AlexandreV a écrit :Techniquement, je ne cherche pas de benchmark systématique car cela fatigue tout de même le palais. Donc je préfère faire les échantillons 3 fois dans des ordres différents par séance, en commençant par les malts les légers/jeunes...
C'est ainsi que font les débutants. Mais à l'expérience, tu verras que cela a aussi ses défauts.
La rémanence des arômes vient des substances grasses qui resteent collées sur la langue. Sans que tu en ais conscience ils deviennent insensibles, ton sytème sensoriel les élimine des perceptions, comme si tu avais une sorte de masquee sur la langue et le palais dont tu fais inconsciemment exception.
Du coup, on devient plus pointu sur les autres arômes. C'est sans doute la technique de Serge dans whiskyfun . Mais il faut déguster des produits de la même distillerie pour que ce filtre naturel devienne une loupe et non une déformation des images.
C'est ainsi que quand on goûte des anisés, on arrive à ne plus parler d'anis !.
Comment résoudre ce problème : à mon humble avis, il faut soit suivre la technique de Serge ou celle de JM (qui n'en goûte qu'un à la fois, mais y passe du temps, y revient, etc...), soit si les produits ne sont pas comparables, manger quelque chose de neutre et pas gras en mastiquant bien pour qu'il y ait un réel effet abrasif, entre deux verres : il ne s'agit pas de se remplir l'estomac, mais de se laver de substances grasses venant du dernier dram et qui filment la bouche. On la rince ensuite avec de l'eau.
En ce qui me concerne, c'est un morceau de pain et ensuite un verre d'eau en se gargarisant comme chez le dentiste. d'autres recommandent des quartiers de pomme, etc...
Il y a d'autres petits secrets que tu découvrira, chemin faisant. Chacun se fait sa recette.
Il s'agit de percevoir ce que monsieur tout le monde va percevoir dans sa situation particulière, et d'anticiper son jugement. c'est pourquoi il faut attacher une grande importance à la fin de bouche (c'est ce dont il parlera et c'est ce dont il se souviendra. Trop souvent sous estimée par les dégustateurs, mais où se révèlent nombre de défauts ou de qualités), et à la deuxième gorgée (c'est elle qui fixe le jugement. Tecbnique de JM, et aussi de Serge qui compare des choses comparables).
Il y a des dégustateurs qui ont le goût extrêmement fin et normé, comme l'oreille absolue. Ils sont rarissimes.
Ils savent transposer et sont très prudents sur leur façon de déguster et leurs commentaires en général. Ils ontg leurs propres techniques. J'en connais un qui est un homme très simple mais capable, en dégustant un fût d'Armagnac, de retracer son histoire complète (millésime, cépages, caractéristique de la distillation, traitements faits, mélanges entre fûts du même millésime, etc..), ou de te sortir la liste complète des ingrédients d'une sauce de grande cuisine.
Ce sont des exceptions. Je n'en suis pas, et naturellement, si tu en es, ce post ne s'adresse pas à toi...