Gamme idéale de whiskies
Modérateur : Modérateurs
Gamme idéale de whiskies
Gamme idéale de whiskies ??? Allez, un dernier petit sujet de discussion lancé comme ça dans la foulée, assez "marrant" celui-là !
Croyez-vous qu'il existe une "gamme idéale" de whiskies d'une même distillerie ?... je m'explique :
Prenons 2 exemples :
1) Ardbeg :
- 1 jeune très vigoureux et non filtré donc très authentique, le "Ten"
- 1 mature excellent, un peu plus fondu, le "17 ans"
- puis en dehors d'une ou deux bouteilles exceptionnelles difficiles à trouver (Lord of the Isle, V.O.A. 30 ans, etc...), uniquement des millésimés d'au moins 20 ans
2) Bowmore :
- le Legend
- le 12 ans
- le 15 ans
- le 17 ans
- le 21 ans
- le 25 ans
- le 30 ans
- le 40 ans
- le brut de fût
- le Darkest, le Dawn, le Dusk, le Voyage, et j'en passe !...
Bref, d'un côté une gamme plutôt concise mais néanmoins qui permet je crois de très bien représenter ce que peut être l'Ardbeg a ses principaux stades de maturation. De l'autre une gamme très grande et complexe, avec dès le 21 ans des prix qui dépasse les 100 euros (en France), donc difficile pour une modeste bourse d'espérer un jour pouvoir goûter le 30 ans et a fortiori le 40 ans... alors que l'Ardbeg 1975 - 25 ans est à 100 euros chez mon caviste favori...
Pour ma part je suis assez perplexe devant ces 2 exemples... d'un côté c'est bien qu'une gamme soit très étoffée, ça réserve toujours de bonnes surprises et prouve un dynamisme certain de la distillerie, mais est-ce qu'à trop la varier on ne perd pas un peu "la simplicité d'esprit et l'authenticité de caractère" de cette distillerie ?...
Qu'en pensez-vous ?
Parfois, à boiser à outrance et dans de nombreuses variétés de futs certains whiskies qui ont déjà un caractère propre très bon, ça me fait penser à des cocktails.
Pour un bon cocktail, certes plus les produits de base sont bons mieux c'est, mais de là à préparer une vodka-orange avec de la Black Smirnoff pure pot still... je me contenterai plutôt d'une vodka moins haut de gamme...
il me semble même avoir vu une pub pour Glenmorangie, qui laissait penser que le GlenM de base était bon sans plus... mais qu'en finition spéciale (porto, madère, etc...) il devenait vraiment excellent... n'est-ce pas un peu abusif ?...
C'est un peu comme si à terme on ne buvait plus que des Bowmore Dawn, Dusk,etc... au détriment des produits "natures" de la gamme comme le 12 ans, 15 ans, Legend,etc... Ce serait bien dommage je trouve vu la qualité et l'excellence de ces produits.
Stéphane
StephG
Croyez-vous qu'il existe une "gamme idéale" de whiskies d'une même distillerie ?... je m'explique :
Prenons 2 exemples :
1) Ardbeg :
- 1 jeune très vigoureux et non filtré donc très authentique, le "Ten"
- 1 mature excellent, un peu plus fondu, le "17 ans"
- puis en dehors d'une ou deux bouteilles exceptionnelles difficiles à trouver (Lord of the Isle, V.O.A. 30 ans, etc...), uniquement des millésimés d'au moins 20 ans
2) Bowmore :
- le Legend
- le 12 ans
- le 15 ans
- le 17 ans
- le 21 ans
- le 25 ans
- le 30 ans
- le 40 ans
- le brut de fût
- le Darkest, le Dawn, le Dusk, le Voyage, et j'en passe !...
Bref, d'un côté une gamme plutôt concise mais néanmoins qui permet je crois de très bien représenter ce que peut être l'Ardbeg a ses principaux stades de maturation. De l'autre une gamme très grande et complexe, avec dès le 21 ans des prix qui dépasse les 100 euros (en France), donc difficile pour une modeste bourse d'espérer un jour pouvoir goûter le 30 ans et a fortiori le 40 ans... alors que l'Ardbeg 1975 - 25 ans est à 100 euros chez mon caviste favori...
Pour ma part je suis assez perplexe devant ces 2 exemples... d'un côté c'est bien qu'une gamme soit très étoffée, ça réserve toujours de bonnes surprises et prouve un dynamisme certain de la distillerie, mais est-ce qu'à trop la varier on ne perd pas un peu "la simplicité d'esprit et l'authenticité de caractère" de cette distillerie ?...
Qu'en pensez-vous ?
Parfois, à boiser à outrance et dans de nombreuses variétés de futs certains whiskies qui ont déjà un caractère propre très bon, ça me fait penser à des cocktails.
Pour un bon cocktail, certes plus les produits de base sont bons mieux c'est, mais de là à préparer une vodka-orange avec de la Black Smirnoff pure pot still... je me contenterai plutôt d'une vodka moins haut de gamme...
il me semble même avoir vu une pub pour Glenmorangie, qui laissait penser que le GlenM de base était bon sans plus... mais qu'en finition spéciale (porto, madère, etc...) il devenait vraiment excellent... n'est-ce pas un peu abusif ?...
C'est un peu comme si à terme on ne buvait plus que des Bowmore Dawn, Dusk,etc... au détriment des produits "natures" de la gamme comme le 12 ans, 15 ans, Legend,etc... Ce serait bien dommage je trouve vu la qualité et l'excellence de ces produits.
Stéphane
StephG
Sujet intéressant que celui-ci...
Une première idée me vient en tête à la lecture du sujet: est-ce que nous, amateurs de single malt, on n'a pas un peu tendance à idéaliser les distilleries, et à penser qu'elles ne sont là que pour notre plaisir, même si ce plaisir est quelque fois hors de prix...
Nous avons tendance à oublier que les distilleries sont des usines à alcool, et comme toutes les usines, leur seul moteur est le profit.
Rien d'étonnant donc à ce que la plus grande partie de la production disparaisse dans des blends, parfois infâmes. Mais, c'est ça qui se vend (je ne veux pas dire ici que les blends sont mauvais par définition. Il en existe de sublimes...).
Je me souviens d'avoir visité quelques maisons de cognac il y a deux ans, et d'avoir été scandalisé par les nouvelle mixtures que ces maisons mettent sur le marché, moi qui ai un jour presque eu une bagarre avec quelqu'un qui trempait un sucre dans son cognac dans un bistrot...
La loi de l'offre et de la demande...
Le single malt n'est que la devanture de ces distilleries (dont la plupart font partie d'un véritable empire -UDV Diageo est une immense multi-nationale), et si elles s peuvent améliorer leur image de marque en proposant toutes sortes de variétés, tant mieux pour elles, et bien souvent tant pis pour nous.
J'ai été particulièrement déçu par la version Porto de Springbank, non que le whisky était mauvais, mais parce que je connais les whiskies traditionnels de Springbank, et qu'une version porto n'apporte rien de neuf, et même au contraire modifie le goût traditionnel... Si je n'avais pas sû qu'il s'agissait d'un Springbank, je l'aurais peut-être trouvé très bon.
Il y a cependant des limites. Je trouve que Glenmorangie exagèe un peu avec la multiplication des version spéciales. Après les traditionnels sherry, porto, madeire, vin rouge, vin blanc, je crains qu'ils ne viennent un jour avec une version vieillie dans un tonneau ayant contenu de la choucroute.
Peu de gens le savent, mais la version 18 ans a terminé sa maturation dans des fûts neufs. Je n'ai pas trop apprécié le 18 ans, alors que le traditionnel 10 ans est très bon, et pas cher, ce qui ne gâche rien.
Par contre, leur version "Cellar 13" est une pure merveille. Non qu'il s'agisse d'une version ayant vieilli dans du bois spécial, mais tout simplement que le chai n°13 est très proche de la mer. C'est ce qui fait toute la différence.
Faut-il préférer un Lagavulin, qui se contente de produire du 16 ans d'âge (en dehors de la distiller edition, qui est imposée régulièrement à toutes les distilleries faisant partie des Classic Malts) ?
Ils viennent récemment de sortir un 12 ans d'âge, cask strength, qu'ils ont nommé 'special release' (edition spéciale), et qui est vraiment une pure merveille.
Tu as raison de poser la question: où est le juste milieu?
Discussion intéressante. J'espère qu'il va y avoir d'autres avis sur la chose.
Une première idée me vient en tête à la lecture du sujet: est-ce que nous, amateurs de single malt, on n'a pas un peu tendance à idéaliser les distilleries, et à penser qu'elles ne sont là que pour notre plaisir, même si ce plaisir est quelque fois hors de prix...
Nous avons tendance à oublier que les distilleries sont des usines à alcool, et comme toutes les usines, leur seul moteur est le profit.
Rien d'étonnant donc à ce que la plus grande partie de la production disparaisse dans des blends, parfois infâmes. Mais, c'est ça qui se vend (je ne veux pas dire ici que les blends sont mauvais par définition. Il en existe de sublimes...).
Je me souviens d'avoir visité quelques maisons de cognac il y a deux ans, et d'avoir été scandalisé par les nouvelle mixtures que ces maisons mettent sur le marché, moi qui ai un jour presque eu une bagarre avec quelqu'un qui trempait un sucre dans son cognac dans un bistrot...
La loi de l'offre et de la demande...
Le single malt n'est que la devanture de ces distilleries (dont la plupart font partie d'un véritable empire -UDV Diageo est une immense multi-nationale), et si elles s peuvent améliorer leur image de marque en proposant toutes sortes de variétés, tant mieux pour elles, et bien souvent tant pis pour nous.
J'ai été particulièrement déçu par la version Porto de Springbank, non que le whisky était mauvais, mais parce que je connais les whiskies traditionnels de Springbank, et qu'une version porto n'apporte rien de neuf, et même au contraire modifie le goût traditionnel... Si je n'avais pas sû qu'il s'agissait d'un Springbank, je l'aurais peut-être trouvé très bon.
Il y a cependant des limites. Je trouve que Glenmorangie exagèe un peu avec la multiplication des version spéciales. Après les traditionnels sherry, porto, madeire, vin rouge, vin blanc, je crains qu'ils ne viennent un jour avec une version vieillie dans un tonneau ayant contenu de la choucroute.
Peu de gens le savent, mais la version 18 ans a terminé sa maturation dans des fûts neufs. Je n'ai pas trop apprécié le 18 ans, alors que le traditionnel 10 ans est très bon, et pas cher, ce qui ne gâche rien.
Par contre, leur version "Cellar 13" est une pure merveille. Non qu'il s'agisse d'une version ayant vieilli dans du bois spécial, mais tout simplement que le chai n°13 est très proche de la mer. C'est ce qui fait toute la différence.
Faut-il préférer un Lagavulin, qui se contente de produire du 16 ans d'âge (en dehors de la distiller edition, qui est imposée régulièrement à toutes les distilleries faisant partie des Classic Malts) ?
Ils viennent récemment de sortir un 12 ans d'âge, cask strength, qu'ils ont nommé 'special release' (edition spéciale), et qui est vraiment une pure merveille.
Tu as raison de poser la question: où est le juste milieu?
Discussion intéressante. J'espère qu'il va y avoir d'autres avis sur la chose.
Re: Gamme idéale de whiskies
Quand on voit la gamme EDRADOUR et ses finitions à n'en plus finir.....
On a l'impression que ces distilleries se "cherchent" et n'arrivent pas à proposer de valeurs sures comme le font les plus grandes.
L'exemple de Bowmore détaillé par Stephane est aussi surprenant. Pourquoi pas des 10 ans 1/2 , 12 ans 1/2 .......
Pour moi la gamme idéale serait un jeune 7-8 ans, un classique de 10-12, un vieux de 18-20 ans et un très vieux de 25-30. On arrive a 4 versions auxquelles j'ajouterais 1 ou 2 CS (sur le classique et le vieux). En regardant bien ma gamme idéale est respectée par bon nombre de distilleries.
David
PS: j'ai du aller le chercher très loin ce post , j'ai des toiles d'araignées plein les cheveux
On a l'impression que ces distilleries se "cherchent" et n'arrivent pas à proposer de valeurs sures comme le font les plus grandes.
L'exemple de Bowmore détaillé par Stephane est aussi surprenant. Pourquoi pas des 10 ans 1/2 , 12 ans 1/2 .......
Pour moi la gamme idéale serait un jeune 7-8 ans, un classique de 10-12, un vieux de 18-20 ans et un très vieux de 25-30. On arrive a 4 versions auxquelles j'ajouterais 1 ou 2 CS (sur le classique et le vieux). En regardant bien ma gamme idéale est respectée par bon nombre de distilleries.
David
PS: j'ai du aller le chercher très loin ce post , j'ai des toiles d'araignées plein les cheveux
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canis lupus
- Maître distillateur

- Messages : 19714
- Inscription : 19 janv. 2008, 00:49
Re: Gamme idéale de whiskies
C'est vrai qu'Edradour ou Bruichladdich brouillent tellement les cartes que je n'ai pas du tout envie d'aller vers ces distilleries. Quand aux plus ou moins "bizarres finish", généralement, ils ne sont pas aussi bon que les versions simples de la même distillerie, à quelques exceptions près. A croire qu'ils sont une façon de maquiller de mauvais futs.
A l'opposer, bien souvent, les meilleures versions sont les UCF et/ou CS et/ou SC.
En même temps, quand on aime beaucoup une distillerie, on peut regretter quand il n'y qu'une ou deux versions officielles (Lagavulin, Craganmore, Glenkinchie, Dalwinnie, Oban, Talisker, Highland Park, Scapa, Caol Ila...).
Dalmore, Jura, me semble au bon point d'équilibre.
A l'opposer, bien souvent, les meilleures versions sont les UCF et/ou CS et/ou SC.
En même temps, quand on aime beaucoup une distillerie, on peut regretter quand il n'y qu'une ou deux versions officielles (Lagavulin, Craganmore, Glenkinchie, Dalwinnie, Oban, Talisker, Highland Park, Scapa, Caol Ila...).
Dalmore, Jura, me semble au bon point d'équilibre.
- Smokey-Kong
- Maître distillateur

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- Inscription : 21 nov. 2005, 22:44
Re: Gamme idéale de whiskies
Amusant, ce vieux post, merci à David de l'avoir retrouvé ! En 2008, le Lord of the Isles est à 200 €, et amha il va soit augmenter, soit disparaître...Stephane a écrit :alors que l'Ardbeg 1975 - 25 ans est à 100 euros chez mon caviste favori...
Re: Gamme idéale de whiskies
Dans le cas des finitions d'Edradour, d'Arran et dans une moindre mesure Bruichladdich il faut reconnaître que ces distilleries ont besoin de liquidités pour s'en sortir, et on n'est pas obligé d'acheter leurs versions "fantaisistes". Il existe des versions (Arran 10 y 100° proof, Bruichladdich 12 y et 18 y (entre autre) sans parler des Legacy) qui sont bonnes voire très bonnes.
Si ton w est déjà connu, ou qui bénéficie d'un nom prestigieux alors il t'est plus facile de proposer une gamme concise, les clients potentiels connaissent déjà ton produit et ton nom est connu "souvent synonyme de qualité" (ex Ardbeg) en outre et peut être plus important tout dépend de l'état de tes stocks.
Si tu as racheté la distillerie récemment et/ou si tu veux "rentabiliser" ton investissement et/ou si la distillerie était "crevotante" et les gens avait oublié le nom alors tu vas faire une gamme le plus étendu possible de manière à "capturer" le maximum de goûts différents et de rappeler à la mémoire des gens.
Pour en revenir à l'exemple d'Ardbeg et de Bowmore la différence tenait dans le fait la première nommé était en sommeil donc les choix d'embouteillage étaient limité et l'autre avait voulu poussez la production au maximum et donc afin de satisfaire un maximum de gens ils ont multiplié les embouteillages.
Si ton w est déjà connu, ou qui bénéficie d'un nom prestigieux alors il t'est plus facile de proposer une gamme concise, les clients potentiels connaissent déjà ton produit et ton nom est connu "souvent synonyme de qualité" (ex Ardbeg) en outre et peut être plus important tout dépend de l'état de tes stocks.
Si tu as racheté la distillerie récemment et/ou si tu veux "rentabiliser" ton investissement et/ou si la distillerie était "crevotante" et les gens avait oublié le nom alors tu vas faire une gamme le plus étendu possible de manière à "capturer" le maximum de goûts différents et de rappeler à la mémoire des gens.
Pour en revenir à l'exemple d'Ardbeg et de Bowmore la différence tenait dans le fait la première nommé était en sommeil donc les choix d'embouteillage étaient limité et l'autre avait voulu poussez la production au maximum et donc afin de satisfaire un maximum de gens ils ont multiplié les embouteillages.
Master Experimental Blender
Genève
Genève
Re: Gamme idéale de whiskies
Satisfaire un maximum de gens probablement mais aussi un moyen d'élargir le panel potentiel d'acheteur, donc une meilleur rentabilité.pat gva a écrit : et l'autre avait voulu poussez la production au maximum et donc afin de satisfaire un maximum de gens ils ont multiplié les embouteillages.
Celui qui apprécie le 12 ans et qui n'a pas trop les moyens ira vers le 15 ou le 17 et d'autres vers le 18 ou le 20. Une telle gamme permet de
"ratisser" large.
David


