Smokey-Kong a écrit :Une question qui me vient à l'esprit après la lecture du bulletin de JMP, question un peu trop vague pour faire l'objet d'un sondage précis : lorsqu'une distillerie autorise des embouteillages indépendants, j'ai tendance à accumuler bien plus de versions de celles-ci que dans le cas où seuls existent les embouteillages officiels. Exemple : Caol Ila contre Lagavullin ; et même Bunnahabhain contre Bruichladdich, alors que Bruichladdich possède de très nombreux OB différents. La raison à mes yeux en est que les indépendants apportent une véritable variété de styles que les embouteillages officiels ne fournissent pas ; même s'ils essayent de donner le change, une certaine monotonie apparaît.
Avez-vous constaté le même phénomène ? Quelle interprétation en donnez-vous ?
En l'attente de vous lire
Smokey
Il n'y a pas une raison unique a priori.
La première raison que je vois est que les distilleries appartiennent à, ou constituent, des sociétés beaucoup plus importantes que les embouteilleurs indépendants.
Ils ont des marques qui sont demandées dans de nombreux pays. Une version nouvelle suppose donc sauf exception un lot important de fûts homogènes ayant un caractère particulier qui inspirera le nom de la version. C'est plus facile à dire qu'à faire.
Par ailleurs, lorsqu'ils mettent une nouvelle version en vente, ils créent quelquefois une étiquette et un packaging, et mettent en branle une logistique de communication voire de promotion qui crée la demande et la développe, d'où un besoin de volume, ne serait ce que pour amortir le coût de cette communication et de cette création de packaging éventuelle.
Cette logistique est lourde, et suppose du temps. Elle n'est pas souple.
Les indépendants n'ont pas cette taille de débouché, et font des volumes beaucoup plus faibles. (un fût, deux, 3 ou 4 sont les chiffres habituels).
Dès lors, repiquer une étiquette existante à quelques centaines d'exemplaires, faire un mail à ses importateurs pour vendre quelques caisses par ci et par là, envoyer un sample à Jim Murray ou au Maltmaniacs (par exemple) mettre à jous sa liste de prix, ne nécessitent pas de frais, ni un délai, ni une lourde coordination mondiale de communication.
La contrepartie c'est qu'il n'y a que peu de volume disponible.
Le premier bon côté de la chose c'est que l'attention des amateurs est maintenue par un happening permanent.
Nous, par exemple, avons sorti une cinquantaine de "release", depuis 2 ans, (ce n'est pas un record).
Le second bon côté de la chose est qu'il est plus facile de trouver 2 ou trois fûts sympas et homogènes, que 20 ou 100. Nous avons la vie plus facile de ce point de vue aussi.
Voilà des éléments de réponse. Naturellment les situations sont diverses et variées, et je suppose que les contre exemples existent.