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L'avenir du single malt
Publié : 13 févr. 2005, 16:26
par jmputz
L'excès est en tout nuisible. L'excès de pessimisme n'échappe pas à la règle.
The Scotch Whisky Association a écrit :The popularity of bottled malts again increased, up 13.5 per cent in value, breaking through £300m worth of exports for the first time. Bottled blends rose too and remained vitally important to export success with value climbing 3.5 per cent to £1.87bn.
Ceci est un extrait du site de la SWA (Scotch Whisky Association, "syndicat" des distillateurs en Ecosse, une des plus hautes autorités en la matière.
Une augmentation de 13,5% (en valeur, il est vrai) en 2003, portant le montant des exportations à 300.000.000 de Livres Sterling pour le seul single malt signifie à mon avis deux choses:
- Il y a un réel intérêt pour le single malt en dehors de l'Ecosse
- On va droit vers une pénurie de single malt.
Dans le même temps, le blend continue à se faire la part du lion, mais sa progression n'est "que" de 3,5%
Donc, l'intérêt des distilleries n'est pas à mon avis dans la production exclusive de blends. Je pense beaucoup plus que les pays comme la Chine et l'Inde, qui commencent à avoir une classe de riches de plus en plus riches (et de plus en plus nombreux) risquent de se tourner (du moins en partie) vers le single malt. Je reçois régulièrement des visites de Chine et d'Inde sur le site. Sans oublier le Japon...
Si pénurie il doit y avoir, c'est parce que le cycle de production du whisky prend au moins 10 ans, et que les perspectives il y a 10 ans n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui. La demande va excéder l'offre, alors ce qui risque de se passer est évidemment une flambée des prix...
Et d'ici quelques années, quand le stock sera reconstitué, les prix peuvent redevenir "normaux".
La grande question qui se pose, est comment les distilleries vont-elles s'y prendre pour augmenter leur capacité de production. Le feront-elles au détriment de la qualité?
Je pense que la réponse à cette question sera différente d'une distillerie (ou plutot d'un groupe industriel) à l'autre. Les uns misant sur un profit plus immédiat, et d'autres essayant d'entretenir leur image de marque, et si l'évolution des habitudes de consommation (qualité au détriment de la quantité - voir l'affaire des vaches folles ou autres scandales alimentaires ) continue dans le bon sens, ces dernières seront gagnantes, mais à long terme.
Enfin, tout ceci ne sont que des considérations personnelles. Ce serait intéressant d'avoir un échange d'idées à ce sujet....
Publié : 13 févr. 2005, 16:28
par antoine
Bonjour Jean Marie.
Ta réflection reviens une nouvelle fois sur un de mes posts
Faire connaitre le whisky au rsique d'avoir un trop grand engouement, pénurie et production au détriment de la qualité, ( vive mère profit).
Ne pas le faire connaitre au risque de pénurie et de ne plus y en avoir ( car pas de mère profit).
Je pense comme toi dans le sens ou des inconditionnels distillateurs voudront garder le vrai savoir faire et cela ne sera que bénéfique, mais au vue du manque de "produit" arrivant, en attendant l'équilibre entre demande et offre, les prix vont augmenter.
Il faudra à ce moment essayer de plébicité les vrais valeures, qu'elles soient officielles ou indépendantes, pour éviter qu'elles ne tombent par risque d'extinction, dans le profit à tous prix.
Ceci est donc mon avis mais il faut je pense le pondérer, car si l'évolution n'était pas prévu dans le sens d'un réel envol du single malt, peut être aussi étant donné que les blends constituent déjà le beurre des distilleries, ; le single malt restera le vrai brillant chéri et embelli,; espérons le.
Il n'y aurait pas autant de meetings si ce n'était pas le cas.
Les deux critiques ce valent.
Bonne semaine à tous.
Antoine
la pénurie commence à se faire sentir.
Publié : 05 oct. 2006, 12:22
par bottler
Cela fait deux ans qu'on l'attend et maintenant ça y est.
Macallan, Diageo, Pernod Ricard et les autres ont coupé les robinets. Tous les distillateurs indépendants ou non battent la campagne pour racheter les fûts de leur production qu'ils ont vendu dans le passé, à n'importe quel prix, en empruntant aux banques pour financer ces achats massifs.
Les prix montent, montent, montent.
Ce phénomène s'est brutalement accéléré depuis la fin du printemps.
Certains prix ont déjà pris 30%, et on vous annonce droit dans les yeux des augmentations de 20%,30% sur des produits par rapport aux prix d'il y a six mois.
Le mot magique : shortage, sort de plus en plus souvent dans les conversations.
Les grands distillateurs avaient ralenti leur production depuis quelques années, et parallèlement le marché mondial est de plus en plus demandeur, en particuleir à cause de la Chine où les grands producteurs investissent des masses en publicité et promotion afin de développer leurs ventes et de rester dans une situation de marché demandeur pour quelques années.
D'ici 6 mois à un an, on le verra dans les prix en France.
A vos portefeuilles, messieurs : le whisky va devenir une marchandise chère.
Désolé. en l'occurence, n'étant pas producteur, nous sommes dans le même bain. Je ne peux que constater et vos faire part de ma tristesse.
Publié : 05 oct. 2006, 13:23
par Skyisblue
effectivement pessimiste
Est-ce qu'il y a une relation entre le début de la "pénurie" et la nette progression des expérimentations genre finitions, new woods comme vu au dernier Live? je pense que oui. Je sors mon anorak. :?
Publié : 05 oct. 2006, 13:51
par Lafrog
Ca a déjà commencé :
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Sep 04
2006
Edrington invests GBP18 million in Highland Park
In a bid to double its annual sales and become one of the world's top 10 malts, whisky distiller Edrington Group plans to invest GBP18 million in its Orkney single malt Highland Park over the next five years.
The planned investment - described as the most ambitious in the brand's 208-year history - will see Highland Park undertake an aggressive sales and marketing drive in the UK and key overseas markets, where parent company Edrington has built a strong distribution network for its other key brands, The Famous Grouse - Scotland's best selling whisky, and The Macallan single malt.
"Our plans are ambitious, but we are in a strong position to maximize the full potential of the brand for the first time. We have won many prestigious awards in recent times and the re-pack will build upon these achievements," said Jason Craig, global controller at Highland Park.
"As well as the UK, we have already established strong footholds in several key markets worldwide, such as the USA, Scandinavia and global travel retail (GTR). We believe there is great scope to develop these markets even further," he continued.
The brand has just enjoyed its best ever year and sales of Highland Park are outstripping the rest of the single malt category four-fold - with a 17% increase so far this financial year.
The development plans coincide with the launch of the new look bottle following a GBP750,000 packaging make-over. The new bottle will be revealed at Whisky Live Glasgow on September 8 and 9.
The new look product will go on sale in major UK supermarkets Tesco, Sainsburys, Asda, Morrisons and Waitrose stores by the end of September in time for the build up to the key Christmas sales period, which accounts for an estimated 40% of all Scotch sold in the UK.
Article Courtesy of Drinks Business Review Drinks Business Review
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Publié : 05 oct. 2006, 13:53
par antoine
histoire aussi de "bloquer" voire faire disparaitre certains EI, pas assez "solide"..
la c'est clair, c'est que pour le pognon... comme le pétrole..
Publié : 05 oct. 2006, 14:33
par bottler
C'est sûr que ça va tanguer, plus encore pour les gros EI qui n'ont pas de stock que pour nous. Fasten seat belts.
Publié : 05 oct. 2006, 16:03
par Serge
Je suis d'accord avec vous mais je ne suis nullement surpris.
On peut bien sûr regretter la hausse des prix mais les prix des malts restent très bas si on les compare au vin, surtout "à temps de plaisir égal".
Une très bonne bouteille de whisky est à peine au prix d'une bouteille de grand cru de Bordeaux, souvent moins...
Je trouve logique qu'un vieux whisky de très grande qualité soit très cher (mais je le regrette bien sûr !) En revanche, je ne suis plus lorsqu'on cherche à nous vendre un produit trafiqué (l'équivalent des copeaux de chêne) au prix de crus classés.
C'est là, il me semble, que nous devons être vigilants.
Nous devons savoir faire la distinction entre un authentique vieux malt (pas forcément vieux d'ailleurs) et un produit "bidouillé" de la même façon que nous savons faire la différence entre un Cos d'Estournel (au hasard) et un Cabernet de chez Gallo (toujours au hasard).
Re: L'avenir du single malt
Publié : 05 oct. 2006, 16:12
par mitsuyan
jmputz a écrit :Donc, l'intérêt des distilleries n'est pas à mon avis dans la production exclusive de blends. Je pense beaucoup plus que les pays comme la Chine et l'Inde, qui commencent à avoir une classe de riches de plus en plus riches (et de plus en plus nombreux) risquent de se tourner (du moins en partie) vers le single malt. Je reçois régulièrement des visites de Chine et d'Inde sur le site. Sans oublier le Japon...
Si pénurie il doit y avoir, c'est parce que le cycle de production du whisky prend au moins 10 ans, et que les perspectives il y a 10 ans n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui. La demande va excéder l'offre, alors ce qui risque de se passer est évidemment une flambée des prix...
Et d'ici quelques années, quand le stock sera reconstitué, les prix peuvent redevenir "normaux".
La grande question qui se pose, est comment les distilleries vont-elles s'y prendre pour augmenter leur capacité de production. Le feront-elles au détriment de la qualité?
Je pense que la réponse à cette question sera différente d'une distillerie (ou plutot d'un groupe industriel) à l'autre. Les uns misant sur un profit plus immédiat, et d'autres essayant d'entretenir leur image de marque, et si l'évolution des habitudes de consommation (qualité au détriment de la quantité - voir l'affaire des vaches folles ou autres scandales alimentaires ) continue dans le bon sens, ces dernières seront gagnantes, mais à long terme.
Enfin, tout ceci ne sont que des considérations personnelles. Ce serait intéressant d'avoir un échange d'idées à ce sujet....
Hello à tous !
Quelques faits pour alimenter nos échanges.
Dans le WhiskyMag GB n°56 (juillet), un dossier entier est consacré aux marchés asiatiques et plus, c'est vraiment passionnant et plein d'info.
Par exemple, on apprend que pour la Chine, les taxes d'importation liées au Whisky sont passées de 65% en 2000 à...10% en 2005 !! Ceci pouvant expliquer cela, en toute logique, ce serait bête de se gêner lorque vous y êtes si gentiment invité !
On parle aussi de la Russie, ça rigole pas : il y a plus de demande que d'offre, certes plus pour du premium.
.Exemple : The Macallan Lalique 50yo, 6000$ >> les 20 bouteilles sont parties en moins d'1 semaine !!
Mais, le marché russe est le deuxième marché (du whisky) au monde en terme de progression, et la "middle class" commence sérieusement à apprécier le malt...ça se rapproche !!
to be continued...
a+
Publié : 05 oct. 2006, 16:20
par Serge
Au sujet de l'Asie, nos amis de là-bas me disent que si les ventes de whsiky explosent, par exemple en Chine, les single malt restent à la traîne.
William Grant, par exemple, aurait déjà reporté son budget pub de Glenfiddich vers Grant's.
Certes les grands faiseurs investissent mais en réalité, ils y vont sur la pointe des pieds en ce qui concerne les single malts. Le whisky reste un produit de statut et ce sont donc les blends bien packagés qui se taillent la part du lion.
Les blends de luxe sont bien les vrais concurrents des single malts. Ce sont eux qui absorbent nos chers vieux malts. Eh oui, pour faire un blend de 30 ans, il faut du malt d'au moins 30 ans, et pour faire un bon blend, il faut de l'Islay. Vous voyez ce que je veux dire...
Macallan est un cas isolé. Ils étaient déjà très forts en Asie. Saviez-vous que 90% de la production du mac 30 ans se vendait rien qu'à Taiwan, il y a déjà 5 ans? Et, tenez-vous bien, 25% du 12 ans ???
Les grands groupes savent bien, aussi, que ces marchés sont volatiles. Ils préfèrent pouvoir replier leurs gaules et proposer des produits dont ils contrôlent plus ou moins les volumes, à la hausse ou à la baisse (donc les blends ou les vatted).
Et puisque ce sont les blenders qui possèdent ces vieux fûts exceptionnels qu'ils ne lâcheraient pour rien au monde, les gens des malts, eux, sont contraints de racheter leurs fûts "à l'extérieur" lorsqu'ils veulent sortir un nouveau vieil OB. Rien que ça, ça fait déjà monter les prix...
Publié : 05 oct. 2006, 16:26
par Smokey-Kong
Avec quand même un risque de retour du baton, car l'expérience montre que les clientèles dues à la mode sont volages, et qu'il faut absolument éviter de perdre sont fonds d'habitués. Certes, ici, sur ce forum, nous sommes peu nombreux, mais ceux qui nous lisent le sont déjà beaucoup plus et servent de vecteurs de diffusion pour l'information.
Je pose une question qui peut sembler sans rapport au départ : qui a encore du Lagavullin chez lui et en quelle quantité ? Je viens de réaliser que je n'en ai presque plus, et qu'il n'entre pas dans mes plans d'en racheter avant un moment. Et pourquoi ? Parce qu'en dehors des 25 ans et trente ans - bons mais fort chers et de mauvais rapports qualité/prix - il n'y a pas de version innnovante à se mettre sous la dent. Au contraire de Laphroaig dont ma collection ne cesse d'augmenter, j'attends par ailleurs avec impatience celui de Bottler. En cherchant bien, avec Talisker cela s'en rapproche encore que les 20 ans 62° et 59° sont accessibles et intéressants. A bon entendeur...
Publié : 05 oct. 2006, 16:40
par Serge
Smokey, en effet, Lagavulin (et dans une moindre mesure Talisker) est victime de son succès. Comme le dirait ma concierge, "quand y'en a plou, y'en a plou" et il est normal qu'ils cherchent à privilégier des versions existantes dans lesquelles ils ont beaucoup investi et qui ont une clientèle d'habitués qu'ils ont déjà du mal à fournir (pas en France peut-être mais dans d'autres pays)
Tu parles de Laphroaig mais tu évoques des versions indépendantes... Ce n'est pas la même chose. La politique d'Allied a été assez montagnerussesque par le passé (c'est pourquoi on trouve encore pas mal de jeunes Laphroaig indépendants - mais cherchez un peu les vieux - vous en trouvez ?) mais je doute que de nos jours les repreneurs continuent à rendre la chose possible.
Publié : 05 oct. 2006, 16:48
par Serge
Au sujet de la Russie, Mitsuyan a raison (bien que la middle class russe soit quand même assez réduite).
Des MM de retour de la dernière vente McTears fin septembre ont rapporté que ce sont les Russes qui ont arraché la plupart des grosses enchères.
Mais ça, ce n'est vraiment pas la middle class...
Publié : 06 oct. 2006, 08:24
par laphroaig c moi
La crainte aussi, si ce sont les blends qui marchent fort en Asie, est-ce que ce n'est pas que de plus en plus de distilleries fabriquent leur whisky pour les blends et pas pour faire du single ?
Je pense que les amateurs vont se replier sur quelques distilleries comme Bruichladdich, Edradour, qui ne font que du single et sont dans une "démarche qualité" et qui vont voir leur clientèle augmenter rapidement. Dans 10 ans, on va se battre pour un Port Charlotte 12 ans 46% à 70 € ou plus (hors inflation). Le marché sera sans doute plus "dual".
Je me demande si ça ne va pas avoir pour effet de réhabiliter les jeunes whiskies "bien faits", pas des trucs marketing du genre "venez prendre une grosse baffe dans la gueule avec le Still young", mais des choses de 7-9 ans avec un vieillissement de qualité. Certains comme bottler proposent ce genre de produits (Laphroaig one shot) vraiment excellent. Et puis de temps en temps pour Noël on se paiera une vieille bouteille... Pfou, juste quand mon budget whisky augmente, les prix suivent, conclusion je ne verrais pas la différence

Publié : 06 oct. 2006, 08:36
par antoine
apparement, il y a un gros groupe indien qui a achaté whyte and mackay