elskling a écrit :canis lupus a écrit :Hier soir, me suis aperçu qu'avec les quelques bouteilles que j'ai, y'a pas que dans le whisky que je pouvais me faire de sympathiques verticales:
- Caroni Jean Boyer Bullion 1998 40%
- Caroni Jean Boyer Bullion 1997 40%
- Caroni Velier 22yo 52 % 1983
- Caroni Velier 12yo 50% 2000
- Caroni Velier 17yo 55% 1996
- Caroni Velier 18yo 61,2% 1992
Un petit verdict à partager ? Ou carrément des notes bien fouillées comme tu sais si bien faire ?

J'ai déterminé l'ordre de passage suivant mes souvenirs de la puissance organoleptique de chacun de ces rhums, notamment le 83 qui avait bien eu du mal à s'exprimer après deux Diamond 96 lors d'une soirée entre potes au mois d'Aout dernier.
La première surprise vient du 98. Le bougre s'est considérablement ouvert au nez depuis mon dernier tasting, il y a quelques mois. Au point même que je me demande si ce n'était pas le meilleur nez du set. Tout du moins le plus équilibré entre le fruit et les hydrocarbures. Par contre, en bouche, on est déçu par une intensité bien moindre. Là, même s'il est un peu plus expressif que dans les souvenirs, c'est quand même pas au niveau attendu. toutefois, au prix ou c'est vendu, le joli nez suffit à lui tout seul à en justifier l'achat à mes yeux.
Le 97 est bien moins expressif au nez, même s'il progresse (lentement) avec le temps. Mais la bouche a un peu plus de corps que le 98, même si on reste très loin des quatre suivants.
Le nez du 98 et la bouche du 97, ça donnerait un truc vraiment pas mal du tout.
Le 83 m'est apparu assez fermé, surtout au nez, mais aussi un peu en bouche. Etonnant car ma bouteille est ouverte depuis plusieurs années. Mais quelques goutes d'eau suffisent à le réveiller sans toute fois jamais se montrer aussi tonitruant que les versions des 90's. En revanche, une belle finesse que je n'ai jamais retrouvé dans un autre embouteillage de cette distillerie.
Le 2000 m'a un peu joué le même tour que le 83, à savoir qu'il a eu besoin de quelques gouttes d'eau pour donner sa pleine mesure. Il devient alors plus punchy, plus expressif que le 83, mais moins subtil, ce qui est assez logique vu la différence d'age.
Avec le 96, on change complètement de monde. Le contraste avec les précédents en est même presque violent. Bon, on reste bien évidemment sur la typicité Caroni, mais ça s’exprime sans concession, on oublie toute notion de finesse et de subtilité. Pour autant, il n'est pas du tout monolithique. Là, on ne rajoute pas l'eau dans le but de le réveiller, mais de le calmer un brin. Une belle concentration.
Enfin, le 92 franchit encore une marche dans la puissance organoleptique. Et alcoolique aussi, mine de rien, au point qu'il m'a à moitié assommé, là comme ça, en fin de set. Faut dire que j'ai fini cette histoire là un peu tard, et que j'accumule pas mal de fatigue en ce moment. Il est de loin le plus puissant à tous les niveaux et également le plus concentré.
Au bilan, le nez du 98 est LA grosse bonne surprise. Et du coup, c'est le 97 qui aurait du faire office de starter.
Le 2000, s'il est très bon dégusté seul, montre un peu ses limites en comparaison direct de ses ainés. Mais bon, ça reste du chipotage à ce niveau là.
Les 96 et 92 sont des monstres de puissance et de concentration.
Le 83 est un peu dans un autre monde. Il a la typicité Caroni sans le moindre doute, mais au delà des âges et des degrés d'alcool, on a l'impression qu'il y a une différence d’époque. Un peu comme dans le whisky, entre les old school et les moderns technologie.
Et puis, c'est celui qui m'a fait découvrir Caroni.