Avec "un poil" de retard, voici ce qui me reste en mémoire du dernier salon du Rhum de Julhès.
Suis arrivé un peu tard, comme souvent. Je suis tombé à mon arrivée sur Xavier (RX21) et Laurent (L'Affreux Aigle) et on a fait le salon à peu près ensemble.
Le salon est réparti sur les 3 boutiques.
Boutique principale (St Denis):
- Mount Gay: je connaissais de nom, et j'ai peut-être du en goûter une ou deux fois. On commence par le
Black Barrel, très gourmand, assez étonnant. Allie en fait le profil Rhum Agricole tout en allant loucher vers la "gourmance", presque la liquorosité, la sucrosité d'un rhum de mélasse. Ça lui donne en fait un coté très jus/cocktail de fruits, mais en version eau de vie. Pas sur de bien me faire comprendre sur ce coup là.

Le
XO est vraiment très bon, comme j'aime, au niveau de ce qui se fait de mieux dans la catégorie "bon rhum abordable", genre Neisson Vieux ou Extra Vieux, etc ..., avec en plus une personnalité propre, sans doute la typicité MG. On finit par le
1703, en gros le XO avec quelques années de plus. En profil, on est clairement sur les même bases que le XO, mais en beaucoup plus subtil, plus fin, plus complexe. AU point même que je suis presque sur d'être en partie passé à côté de son plein potentiel tant il me semble plus un rhum de dégustation qu'un rhum de salon. Il y avait une grosse réduc' dessu, j'ai peut-être raté un coche.
- Compagnie Des Indes: Si j'ai bien compris, c'est un nouvel IB qui s'est lancé il y a environ 6 mois. On commence par le "
Caraïbe", un blend de Barbade, Guyane et Trinidade. Proposé à un prix très doux, il est complètement sur le bonbon chimique, genre Arlequin, que j'aime bien, mais qui ne plaira peut-être pas à tout le monde. Un peu dans le style Arcane 12yo, mais en plus "rhum", quand même. Le deuxième était un
Guadeloupe (Bellevue) 16 ans 03/1998-05/2014 43%, plutôt bon, intéressant, mais avec un côté végétal/vert trop prononcé, envahissant et qui écrase un peu tout le reste à mon goût. Enfin, un
Cubain (Sancti Spiritus) 15 ans 07/1998- 05/2014 45% beaucoup plus à mon goût, équilibré, riche et complexe, assez surprenant (dans le bon sens). Remarque général, compte tenu des profil/age/millésime/etc, les prix me semblent corrects.
- JM: Bon, là, premier trou de mémoire. Je sais qu'il y avait trois expressions, peut-être xo (ou vo ?), un vsop, et un 10yo millésimé. C'est bien foutu, clairement au niveau de Neisson, La Mauny, Mount Gay, Bielle, etc ...
- Stand multi-marque: 3 expressions de
Karukéra. Un de robe claire, que j'ai chez moi (pas goûté, donc), et deux plus sombres, il me semble que l'un des deux avait une double maturation, et l'autre, peut-être bien un millésimé (2004 ?). En tout cas, une chose est maintenant sure, j'aime bien Karukéra. Chez
Rhum Rhum, goûté le rhum blanc, que je n'aime pas, une espèce de verdeur végétalo-chimique. Neisson, je connais à peu près tout ce qu'il y avait de présenté, sinon une sorte de rhum blanc en bouteille dépolie. Le premier Neisson qui ne me plaît pas, pour un peu les mêmes raisons que le Rhum Rhum.
Rum Nation, la gamme de rhum de Wilson & Morgan si j'ai bien compris. Un rhum Péruvien (avec un nom typique) de 7 ans il me semble, que j'ai bien aimé, et deux Panama, 18 et 21yo qui ne m'ont pas plus fait d'effet que ça. Pas vraiment de défaut, mais pas grand intérêt non plus.
Deuxième boutique (St Martin):
- Brugal: Un rhum "blanchi", ie un rhum 3yo passé sur des charbons actifs pour enlever la couleur, mais de toute évidence, y'a pas que la couleur qui est partie. Le genre de profil bizarre qu'on voit depuis quelques années chez ces espèces de faux rhums blancs, ou il manque la fraicheur et la vivacité d'un vrai rhum blanc, sans donner la richesse, la "gourmance" d'un vrai rhum brun. l'Aniero, que j'ai déjà goûté lors d'un précédent salon Julhès, qui m'avait laissé un plutôt bon souvenir, mais qui là ne m'a fait ni chaud ni froid.
- La Mauny: Un rhum blanc, don j'ai oublié le nom, mais qui à un rapport avec les fleurs. Soi-disant que le marquer de La Mauny serait un côté floral prononcé. Whys not, je ne suis pas assez connaisseur de cette distillerie pour mettre en doute cette affirmation. En tout cas, il faut admettre que sur ce blanc là, c'est effectivement bien floral, et tout ça à la sauce rhum, ben ça marche plutôt bien. Sympa et original. Ensuite, on a passé le
1998, qui m'avait pas vraiment ému lors d'une précédente dégustation, et qui là m'a bien plus. Et enfin, le
VSOP, à mon goût, le top de ce que je connais de leur gamme.
- Zacappa: Malgrés plusieurs tentatives de l'animatrice du stand, j'arrive à esquiver le
23yo, que je connais et que je trouve vraiment inintéressant. On passe sur le
XO, en gros un 23yo en bien plus fin et subtil, deux fois que je le goûte en salon, et deux fois que je me dis qu'il n'y est pas à sa place et que forcément, on passe à côte. Et puis un 15yo, et là, ça me plaît bien. Pas le côté fatigue mâchoire du 23yo, de la complexité, plein de choses la dedans. Ceci-dit, on a eu le droit à l'explication du processus de soléra qui fait le 15yo, puis le 23yo, puis enfin le XO, et c'est incroyablement compliqué et tiré par les cheveux. Un coup je te passe en bourbon barrel, pi je te repasse en fut neuf, puis un coup en sherry, pi du refill bourbon, pi de nouveaux du fut neuf, pi ... je sais plus, jusqu'à ce qu'on arrive au 23yo, qui, quand on le fait passer un an de plus en fut de cognac, donne le XO. Ouf ! Tout ça pour ça, ais-je envie de dire.
Troisième et dernière boutique (Poissonnière): Bon, ça sent la fermeture, alors on fait des coupes-sombres.
Plantation, je connais bien, je zappe. On monte à l'étage et hop,
Caroni. Le gars saute le 12 et le 15yo (m'en fout, je les connais, j'en ai un et j'aurai l’autre un jour) pour attaquer directement le 1996 full proof. Et paf, comme souvent avec les Caroni Velier, c'est la bonne claque qui fait dire "nen veut !". Reste deux stands
Papalin et je sais plus trop quoi (Dorlys ? Toucan ? ...) dont ces dames "n'ont malheureusement plus une seule bouteille ouverte à nous faire goûter". Pas grave, déjà goûté ces bidules là précédemment, et mon porte monnaie était bien loin de s'être senti menacé.