korova a écrit :Muzo a écrit :(...)
C'est marrant, tout ça me rappelle le métal dans les année 90, ouverture sur le jazz (Cynic, Sadist, Meshuggah...), sur le hiphop (tout ce qu'on a alors appelé à tort "fusion"), sur le classique (Arcturus, Waltari, Borgir...) l'electro ( Kovenant, Dodheimsgard, Ulver...) sans parler des trip nationaux (viking pour les Scandinaves, Moyenageux pour les Teutons) et plein d'autres expérimentations.
J'ai beau être un vieux con... j'ai peine à trouver ça aujourd'hui.
Je ne suis pas complètement certain que le parallèle puisse être fait complètement. Pour mettre les choses au clair tout de suite, j'ai une tendre affection pour le métal, même si j'ai lâché quasi totalement depuis une bonne douzaine d'années. Cependant, je crois qu'il y a des différence dans l'histoire de ces musiques qui, intrinsinquement, n'offrent pas à ces expérimentation la même résonance. J'essaye de m'expliquer.
Pour moi, un des actes fondamentaux du jazz se joue au début des années 60. La matérialisation absolue du moment est réalisée par le Free Jazz d'Ornette Coleman. C'est une destruction. Et c'est une révolution. Nos huit, deux fois quatre, enragés finissent de montrer qu'ils savent s'affranchir de tous les codes (bien qu'au sein du line-up cela ne soit pas vrai au même degré pour tous, all animals are equal but some...), donc de tout.
Attention, je ne prétends pas que le free jazz soit le mouvement le plus populaire du XXeme siècle ou une ânerie de ce genre. Je dis simplement qu'une fois ce cap passé, il est tout simplement impossible de faire comme si il ne l'avait pas été. Si on devait chercher des étapes de déconstruction radicales, de véritable remise en cause, je pense qu'il faut peut être sortir de la musique afro-américaine pour aller chercher du côté de l'occidentale, avec des hommes comme Cage ou Teney.
Pourquoi tout cela? Et bien voilá, si l'on replace le rock dans son juste milieu, c'est-à-dire celui des musique afro-américaines, alors le métal peut n'être vu que comme une expérimentation extrême, mais pas forcément comme un véritable retour sur soi et sur ses fondations propres. En quelque sorte, le métal me donne l'impression d'être radical mais pas révolutionaire. En particulier, c'est une musique qui, rétrospectivement, me semble rester très fidèle à quelques cadres (son lourd, tempo exagéré*, set d'instrument à peu près bien cerné et électrique**). Et c'est pour ça, je crois, que j'ai toujours été moins (lire beaucoup moins) convaincu par les expériences de fusion au sein du métal qu'au sein du jazz. Ce dernier est plus protéiforme.
Et la raison de ceci a été évoquée plus haut: c'est le jazz qu ile premier a appris a briser ses contraintes formelles, pas le métal. Ceci dit, on peut je crois réconcilier tout le monde, puisqu'on peut s'interroger sur l'opportunité de continuer à appeler ça du jazz. On pourrait peut être simplement dire de la musique libre.
(argh, j'avais plein de choses à dire, mais je dois y aller, sorry)
* je dis exagéré car l'intuition suggèrerait rapide, juste pour se voir répondre par des exemples du type Crowar et consorts néo-orléanais.
** peut être des expérimentations que j'ignore, my bad.
korova a écrit :
Pour en revenir au Jazz, ce qui me chagrine c'est surtout que l'on trouve de plus en plus de spécialistes de certaines époques (genre des mecs qui ne font que du Bop, ou que du New Orleans). Or ces même spécialistes ont tendance à s'enfermer dans des dogmes, et souvent rejettent tout ce qui n'est pas "dans leur courant".
C'est vraiment dommage parce c'est l'essence même du genre d'avancer vers l'inconnu!
Et donc, je ne suis pas forcément d'accord avec ça mais: (argh, j'avais plein de choses à dire, mais je dois y aller, sorry)