Nous sommes complètement d'accord, et je ne résiste pas au plaisir de vous dire que les anciens propeiétaires de Glen Garioch nous avient offerts les 800 dernières douteilles (soit le contenu de 2 Hogsheads) de Glen Garioch 1975, qui était encore old fashioned. Il m'en reste quelques centaines de bouteiles, puisque nous avons pris la ferme résolution de ne les ouvrir que les grands jours. Quelle merveille.Serge a écrit :Très intéressant !
En ce qui concerne Glen Garioch, il suffit de goûter aux vieilles version tourbées des années 60 pour se rendre compte du potentiel de qualité incroyable de cette distillerie.
... En ce qui concerne Ledaig, je suis d'accord avec vous sur la qualité moyenne des versions "anciennes" mais ils ont fait en 1972 des batches d'anthologie à mon avis.
Glen Garioch a été refaite en 1978, c'est à dire à l'époque où toutes les distilleries ou presque ont cru que les arbres montaient jusqu'au ciel, et ont toute agrandi leurs capacités de production, pensant sans doute qu'elles seraient les seules à profiter du développement du marché du malt que Glenfiddish avait ouvert depuis 1965 avec un grand succès.
A la suite de cette rénovation, les propriétaires de Glen Garioch ont pensé qu'ils ne vendraient jamais de whisky tourbé en bouteilles, parce que même à Islay on n'y croyait pas. C'est l'époque où on ferme Ardbeg et Port Ellen pour des raisons similaires. Et le marché où Glenfiddish surfait tout seul ou presque était celui d'un malt sans grand caractère, en tous cas pas tourbé.
Moi même, j'ai été quasi refoulé de chez Lagavulin en 1986 parce qu'ils ne voulainet pas m'en vendre : ils avaient peur que nous renvoyions la marchandise parce qu'ils avainet beaucoup de plaintes en Grande Bretagne à propos de cet inimitable goût de plneu brulé qui caractérise les grands Islays. Ils ont éxigé le paiement cash, à la commande, et que je signe que nous ne porterions pas plainte après coup ! C'est incroyable mais c'est vrai. Nous avons payé et signé.
Du coup, Glen Garioch (les écossais prononcent "glen Gueree" en écriture phonétique à lire à l'anglaise !) s'est mis à faire du whisky quasi lambda, et il faudra attendre la retraite d'un fou de la sélection des orges et de la distillation que je ne nommerai pas et qui regnait en maître sur les destinées de cette distillerie, pour qu'on arrête d'instiller des arômes puissants de violette, de rose, et de geranium à ce qui aurait pu rester une pure merveille. On ne rajoutait pas de substance aromatiques, naturellement, mais on coupait les queues de distillation très tôt, et on y laissait autant de têtes que possible.
Le tout avec une sélection d'orge favorisant ces arômes, et voilà le travail !
Heureusement, on fait maintenant machine arrière.

