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Glann ar Mor ou les charmes discrets d'une distillerie

Publié : 03 août 2005, 14:39
par jmputz
  • Pleubian, au fin fond des Cotes d'Armor...
  • Crech' ar Fur, à la sortie du village, après le transformateur...
  • Ancienne ferme datant du XVIIème siècle, merveilleusement retapée...
  • Jean Donnay...
  • Sa femme Martine...
  • Leur fille Charlotte...
  • Le chat, Hermione...
A voir la distillerie, propre comme un sou neuf et merveilleusement agencée, ressemblant à une maison de poupées comparée aux immenses distilleries écossaises, on pourrait imaginer qu'il n'en faut pas plus pour réussir à fabriquer du whisky...
Et c'est probablement vrai.
Seulement, à Glann ar Mor, il s'est passé près de 10 ans avant de voir le premier spirit couler de l'alambic. Il doit bien y avoir quelque chose de spécial...
Près de 10 ans à concevoir, penser, tester, essayer, rater, essayer, réussir, démolir, rebatir, creuser, faire de la tuyauterie, etc... pour en arriver finalement à une distillerie en ordre de marche.
Avec de vrais pot stills. En forme d'oignon, mais minuscules par rapport aux immenses alambics écossais. 900 et 1300 litres. A côté des 30.000 litres qu'on rencontre souvent en Ecosse... Potstills dessinés par Jean Donnay et fabriqués en France.
Un washback en pin d'Oregon, comme en Ecosse, mais encore une fois en miniature.
Seulement, ce qui n'est pas en miniature, c'est la qualité de son new make spirit. Excellent.
Et cela n'est pas un hasard. Tout a été minutieusement préparé, testé et retesté. Le whisky n'est pas le fruit du hasard. Il ne suffit pas de mettre de l'eau chaude sur de l'orge maltée, de remuer un peu le tout, de le filtrer et de le passer dans un alambic, histoire de séparer l'alcool de l'eau et des impuretés.
Non, la fabrication de whisky répond à des critères très stricts, qui peuvent apparaître comme étant d'infimes détails aux yeux des profanes que nous sommes. La taille de l'alambic (en fait la surface de contact entre le liquide et le cuivre), la façon de le charger (le remplir? à moitié?) le type de chauffage de l'alambic, l'inclinaison des cols de cygne à la sortie de l'alambic, la méthode de refroidissement des vapeurs, etc... autant de petits détails qui apportent chacun leur pierre à l'édifice.
Et encore, il va falloir attendre un minimum de 3 ans pour pouvoir juger l'édifice sur pièce.
Ces trois années (minimum), le liquide alcoolisé qui sort de l'alambic va les passer dans des fûts, dans un chai. Ici encore, des tas de facteurs importants. La qualité des fûts, ce qu'ils ont contenu auparavant, la température du chai, son degré d'humidité, la proximité de la mer, etc... vont également contribuer à la qualité finale du Glann Ar Mor.
Tous ces éléments sont étudiés très soigneusement par Jean Donnay. On peut imaginer le stress que cela peut engendrer. Avoir tout bien calculé, bien réalisé, et ne pas être sûr du résultat d'ici quelques années... Le résultat: une réussite triomphante? ou un semi-échec...

Alors, ces années d'efforts se solderont (j'en suis persuadé) par la mise sur le marché, non d'un whisky, mais d'un très bon whisky! Et c'est ce qui fera la différence entre Glann ar Mor et moultes autres distilleries moins pointilleuses sur le produit fini.

Ceci dit, Jean Donnay n'est pas un débutant, et il a eu l'occasion de très bien étudier les effets du fût sur le whisky. La collection "Cetique Connexion" avec des doubles affinages parfois téméraires, toujours surprenants en témoigne. Jean Donnay a été le premier à pratiquer le double affinage en fûts de Sauternes. Et le seul à le faire avec des fûts de vin de paille du Jura.
Sa philosophie en matière d'affinages est différente de celle des distilleries pratiquant la même gymnastique. Si le but des distilleries est de mettre en valeur leur whisky (et il faut bien l'avouer, bien souvent d'en masquer les défauts), Jean Donnay s'attache à mettre en valeur la finition, et le whisky de départ a nettement moins d'importance. Le résultat final n'est pas "Whisky untel, finition unetelle", mais bien "finition unetelle", "whisky...?". D'ailleurs dans bien des cas, il est totalement incapable de dire quel whisky a servi de base à la finition. Et c'est relativement sans importance.
La question est plus de savoir si le résultat est réellement du whisky... ou une boisson d'un type nouveau, où le whisky s'est contenté de servir de matériau de base, un peu comme l'eau dans la fabrication du whisky.

(voir aussi sur le site...)

Publié : 03 août 2005, 14:42
par laphroaig c moi
Ben tout ça donne soif ! Glann ar Mor à surveiller de près alors...

Publié : 03 août 2005, 14:48
par jmputz
Glann ar Mor à surveiller de près alors...
Absolument!
Mais il va falloir attendre au moins 3 ans...

Publié : 03 août 2005, 19:37
par elzozore
Date est prise.

Publié : 04 août 2005, 00:18
par antoine
Merci Jean Marie de ton post..
Je n'aurai certainement pas dis mieux..

Quant à moi, j'ai la chance d'avoir acheté un fût; certe pas tout seul, et je vous en parlerai dès qu'il sera en ma possession...mais il faudra attendre 4 ans .....