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Distillerie normande Northmaen

Publié : 04 avr. 2007, 16:14
par amor57
Partant en vacances dans ma Normandie natale, j'envisage d'aller visiter la distillerie Northmaen, qui produit entre autres le whisky "Thor Boyo" dont a parlé ici il y a quelques temps.

Quelqu'un a-t-il déjà visité cette distillerie ? Quelqu'un a-t-il goûté ce tord-boyaux ?

Publié : 04 avr. 2007, 16:15
par amor57
P.S. Si certains sont intéressés par des samples pour une prochaine dégustation ...

Publié : 04 avr. 2007, 21:33
par Skyisblue
oui, moi je veux bien tester ce breuvage des dieux

Publié : 04 avr. 2007, 21:46
par amor57
Je t'en ferai passer un sample lorsque j'en aurai récupéré un peu... Pour les modalités en PM.

Publié : 12 avr. 2007, 21:37
par amor57
Quelques nouvelles de la brasserie Northmaen. Eh oui, c'est d'abord et essentiellement une brasserie.

La visite : Déjà il faut trouver le patelin dont le nom est une farce en soi, la Chapelle Saint-Ouen et une fois trouvé le bled (3 maisons) la brasserie est bien indiquée par un pannonceau 10cmx30cm peint à la main. Une visite par semaine. Donc 5 visiteurs dans ce trou paumé c'est déjà pas mal, surtout qu'il y en a qui venaient de loin : 3 Lorrains (non, non ce n'est pas moi qui les avais amenés), 1 Alsacien et 1 Normand. Et une guide qui manifestement préférait la bière au whisky et la consommation à la production.

Bon, donc visite d'une brasserie ouverte il y a une dizaine d'années et qui a commencé avec de matériel de récupération qui provenait de laiteries. La visite présente surtout la fabrication de la bière qui l'activité principale. Ce sont des déboires de production qui ont amené Northmaen à produire du "whisky". La production est épisodique : une fois l'an, lorsque passe l'alambic ambulant qui sert au calva. La production l'an dernier a été de 1000 litres (soit environ 600 lpa). Simple distillation de cervoises titrant 5 à 7% dans un alambic à plateaux. Le whisky est gardé 3 ans en fût de sherry en hangar fermé. Ce qui m'a surpris c'est de voir des fûts grattés pour le stockage. On aurait dit des fûts neufs. Mais la guide m'a assuré que c'étaient des sherry casks. Quant à en demander plus, ce n'était pas la peine d'y espérer une réponse. Vieillissement trois ans et réduction à 42%. L,à par contre, elle a réussi à m'expliquer que les 42% étaient le titre minimum nécessaire pour avoir le droit à l'appellation whisky selon les douanes de Rouen ! Pas question d'envisager une conservation supérieure ou une autre réduction.

La dégustation tournait autour des bières et pour essayer le whisky j'ai eu droit à un gobelet à bière en plastique : autant dire que je n'ai pas vraiment réussi à le tester. Mais c'était peut-être pour me forcer à acheter un flacon. Ce que j'ai fait sans regret, car à 27 euros ce n'est pas trop cher et il faut soutenir la petite entreprise et qu'en plus il n'était pas possible d'avoir des échantillons.

L'impression que cette visite m'a laissée, c'est qu'ils seraient preneurs de tout conseil pour améliorer la qualité de leur whisky, étant qu'ils n'y connaissent manifestement pas grand'chose. Lorsque j'ai parlé de réduction à 46% la guide est tombée des nues : elle ignorait qu'on pouvait réduire à un autre titre que 42%.

En bref, je pense que si on veut une visite intéressante et plus axée sur le whisky, il fait prendre rendez-vous avec le patron qui ce jour-là était de corvée de foire à quelques dizaines de km. Et, dernier point, les bières que j'ai testées m'ont paru de bonne qualité, mais je m'y connais encore moins qu'en whisky.

Publié : 12 avr. 2007, 21:52
par jmputz
J'aime bien le côté folklorique de ce genre de visites. Je pense faire un jour un petit tour du côté de la Normandie. Tu m'as mis l'eau à la bouche.
Intéressant tout de même ces 42°...
Ce passage de la bière au whisky ressemble assez fort à la situation en Ecosse au 18ème siècle... A une époque où devenait impératif de distiller la bière pour des raisons de santé publique. L'hygiène des cuves à bière à ciel ouvert laissant à désirer, il vallait mieux faire chauffer les bouillons de cultures qu'elles contenaient... Mais ce n'est pas à un pharmacien que je dois expliquer ce genre de choses.
Garde toujours un petit fond de ta bouteille. Je pense pouvoir repasser par la Lorraine avec mes sabots un de ces quatre...!