Samedi après-midi, c'était whisky:
- Berry's Speyside Reserve Blended Malt 46%: Plutôt sympa et étonnant. C'est un vatted de plusieurs Speysider au profils forts différent, et du coup, ça donne un truc au profil protéiforme tant au nez qu'en bouche. Ça part un peu dans tous les sens, mais en même temps, sans conflit. Plutôt une farandole de notes assez franches, sans vraiment de transition. Je me souviens aussi qu'en bouche, c'était un peu plus musclé que ne l'auraient laissé penser les quelques 46%. J'ai plutôt bien aimé.
- Sherry Cask Malt W&M "Barrel Selection" Highland Heart 43%, 12/2001-10/2010, casks n° 4453/4454/4456: Alors là, c'est comme le port salut, c'est écrit dessus: "sherry", et c'en est un vrai de vrai et qui joue sur plusieurs archétypes: à la fois le caoutchouc, le cuir, voir la cendre, mais également les fruits rouges, et aussi les notes chocolat/café/torréfaction. Malgré le jeune âge, c'est très complexe. Certes, c'est loin d'être le truc le plus fondu que j'ai goûté (là aussi, le jeune âge), mais ça n'en pas moins plutôt bien équilibré, et d'une certaine homogénéité. Un nez très joueur et évolutif en tout cas. Et en bouche ? Ben à peu près la même. Quand on voit la "misère" que ça coute, ça mérite de figurer dans les "Low Costs de Qualité".
- Singleton of Dufftown 12yo 40%: Quand j'ai posé la main dessus, en repensant aux deux petits dévergondés qui venaient de passer, je me suis dit que j'allais me gameler et que ce pauvre Dufftown allait faire pâle figure. Ben pas du tout, en fait. S'il est beaucoup plus calme, posé, il n'en est pas pour autant effacé. Il n'a pas un fruité aussi acidulé que celui que j'avais goûté chez Julhès (batch différent, amha), mais il est vraiment très agréable et easy drinkable. Là aussi, à environ 20€ en GMS, c'est d'un rapport q/p inattendue.
- Ledaig W&M "Barrel Selection" 1998-2011 46%, Refill Sherry: Dés la première seconde après avoir atterri dans le verre, on est dans la cour de ferme, l'étable, et en même temps devant l'étal d'un fromager. Ce ,'est qu'après qu'on s'aperçoit qu'il y a de la tourbe la-dedans, ainsi que des odeurs de bord de mer. Ledaig se pose décidément de plus en plus comme une alternative valable aux Islays traditionnellement tourbés et même, soyons fous, ferait penser à ce qu'on pourrait imaginer qu'aurais pu être de jeunes Brora, à l'époque.
- Laphroaig 10yo CS Batch 003 55.3% Bottled 01/2011: Comme l'a dit Alexandre dans son post dédié, c'est une magistrale baffe de tourbe. Ça ridiculise les gags Octomore et Supernova ce truc, c'est limite sauvage et pour autant, pas aussi monolithique qu'il paraît au premier abord. On sent bien qu'il y a des trucs sympa derrière cette avalanche de tourbe, mais sans arriver à discerner ce que c'est. Tout son secret, sa richesse se dévoile en fait dans la dernière goutte.
En effet, après avoir finit le verre, je l'ai laissé quelques minutes, le temps de ranger mon matos à dégustation puis, au moment de le débarrasser, j'ai replongé mon nez par curiosité. Et là Paf! C'est l'équateur et les tropiques toutes entiers dans les naseaux, dans ce qu'ils peuvent offrir de fruit. Y'a pêle-mêle de la mangue, du kiwi, du fruit de la passion, de la goyave, du lichi, et pour vivifier le tout, du pamplemousse. Puis arrive une vague tourbée, qui quand elle se retire laisse réapparaître les fruits exotiques, mais en plus agrummique, et ainsi de suite avec à chaque retour des fruits, de plus en plus d'agrumme, passant successivement du pamplemousse jusqu'au citron. Assez jouissif pour tout dire, mais quel dommage qu'il faille attendre que l'ultime goutte se soit hyper aéré, et qu'on ait pas ce nez dés le départ.
Dimanche soir, j'ai essayé des trucs un peu plus facile et gourmands à priori que du whisky:
- Bas Armagnac De Pontiac V.S.O.P 40%: Un truc à priori assez improbable récupéré pour une misère sur eBay. Surprise, le nez est plutôt sympa, très vineux et complètement sur le pruneaux cuit. C'est pas forcément subtil ni de la plus grande finesse ou encore très complexe (quoique), mais c'est très agréable, très gourmand. En bouche, un peu la même, mais en moins sucré que le nez l'aurait laissé croire.
- Banyuls Domaine de la Rectorie, Cuvée du Docteur Camou: Mon premier Banyuls. Bon, ceux qui connaissent ne seront sans doute pas surpris, mais ça fait quand même sacrément penser à du Porto Ruby, et en même temps à du Pineau des Charentes rouge. Bien qu'il n'y ait aucune mension d'age ou de millésime, on devine de la jeunesse, à fortiori en comparaison avec celui qui suit.
- Banyuls Cellier des Templiers, Mas de la Serra, 1980, 17°, grand cru demi sec, mis en bouteille à la propriété, "gamme hors commerce": Là, on sent tout de suite qu'on passe dans une autre catégorie, comme passer d'un porto Ruby NAS à un Tawny de 20 ou 30 ans. C'est beaucoup plus fin, avec un bel équilibre entre le fruit sec et le fruit rouge, l'impression d'une presque vénérabilité.
Et enfin, lundi soir, passage en Normandie:
- Calvados "vieux" de la Ferme de la Vallée au Tanneur, G. et J.L. Cenier, 42%, 35cl.: D'amblée, c'est jeune, contrairement à ce que clame l'étiquette. L'impression d'avoir le nez sur une Golden fraichement croquée ou une Reinette. Y'a de la pomme la-dedans, aucun doute. Un peu de beurre également et très légèrement de la pomme cuite. En bouche, sans être agressif, c'est un poil raide, ça manque un peu de nuance et de rondeur.
- Calvados "hors d'âge" de la Ferme de la Vallée au Tanneur, G. et J.L. Cenier, 42%, 35cl.: Je ne sais pas quel est l'écart d'âge avec le précédent, mais le gap qualitatif est indéniable. On est plus sur la pomme d'api, la pomme cuite flambée et caramélisée, avec toujours ce côté beurré. La bouche est incroyablement arrondi en comparaison avec son plus jeune frère, et dans la lignée du nez. Pas mal
- Calvados Drouin 2006 49%, fut f74 bat2, batch 0, 11/11/2011, Selection Julhès, bouteille 13/24: Bon, là, pas sur qu'on change d'âge, mais on change de braquet, c'est un authentique Drouin sans aucun doute, malgré sa jeunesse.
- Calvados Drouin 2006 49%, fut f74 bat2, batch 1, 19/11/2011, Selection Julhès, ‘’Water Of Life’’, idem batch 0 + 10 jours en fut de cognac Grosperrin: J'ai encore pu vérifier à quel point 10 malheureux jours dans un fut de cognac avait métamorphosé de calva provenant du même fut que le précédent. C'est beaucoup plus rond, onctueux, presque miellé. Bluffant !
'tain, me reste encore une grosse quinzaine de boutanches encore fermées sur mon bar et ma table et y'a vraiment de tout comma alcool, y compris du lourd.
On pas une vie facile, quand même.



