Je vais essayer aussi de faire dans l'ordre:
xoxo a écrit :
Un amateur éclairé pour moi, c'est quelqu'un qui possède un sacré bagage de connaissance, alors s'il fait d'emblée l'impasse sur une grosse partie des Islays parce qu'il aime pas la tourbe, la valise, elle est déjà moins conséquente, et l'éclairage se tamise... Mais à la limite cette opinion n'engage que moi.
Là on est d'accord, cette opinion n'engage que toi
xoxo a écrit :
Je pense notamment au monde de la gastronomie, ou de la parfumerie.
Et ces experts en question, ils réussissent à capter, analyser, à mettre des mots sur des goûts, des odeurs, des sensations, qui ne pourraient te paraitre que confuses ou vagues.
Mais tout cela ne s'improvise pas, cela se travaille, et il y a trés certainement une part d'inné pour certains.
Leur job, entre autre, c'est de donner la description d'un produit de la manière la plus objective possible, en supposant de l'honneteté et de la rationnalité dans leur démarche.
Comment? En partie par l'établissement de critères. Et ces critères, on ne nous a pas attendu, ni toi, ni moi, pour les mettre en place.
Sans bien sûr tous les connaitre, j'en devinne pourtant quelques uns.
Sont ils objectif? Je le crois.
Bien sûr que des gens dont c'est le travail sont capables d'analyser un parfum ou un whisky, en les décrivant très finement. Mais comment passer de cette description à l'établissement d'une note ? C'est là qu'intervient toute le subjectivité.
Je n'ai d'ailleurs jamais vu une note qualifier un parfum. Ils devraient peut être les goûter.
xoxo a écrit :
Si dans un cask strengh l'alcool est mal intégré, c'est un fait, même si tout le monde ne le perçois pas au même niveau d'intensité, certes. Et dans ce cas là, même si l'expert a apprécié la bouteille, il répercutera ce fait concret mais pas mesurable au niveau de la notation, faisant peut être un peut abstraction de ses préférences justement. Parce que s'arracher l'oesophage à chaque voyage, c'est un critère bien objectif.
Un alcool mal intégré dans un cask strengh n'est absolument pas un fait (contrairement à la tourbe qui peut être quantifiée en terme de ppm) mais un ressenti propre à chaque dégustateur sur dépendra de sa sensibilité à la sensation alcooleuse. Et la façon dont le dégustateur, même expert, va tenir compte de cette sensation dans sa note est là encore purement subjective.
xoxo a écrit :
Un sommelier pourra te conseiller un vin qu'il n'aime pas spécialement, mais qu'il considèrera tout de même comme une bonne bouteille, et qui répondra aux critères que tu lui avait indiqué pour le choix du vin.
Et on pourrait continuer longtemps avec ce genre d'exemples.
Justement, je ne comprends pas le rapport avec ton exemple. Le travail d'un sommelier ne consiste pas à établir un classement intrinsèque des vins mais de conseiller celui qui répond au mieux aux circonstances et attentes du client. Je verrais d'un mauvais oeil qu'il me conseille un Pétrus au mois d'aout pour accompagner une pizza.
xoxo a écrit :
Aprés, si tu vois toujours pas de traces d'objectivité dans la notation et l'analyse d'un whisky, ben t'as qu'à t'acheter un spectromètre, et là t'en auras du concret et du quantifiable.
Avec un spectromètre, j'aurai effectivement du quantifiable mais cela ne fournira toujours pas de note pour définir la qualité d'un whisky ni le plaisir que j'aurai en le dégustant.
Quand on débute dans le whisky, cette idée qu'un whisky pourrait être noté de manière intrinsèque est assez rassurante. Je suis aussi passé par là. Puis on évolue avec les dégustations.
Lors d'une discussion avec Luc Timmermans il y a quelques mois, il m'a dit qu'il était le premier surpris de ces propres notes dans la matrice. Et que s'il devait à nouveau attribuer des notes sur tous ces whiskies, elles seraient bien différentes.