une 911 Carréra 4s cabriolet (Flat 6, 3.8l, 380ch, près de 300 km/h en pointe et enviro 113000 €), prêtée par notre partenaire en raison du bon boulot effectué.
Le deal est que toutes les personnes ayant travaillé sur ce moteur puisse rouler avec, par paire, pendant une heure. Le seule truc, c'est que chacun donne 5€ pour les pleins de carburant. Ben déjà, y'en a qui ont râlé et rechigné à cause des 5€.
Mais le pire, c'est qu'à la fin du deuxième jour, la voiture avait un énorme pain dans la jupe du pare choc avant. Et évidemment, personne n'a eu l'honnêteté de se dénoncer.
Smokey-Kong a écrit :
tout cela est passé mais la remise en ordre a été plutôt lourde, genre dérive sécuritaire...
Hum, oui et non. Il y a encore des anciens qui ont connus la période de grand n'importe quoi d'avant 80. Et ces gens sont toujours alcooliques et ne savent pas se maitriser. Du coup, impossible d'amener la moindre goutte d'alcool quand on fête quelque chose, et suppression de tous les alcools, vins et bières au restaurant de l'entreprise.
Malgré cela, il y a encore des anciens qui empestent l'alcool passé 10h00 du mat'. J'ai même surpris il y a une dizaine d'année un collègue qui avait une flash de gros rouge dans son tiroir et qui sirotait, pensait-il, discrètement.
Bon, il est vrai que ces cas sont maintenant extrêmement rares, et que ces personnes n'ont pas de fonctions pouvant avoir des conséquences sur la sécurité ou sur la qualité des produits que nous sortons.
PS: désolé de m'être autant étalé, mais ces genres de comportement ont le don de quelque peu m'escagacer.