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Le marché du whisky en Italie

Publié : 30 août 2005, 07:45
par laphroaig c moi
Cette question s'adresse plus particulièrement à Serge : j'ai vu que tu avais pas mal de bouteilles provenant du marché italien, dont un Longrow dont tu m'as envoyé une mignonette. J'ai vu aussi sur ton site le compte rendu d'un petit voyage en Italie assez sympathique il faut dire. Comment fonctionne le marché du whisky là-bas ? Consomment-ils aussi les whiskies des embouteilleurs indépendants écossais ou uniquement ceux qui sont importés par Samaroli et autres ? Comment fonctionnent ces sociétés ? En fait je suis assez intrigué car la meilleure note que tu aies mis à un whisky est un Springbank Samaroli, si je ne me goure. Sont-ils particulièrement fortiches pour proposer des whiskies de haut niveau ? Et peut-on trouver facilement ces whiskies ? En France notamment (j'ose pas y croire mais bon) ?

Publié : 30 août 2005, 09:30
par Serge
En effet, l'Italie a joué un rôle considérable dans le développement des single malts écossais, ce dès les années 1950. D'abord les Italiens sont des fines gueules (peut-être plus que nous Français) et ils se sont mis à acheter des single malts très tôt. Il faut dire que des importateurs passionnés ont fait un travail immense de développement du marché (Sestante, Giaccone, Samaroli, Pinerolo etc., beaucoup ont disparu malheureusement), appuyés par des écossais qui ont fourni des single malts d'exception à ces gens-là (Macallan, Gordon & MacPhail, DCL avec par exemple les légendaires Clynelish et Caol Ila et beaucoup d'autres).
Bref, quand personne ne s'y intéressait vraiment, y compris en Grande-Bretagne, l'Italie captait le meilleur de l'Ecosse. Cette situation s'est poursuivie dans les années 1970 et même 1980, et c'est bien en Italie que l'on trouvait les meilleurs single malts (goûtez les Laphroaig 10 ans de cette époque !), ce jusqu'au boum du marché mondial.

Aujourd'hui, il existe toujours des importateurs / distributeurs Italiens qui font de très belles choses, comme Samaroli, Wilson & Morgan, Silver Seal (fourni par Douglas Laing) etc. mais l'Italie n'a plus le quasi-monople des single malts, comme chacun sait. Néanmoins, il reste de vieux stocks de cette époque bénie, souvent aux mains de collectionneurs marchands (Giuseppe Begnoni, Giorgio d'Ambrosio, Giovanni Giuliani etc.) qui distillent leurs trésors aux amateurs du monde entier, à commencer par le Japon - et même aux embouteilleurs puisque par exemple certaines séries rares de millésimes de Macallan proviennent de vieilles bouteilles italiennes "ré-embouteillées" dans de nouveaux habillages.

L'Italie est donc "La" source de vieux whiskies, même si des marchands allemands par exemple (Mara est exceptionnel) ou anglais (The Whisky Exchange) proposent eux aussi certaines de ces vieilles bouteilles magiques.
Attention, tout n'est pas bon cependant, et il est toujours important de bien identifier les bouteilles par leur version exacte (par exemple, en effet, le Springbank 12 ans 100 proof officiel pour Samaroli) et c'est pourquoi j'essaye en général d'ajouter une photo de la bouteille sur mon site quand j'ai la chance d'en déguster un.

Ces vieilles bouteilles italiennes sont aussi à l'origine d'une croyance, infondée à mon avis, qui dit que les malts étaient meilleurs dans l'ancien temps. En effet, par exemple le Laphroaig 10yo pour Bonfanti des années 1970 était sans aucun doute meilleur que le Laphroaig 10 ans actuel (lui-même très bon). Cependant, son "tirage" était sans doute cent fois inférieur au tirage actuel de ce malt si pas plus, et sans doute était il assemblé à partir de fûts vraiment exceptionnels, donc non représentatifs de ce qu'était la production moyenne de la distillerie. De plus, on ne parle et se souvient que des bouteilles excellentes (celles que l'on déguste en cercle restreint, n'est-ce pas les amis belges ?) mais si l'on choisit de vieilles bouteilles au hasard au lieu de celles qui ont une réputation, on tombe aussi souvent sur des malts peu intéressants.

Enfin, il faut aussi le dire, l'Italie (mais pas seulement l'Italie) est aussi la source de faux souvent vendus sur eBay, malheureusement. Versions qui n'ont jamais existé, étiquettes photocopiées etc., il convient d'être très prudent lorsque l'on achète de vieilles bouteilles. Même si on est la distillerie d'origine ! (n'est-ce pas The M.....n?)

Voilà...

S.

Publié : 30 août 2005, 09:33
par laphroaig c moi
Merci beaucoup pour cette réponse très complète ! La chasse à la bouteille est lancée...