Ayé, c'est l'heure du gros CR :
Le starter donc :
Laphroaig 10yo (40%, OB, +/-2009, Ref 2PAF9002)
Couleur : Or
Nez : Expressif, et plus civilisé que des versions plus anciennes (disons qu'il y a 10 ans).De la tourbe certes, ce camphre qui est un des marqueurs de ces 10yo, de l'orge maltée fumée, de l'iode, mais aussi des notes vanillées plus douces ainsi que des touches de banane artificielle (bonbons haribo). Très chouette.
Bouche : Elle manque un peu de corps et de puissance, mais elle est bien équilibrée. Toujours de la tourbe, mais plus terreuse qu'au nez, et des notes très médicinales (pastilles pour la toux) contrebalancées par une douceur vanillée.
Finale : De longueur moyenne, sur une belle amertume iodée et le retour des notes de banane avant que la cendre ne recouvre tout. Le goût de cendre reste par contre très longtemps à l'arrière du palais.
Conclusion : Un dram à l'excellent rapport q/p.
86/100
Puis, le lourd :
Laphroaig 30yo (43%, OB, +/-2006, Ref LQ0167)
Couleur : Ambré
Nez : D'entrée, c'est somptueux. Un mélange aussi subtil que réussi de fruits exotiques, de sherry et de tourbe délicate. C'est très riche, avec des notes de banane trop mûre, et de toute une purée d'autres fruits exotiques mûris à point. De l'iode vient aussi se marier à la tourbe pour rappeler qu'il s'agit bien d'un Laphroaig avant que de subtiles notes animales et fermières (vieux cuir, étable) n'apparaissent ainsi qu'un très léger boisé. Je viens de tomber amoureux.
Bouche : Elle gagnerait peut-être à être un peu plus puissante, mais enveloppe bien le palais. L'attaque est douce sur les fruits exotiques trop mûrs avant que la tourbe ne ressurgisse plus franchement qu'au nez. Le boisé est également plus perceptible qu'au nez. La fin de bouche se réchauffe sur des épices piquantes (poivre).
Finale : Intense et délicieuse mais manquant cruellement de longueur (bouh, pourquoi ça dure pas plus longtemps ?), elle est tourbée et poivrée mais distille aussi des notes fugaces de noix de coco ainsi que cette saveur de banane que je trouve très caractéristique de la distillerie (en tout cas des OB).
Conclusion : C'est superbe, mais j'en attendais encore plus. Le nez est tout simplement splendide, un des plus beaux que j'aie eu l'occasion de humer. La bouche est un peu moins complexe et aurait sans doute gagné à posséder 3 degrés de plus mais demeure excellente. La finale, de très bon goût, est toutefois décevante de par sa (relative) brièveté.
92/100
Laphroaig 17yo (43%, BBR, 1964 – 1981, 75cl) Sample
Couleur : Acajou
Nez : Le profil est très proche de celui du 30yo. Des fruits exotiques, mais plus sur la mangue que sur la banane, du sherry (abricots secs, chocolat) de l'iode et de la tourbe. Une belle tourbe d'ailleurs, presque minérale avec des notes de pierre à fusil. Des fruits rouges aussi (cerises griottes acidulées). Les arômes sont superbement fondus, inextricablement mêlés les uns aux autres. L'ensemble est toutefois un brin plus rugueux et boisé (mais un boisé agréable), moins gourmand que le 30yo OB, plus frais aussi avec une très légère note mentholée.
Bouche : Paf, prends ça dans ta face ! Plus puissant que le 30yo, c'est gras à n'en plus pouvoir. Manque de puissance ? Ca n'est pas un CS, mais difficile de faire mieux à 43%. La tourbe est bien là, mais j'ai du mal à faire le tri des arômes. Plus marin (sel, iode) et un peu moins fruité (oranges amères et confites) que le 30yo, plus rugueux encore une fois. Peut-être moins complexe mais incontestablement plus jouissif.
Finale : Fruits secs, tourbe et cacao, un peu minérale aussi (poussière). Plus longue que celle du 30yo.
Conclusion : Encore un magnifique Laphroaig. Si le nez est peut-être un cran au-dessous de celui du 30yo, la bouche est divine, et la finale à l'avenant.
94/100
Laphroaig 31yo For LMDW (49.7%, 1974 - 2005) Sample
Couleur : Acajou
Nez : Waow, le plus expressif du lot pour le moment. Plus de sherry que dans les deux précédents, avec des notes chocolatées, d'orange confite, d'amande douce, de mangue (très nette, à la Benriach 76) et de banane mais aussi de caoutchouc. La tourbe n'est pas en reste, plus grasse que dans les précédents, sa présence est massive mais le sherry en face est tellement énorme que l'équilibre est trouvé. Les deux se marient d'ailleurs sans à-coups, tout est rondeur et volupté dans ce nez. Quelques notes camphrées/mentholées apportent un peu de fraîcheur. Puis arrivent les odeurs fermières d'étable. On ne sent absolument pas l'alcool, c'est grandiose !
Bouche : La puissance est là, mais il n'y a aucune agressivité. C'est gras, très gras et exotique. La tourbe se fait plus discrète mais demeure puissante, ce qui ne pose pas de problème d'équilibre car encore une fois, il y a du lourd en face avec un sherry fondu tout en fruits secs et des notes très nettes de mangue et de pamplemousse rose.
Finale : Longue à n'en plus finir, elle vous colle au palais et développe de superbes notes fruitées (mangue) et chocolatées (chocolat noir amer) auxquelles la tourbe répond dans un écho lointain.
Conclusion : Le meilleur whisky que j'ai bu jusqu'à présent, ni plus, ni moins. J'en attendais beaucoup... et j'ai eu encore plus ! Merci Pat !!
96/100
Laphroaig 1970 - 1986 (54%, Duthie's for Samaroli, 75cl, 720 btls.) Sample
Couleur : Or
Nez : Immédiatement Laphroaig, le nez est tourbé, iodé et surtout médicinal (eau oxygénée, camphre). Beaucoup de fraîcheur ici, avec un plein panier d'agrumes (oranges surtout, mais aussi citrons) et de fruits exotiques acidulés (ananas, mangues). Un peu d'amande douce aussi. Il évolue sur des notes plus minérales et peut-être végétales (herbe coupée). Très différent des trois autres en tout cas.
Bouche : La bouche est très puissante, grasse, citronnée et tourbée. Elle est aussi légèrement poivrée. Elle développe une amertume végétale très agréable et fraîche. Les saveurs sont difficiles à démêler. Un peu d'eau l'ouvre et la rend plus douce.
Finale : Longue, fraîche et végétale, elle est aussi très tourbée, avec en particulier une retro-olfaction très nette sur la tourbe. On y retrouve une partie des agrumes du nez ainsi qu'une légère touche d'exotisme (ananas).
Conclusion : Encore un grand Laphroaig. Que dire de plus ?
92/100
Vainqueur : le 1974 sherry, mais tout ça ne se joue pas à grand chose. A noter qu'il va falloir que je revienne plus sérieusement sur le Samaroli car le palais commençait à fatiguer sur ce dernier dram. Il est d'ailleurs temps d'aller manger un morceau

. Mais quelle soirée ! Me suis bien fait plaisir les aminches !
Moralité : Laphroaig. What Else ?
