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LEDAIG 7 ANS 43% Of.

Publié : 23 mai 2006, 22:18
par Gilles Le Capitaine
Mesdames & Messieurs du ô combien vénérable Forum,
- Je reviens plein d'enthousiasme d'un voyage de 9 superbes journées passées au coeur du Speyside, pas moins de 10 distilleries dont les 2/3 ne sont pas ouvertes au public... Opportunités majeures !
- Tout comme Jean-Marie, le temps de redescendre du "nuage", digérer les émotions, de rassembler les observations, de ré-écouter les bobines de dives informations d'acteurs de l'industrie Whisky, de sélectionner les photos et reprendre les séquences de films, je vous promets courant du mois de juillet de vous livrer des bribes de ma Spéciale " Speyside Mai 2006 "...
Dans l'instant, de mes interventions passées sur le forum, vous pouvez me découvrir physiquement dès maintenant sur le lien suivant : http://www.dugas.fr/degustation.htm

Je présente une édition de la distillerie Tobermory : Ledaig 7 ans 43%,
la connaissez-vous et qu'en pensez-vous ?
Vos avis m'intéressent vivement !
A bientôt pour de nouvelles aventures partagées.
Gilles.

Re: LEDAIG 7 ANS 43% Of.

Publié : 27 mai 2006, 17:23
par bottler
Gilles Le Capitaine a écrit :Mesdames & Messieurs du ô combien vénérable Forum,
- Je reviens plein d'enthousiasme d'un voyage de 9 superbes journées passées au coeur du Speyside, pas moins de 10 distilleries dont les 2/3 ne sont pas ouvertes au public... Opportunités majeures !
- Tout comme Jean-Marie, le temps de redescendre du "nuage", digérer les émotions, de rassembler les observations, de ré-écouter les bobines de dives informations d'acteurs de l'industrie Whisky, de sélectionner les photos et reprendre les séquences de films, je vous promets courant du mois de juillet de vous livrer des bribes de ma Spéciale " Speyside Mai 2006 "...
Dans l'instant, de mes interventions passées sur le forum, vous pouvez me découvrir physiquement dès maintenant sur le lien suivant : http://www.dugas.fr/degustation.htm

Je présente une édition de la distillerie Tobermory : Ledaig 7 ans 43%,
la connaissez-vous et qu'en pensez-vous ?
Vos avis m'intéressent vivement !
A bientôt pour de nouvelles aventures partagées.
Gilles.
Une petite histoire pour éssayer de distraire le peu de visiteurs de ces jours-ci.

Il y a 15 ans de cela environ, je rencontrais Jonathan, jeune commercial enthousiaste qui essayait de trouver un disributeur en France pour ce qui était à l'époque un malt sale, sans caractère, présenté de façon austère, et en plus très cher : j'ai nommé Tobermory (de l'époque).

La nullité du packaging de l'époque était une fidèle image du contenu de cette bouteille digne du calva des "tontons flingueurs", d'ailleurs, y avait peut être de la pomme dedans, mais là, aucun goût net ne surnageait de cette soupe infâme distlllée dans un alambic qui n'avait probablement pas été lavé depuis l'origine, et vieilli dans des fûts sans doute si anciens qu'ils devaient être à la limite d'être reconvertis en pommes de douche, dans un chais où je soupçonnais que des chats se soulageaient de leurs envies post-pandiales, et que fleurissaient des géraniums et autre valérianne ("herbe au chat").

Ce breuvage d'anthologie appelait l'évier, et c'est lui, du reste, qui subit l'épreuve d'absorber les 69,9 cl qui restaient dans la bouteille après que j'eusse commis la folie de déguster le 0,1 cl qui en manquait, puis que j'aie été obligé de finir précipitamment la boîte de bicarbonate entamée de l'armoire à pharmacie, et de ressortir du grenier la poire à lavements de mes grands parents. Que j'aie enfin pris mes jambes à mon cou vers les urgences de l'hôpital le plus proche qui seul, me paraissait compétent pour établir, sinon un diagnostic, du moins un pognostic.

Je fis un rapport de cette dégustation mémorable à Jonathan, dont le physique éthique et le facies blême semblait prouver que, par conscience professionnelle, il procédait régulièrement à la dégustation de ce qu'il essayait de vendre.

La distillerie fut vendue peu de temps après à de nouveaux propriétaires, dont on soupçonne qu'ils étaient de gros actionnaires d'Unilever, et un cargo complet de produits nettoyants adaptés aux situations les plus extrêmes fut envoyé sur place, suivi de près par quelques conteneurs de paille de fer, balais brosses, serpillères, produits anti-chats, désherbants à valérianne et arrache-géraniums. Ces expéditions furent suivies d'une embauche massive de personnel dont on attendait qu'ils soient forts et vigoureux, et que l'on munissait pour la circonstance de pinces à linge afin d'éviter ce que l'on pouvait soupçonner devenir un hécatombe.

Un maître distillateur en blouse blanche fit ensuite son apparition pour essayer de faire donner à ces installations redevenues rutilantes un produit, sinon gastronomique, du moins consommable.

L'homme en fit un point d'honneur et, ayant retrouvé trace de ma corrrespondance avec Johnattan (qui ne faisait plus partie du personnel, ayant été accusé d'être la cause de la mévente de la période antérieure), me fait savoir qu'il voulait mon avis sur ses nouvelles productions.

Je dégustai à l'occasion de mon voyage suivant en Ecosse les premiers drams du "new spirit", non sans qu'auparavant on ait éssayé de me caser les stocks de l'ancien en me faisant croire que c'était du nouveau.

Heureusement, il y avait une plante verte robuste dans le coin de la pièce, qui me remplaça discrètement dans cette épreuve, et qui put déguster à son aise le philtre d'enfer que commettaient les anciens propriétaires. Quelquefois, les animaux et les végétaux supportent ce que les hommes ne suportent pas. Tout ce que je demandais d'ailleurs à mon hotâge à feuilles, c'était de ne pas perdre conscience avant que je sois sorti de la pièce, à lafin des déguqtations.

D'ailleurs, certaines feuilles jaunies me laissaient à penser qu'elle avait déjà consommé ce poison violent, mais il semblait qu'elle s'en remettait, et que, fianlement, elle arrivait à le supporter tant bien que mal.

Le nouveau, par contre, était soyeux, léger, certes, et présentait un note de cet inimittable odeur du marécage tourbeux qui occupe une partie non négligeable de la surface de île de Mull. Original, mais pas désagréable.
Une pointe sucrée améliorait cete ensemble assez onctueux.

Je demandais à mon interlocuteur de me mettre cela en bouteilles dès que la loi l'y autoriserait (les 3 ans règlementaires), tout en lui disant que je ne voulais pas qu'il s'appelle Tobermory, afin de ne pas faire fuir les anciens consommateurs malheureux de ce produit, à supposer qu'il en reste de vivants.

Il me demanda un nom, et, comme je voulais d'être honnête, je lui proposais Ledaig, puisque Johnattan vendait aussi de très anciennes cuvées de cette distillerie, qui portaient le nom de Ledaig. On me proposa de déposer la marque, ce que je refusai, puisque je ne souhaitais pas m'approprier ce qui ne m'appartenais manifestement pas.

Telle est l'origine du flacon dont tu parles aujourd'hui, que je n'ai pas goûté depuis de nombreuses années.

Publié : 27 mai 2006, 18:39
par ttn
Passionnant cette histoire....
Une autre, une autre....
Tony

Publié : 27 mai 2006, 19:21
par bottler
ttn a écrit :Passionnant cette histoire....
Une autre, une autre....
Tony
Et si c'était le tour d'un autre, ou... le tien !

Publié : 27 mai 2006, 20:28
par jmputz
Moi j'en connais sur whiskycircus qui vont être jaloux. Merveilleux récit bottler, c'est vrai, des histoires comme ça, on en redemande volontiers!

Publié : 27 mai 2006, 20:48
par LeBruce
50 kilos de patates, 1 sac de sciure de bois : il te sortait 25 litres de trois étoiles à l'alambic, un vrai magicien Jojo...

Merci Bottler :lol:

Publié : 28 mai 2006, 09:54
par Régis
Je connaissais à peu près l'histoire, mais ce ton "whikycircus" m'a beaucoup fait rire !
Régis

Publié : 28 mai 2006, 23:01
par Soup
Non non bottler nous en a gentiment envoyé une du même acabit, ça fait vraiment plaisir à lire...
J'imagine que Sacha/CielEstBleu notre webestre la mettra en ligne le temps que tout le monde ait eu l'occasion de relire celle de Régis, tout aussi valeureuse 8)

Pour ma part, j'avais juste goûté le Ledaig Caledonian Collection de la série proposée par Serge, bof bof...

Publié : 29 mai 2006, 08:39
par ttn
C'est vrai que la version de Ledaig chez Caledonian Collection est vraiment pas terrible!
Tony

Publié : 29 mai 2006, 09:44
par Soup
Tiens d'ailleurs au passage, c'est qui/quoi Caledonian collection ? J'avais jamais entendu parler de ça avant et après ce Ledaig...

Publié : 29 mai 2006, 22:48
par antoine
superbe, histoire, un plaisir..

Publié : 30 mai 2006, 10:33
par Stephane
Moi je possède depuis qqes temps cette bouteille de Ledaig 7 ans OB que je trouve très très bonne!

Autant je n'accroche pas du tout au Tobermory 10 ans (qu'au passage je ne trouve pas salé du tout), autant je trouve cette version tourbée très appétissante, sur des notes salines/viandées/d'herbes arômatiques.
Et je la conseille à tout le monde vu en plus son prix très correct (un peu moins de 30 euros).

Je l'ai également testée en cuisine pour arroser un roti de porc pendant sa cuisson, et faire un jus avec, et c'était un vrai régal!

Steph

Publié : 30 mai 2006, 12:58
par bottler
Stephane a écrit :Moi je possède depuis qqes temps cette bouteille de Ledaig 7 ans OB que je trouve très très bonne!

Autant je n'accroche pas du tout au Tobermory 10 ans (qu'au passage je ne trouve pas salé du tout), autant je trouve cette version tourbée très appétissante, sur des notes salines/viandées/d'herbes arômatiques.
Et je la conseille à tout le monde vu en plus son prix très correct (un peu moins de 30 euros).

Je l'ai également testée en cuisine pour arroser un roti de porc pendant sa cuisson, et faire un jus avec, et c'était un vrai régal!

Steph
Pour ce qui est du rôti de porc, j'approuve avec Regis, et tu pourra voir ce qu'il pense de ce noble animal quand il est bien préparé sur le site de whisky circus. Bravo pour ta recette.