Petite dégustation des 60's
Publié : 29 oct. 2015, 11:27
Hier soir, vu que je prenais un an de plus, que je me sentais plutôt en forme dégustatoire, et que j'avais même un soupçon de motivation pour prendre des notes, je me suis enfin décidé à ouvrir des samples de whiskys distillés dans les 60's qui trainaient depuis plusieurs années pour certains.
J'ai commencé par un double starter sur deux bouteilles déjà ouvertes depuis quelques temps et que je connais plutôt bien:
Glen Deveron 12yo 40%, Martini – Rossi Nederland NV Rijswijk, 75cl, bottled c1980.
Robe : Vieil Or.
Nez : Fruits secs et pruneaux léger. Noix de cajou. Alcool de raisin. Un peu vineux. Un peu pommadé. Très légèrement poussiéreux. Vieux meuble. Vieux bois précieux. Pot-pourri. Très légère âcreté. De la complexité et de la subtilité.
Bouche : Classieuse, old school, de la rondeur en attaque puis une amertume boisée, mais sans excès. Donne du corps et de la matière à la bouche. Fruits secs. Noyaux de Vernon. Alcool de noix. Des épices.
Finale : Dans le prolongement de la bouche, sur les fruits secs. Etonnement chaleureuse vu le degré d'alcool.
Commentaire : J'ai beau bien connaître ce whisky, en avoir déjà vidé une bouteille et en avoir plusieurs en réserve, je suis toujours étonné du niveau de complexité de ce qui n'est jamais après tout qu'un OB de 12yo et 40%. Alors certes, sherry cask, OBE, tout ça. Mais quand même. Bon, allez, on aimerait quand même bien en avoir un peu plus dans le verre. Qu'est-ce que ça aurait été ne serait-ce qu'à 43% ?
88/100
Tamdhu 15yo 43%, 75cl, Ets Gouin, bottled c1980.
Robe : Vieil or.
Nez : Très subtil, beaucoup de finesse. Pétales de rose. De la fraîcheur. Floral. Fruits exotiques. Orange confite. Sarments de vignes. Zeste de mandarine.
Bouche : Plus ronde et gourmande que ne le laissait supposer le nez. On retrouve les notes perçues au nez, mais en plus expressives.
Finale : Dans le prolongement de la bouche. On retrouve les notes de mandarine. La puissance n'est pas énorme, mais belle longueur.
Commentaire : Beaucoup d'élégance et de subtilité. Oserais-je le qualifier de féminin ? Là encore, on souhaiterait juste avoir un peu plus de force, d'expressivité dans le profil.
88/100
Puis j'ai commencé à taper dans les samples:
Bunnahabhain Duncan Taylor ''Peerless'' 38yo 42.1%, 1968-2006, cak #7010.
Robe : Or jaune.
Nez : Une certaine âcreté tout de suite dominée par les fruits exotiques. Notes pâtissières. Génoise. Pâte d'amande. Jolie pointe acide juste ce qu'il faut. Mousse de fraise. Boudoir. Pommadé. Bois précieux, bois de santal, bois de rose.
Bouche : Attaque en douceur, puis progressivement les saveurs se développent. On retrouve la plupart des notes perçues au nez, très bien fondu. Bel équilibre.
Finale : Ouahou, à la dégustation, on a une sorte d'explosion, comme une fumée qui concentrerait les arômes. L'impression d'avaler la fumée d'un diffuseur d'huiles essentielles.
Commentaire : C'est vraiment très beau, tout ce qu'on espère trouver dans un vieux whisky. Mais le plus bluffant est cette finale si ''concentrée de fumée'' principalement sur les fruits exotiques. Cette finale à elle seule justifierait un 90/100. Mais nez et bouche sont loin de démériter. On reconnait, en quelque sorte, la ''patte'' de la gamme Peerless de Duncan Taylor. Qu'il est difficile de se rincer la bouche pour passer au suivant, alors qu'on aimerait profiter de la rémanence de cette finale.
92/100
Glen Garioch 21yo 43%, 1965, Auxil.
Robe : Entre Or jaune et vieil or.
Nez : Assez fermé au départ, très pommadé. Produit de beauté féminin (crème pour le visage, Nivea). Très subtil. Notes de fruits rouges, sur la fraise, fraise des bois, groseille, framboise. Puis évolue sur des notes florales, pot-pourri léger. Confiture de rose. Garniture de biscuit tartelette/barquette aux fruits rouges. Très légère fraicheur végétale. Mais que cela reste léger et difficile à percevoir et à analyser. Beaucoup de classe et d'élégance. En inspirant à fond, on devine un peu de cerise. Avec le temps, bouffées de feuilles de fraisier. Feu de Bois fruitier ? Ah, que c'est frustrant. On devine tant de belles choses mais qui reste à la limite de la perception olfactive.
Bouche : Plus expressive que le nez, sur les mêmes notes, mais un peu plus convaincantes. Pour autant, cela reste assez fin et subtil.
Finale : Ah, enfin, le voilà qui s'exprime, et fort joliment en plus. Cette finale confirme de fort belle manière ce qu'on devine au nez et qu'on perçoit subtilement en bouche.
Commentaire : Ah, c'est rageant. On devine tellement de belles choses qui ne s'expriment véritablement que dans la très belle finale. A croire que, malgré le temps et l'OBE, un peu trop dilué entre le fut et la bouteille. Brut de fut, il devait être magnifique.
88/100
Glendronach 25yo 43%, 1968.
Robe : Tek.
Nez : Miam. D'entrée de jeu, on a un beau mélange entre fruits rouges et fruits exotiques, sous tendu pas des notes de pruneaux. Du végétal également en arrière-plan, des feuilles de sureau ? Encore plus loin, de jolies notes aigrelettes de vinaigre de xérès. Une sorte de subtil concentré de melon, pastèque. Très très légèrement vineux, entre vieux porto et xérès. Avec le temps, un peu de fruits secs, noix. Vraiment beau, on ne s'en lasse pas, au point d'en oublier de le gouter.
Bouche : Démarre dans la continuité du nez, mais évolue vite sur des fruits rouges à l'eau de vie (cerise, framboise).
Finale : Prolonge tellement bien la bouche qu'il est difficile de percevoir quand finit l'une et quand commence l'autre. Pour autant, c'est une belle finale, de belle longueur, très homogène avec les perceptions du nez et de la bouche.
Commentaire : On connait plus les tonitruants Glendronach 72. Là, on est dans un tout autre esprit, tout en subtilité et complexité. Ça n'en est pas moins bon pour autant.
91/100
Laphroaig Berry Bros 17yo 43%, 1964-1981, 75cl.
Robe : Vieil or, reflet acajou.
Nez : Une légère bouffée de fruits exotiques dans un voile de fumée et puis … plus grand chose. Et puis ça revient petit à petit, mais que c'est fin, que c'est subtil, délétère même, évanescent. En fait, il faut le réveiller en l'aérant énergiquement, et là, le mix fruits exotiques/fumée s'exprime de façon un peu plus évidente ... pendant quelques secondes avant de retomber comme un soufflet. Un léger côté poissonneux, infimement salé, un peu façon Bowmore dumpy 12yo du début des 80's.
Bouche : Concentre un peu plus les saveurs que le nez, mais ça reste encore un peu timide. Avec le temps, c'est le bois et le sel qui se réveillent.
Finale : Dans le prolongement de la bouche, de longueur et puissance moyenne, de plus en plus sur la fumée et ô miracle, un petit peu de tourbe.
Commentaire : Une vraie frustration ce whisky, tant on sent qu'il serait superbe s'il voulait bien se réveiller un peu.
87/100
Dumbarton Clan Denny 40yo 44.3%, 1965-2005, cask #2441.
Robe : Entre or pâle et or jaune.
Nez : Démarre tout de suite sur du vernis et des fruits exotiques, très gourmand et élégant à la fois. Pâtissier sur la génoise, le financier. Potiron. Notes aigrelettes de vinaigre balsamique. Charlotte aux fruits, fraisier.
Bouche : On retrouve le mix du nez, mais en moins gourmand. On sent une infime pointe salée.
Finale : Prolonge la bouche dans un voile de fumée. Puissance contenu et moyennement longue.
Commentaire : Ah, ces whiskys de grain. Qu'ils peuvent être beaux quand ils savent à la fois rester subtils, équilibrés et complexes sans toutefois renier la gourmandise qui les caractérise.
90/100
Bruichladdich JWWW ''Prenzlow Portfolio Collection'' 44.3%, 1966.
Robe : Or jaune.
Nez : Les fruits exotiques sont immédiats et généreux. Note de vinaigre de xérès. Evolue sur la confiture de pétales de rose.
Bouche : On reste sur des notes assez similaires au nez, mais la gourmandise en moins, sans aller jusqu'à parler d'austérité tout de même.
Finale : Commence dans le prolongement de la bouche pour évoluer et rejoindre le nez dans un joli voile de fumée.
Commentaire : Le nez est très plaisant. Peut-être pas d'une complexité folle eu égard à son grand âge, mais c'est un vrai moment de plaisir. En bouche, c'est un peu plus austère.
89/100
Glenlivet Duncan Taylor ''Lonach Collection'' 39yo 44.8%, 1968-2008.
Robe : Entre or pale et or jaune.
Nez : Fruits délicats, floral, vanille très légère. Un peu pomme/poire. Infime note vinaigrée. Mais tout cela est vraiment très léger.
Bouche : On est vraiment sur les même notes que le nez, avec une évolution sur un peu d'amertume et d’âcreté, mais ça reste bien contenu.
Final : Dans le prolongement de la bouche, de longueur moyenne.
Commentaire : C'est plutôt un joli whisky, bien fait, sans grand défaut, mais on attend un peu plus d'un whisky de cet âge-là.
86/100
Tomintoul FW 45yo 48.5%, 1967-2012, Bourbon hogshead.
Robe : Or jaune.
Nez : Entre fruits jaunes et fruits exotiques. Un peu poussiéreux. Epices légères. Ah, du gingembre. Titille un peu plus le nez que ne le laisserait supposer son degré d'alcool. Fruits secs sur la noisette. Noisette verte également. De la fraicheur presque végétale.
Bouche : Attaque en rondeur mais moins expressive que ne le laissait supposer le nez. On reste sur les mêmes notes. Plus fondu et moins complexe également.
Finale : Ah, le profil se réveille de nouveau pour rejoindre le nez … et puis une ou deux secondes après l'ingestion, un bonne vague de chaleur remonte l’œsophage.
Commentaire : Je suis beaucoup plus coutumier des Tomintoul élevés en futs de sherry. Du coup, je suis un peu partagé, même si c’est un plutôt joli whisky.
88/100
Millburn Rare Malts 35yo 51.2%, 1969-2005.
Robe : Or jaune.
Nez : Fruits secs pommadés, sur la noisette.Comme dans tout Rare Malt qui se respecte, l'alcool est perceptible. Des fruits, pomme, mais aussi fruits jaunes et exotiques. Croute de pain. Riz. Poudre d'amande. Un peu pâtissier, sur la pâte feuilletée. Un peu beurré peut-être.
Bouche : Pour le coup, l'alcool est moins présent qu'au nez, même si on sent qu'on a affaire à un brut de fut. On retrouve bien les notes perçues au nez, en un peu plus précis peut-être.
Finale : On reste sur les même notes. Dans un beau voile de fumée. Les fruits s'expriment mieux.
Commentaire : C'est bel et bien un Rare Malt sans aucun doute, même si c'est loin d'être le plus brutal de la bande. Toutes proportions gardées, il est plutôt agréable. Toutefois, ça reste assez austère, mais sans être dénué d'une certaine classe. Puissant plus par l'alcool que pas le profil.
L'ajout de quelques gouttes d'eau ne lui fait absolument rien. Tout juste si la perception de l'alcool s'émousse un peu.
87/100
Garnheath Douglas Laing ''Old Grain Cask'' 40yo 51.6%, 1969-2009, cask #5540.
Robe : Or jaune.
Nez : Banane verte. L'alcool se fait sentir par de la fraicheur. Légère pointe de sel. Un peu végétal. Vanille et noix de coco très légères. Croute de pain un peu rassie. Poudre d'amande. Légèrement floral. Des fruits secs, noix, noix de cajou, noix de pécan.
Bouche: Huileux, de la rondeur. Enveloppe un peu trop les saveurs qui restent dans la lignée du nez. On devine l'alcool, mais pas de façon déplaisante.
Finale : Dans le prolongement de la bouche. Un peu d'amertume.
Commentaire : On retrouve bien les saveurs et arômes classiques d'un grain, mais sans gourmandise. En fait, il frôle plutôt l'austérité. Quelques gouttes d'eau l'effondrent complètement.
86/100
Glenfarclass ''The Family Casks'' 42yo 60%, 1965-27/02/2007, Sherry butt #3861.
Robe : Tek.
Nez : Du gros sherry. Démarre sur des fruits rouge mêlés à de la rhubarbe. Légère note de caoutchouc. On perçoit légèrement l'alcool mais pas au point de ce qu'on pourrait s'attendre vu le degré annoncé.
Bouche : Attaque très ronde, très dense, très concentrée. Au point qu'on a du mal à percevoir vraiment les saveurs. Le boisé est bien présent, à la limite de mon seuil de tolérance. Astringent également, mais là encore, pas au point d'être désagréable ;
Finale : Dans le prolongement, surtout sur la fumée, les saveurs et arômes passent en arrière-plan.
Commentaire : Toujours étonnant de voir un tel degré d'alcool dans un whisky de cet âge. Malheureusement, là, on atteint le point de déséquilibre, même si on devine de belles choses. L'ajout d'eau n'a aucun effet. Nécessite sans doute un grand temps d'ouverture.
86/100
J'ai commencé par un double starter sur deux bouteilles déjà ouvertes depuis quelques temps et que je connais plutôt bien:
Glen Deveron 12yo 40%, Martini – Rossi Nederland NV Rijswijk, 75cl, bottled c1980.
Robe : Vieil Or.
Nez : Fruits secs et pruneaux léger. Noix de cajou. Alcool de raisin. Un peu vineux. Un peu pommadé. Très légèrement poussiéreux. Vieux meuble. Vieux bois précieux. Pot-pourri. Très légère âcreté. De la complexité et de la subtilité.
Bouche : Classieuse, old school, de la rondeur en attaque puis une amertume boisée, mais sans excès. Donne du corps et de la matière à la bouche. Fruits secs. Noyaux de Vernon. Alcool de noix. Des épices.
Finale : Dans le prolongement de la bouche, sur les fruits secs. Etonnement chaleureuse vu le degré d'alcool.
Commentaire : J'ai beau bien connaître ce whisky, en avoir déjà vidé une bouteille et en avoir plusieurs en réserve, je suis toujours étonné du niveau de complexité de ce qui n'est jamais après tout qu'un OB de 12yo et 40%. Alors certes, sherry cask, OBE, tout ça. Mais quand même. Bon, allez, on aimerait quand même bien en avoir un peu plus dans le verre. Qu'est-ce que ça aurait été ne serait-ce qu'à 43% ?
88/100
Tamdhu 15yo 43%, 75cl, Ets Gouin, bottled c1980.
Robe : Vieil or.
Nez : Très subtil, beaucoup de finesse. Pétales de rose. De la fraîcheur. Floral. Fruits exotiques. Orange confite. Sarments de vignes. Zeste de mandarine.
Bouche : Plus ronde et gourmande que ne le laissait supposer le nez. On retrouve les notes perçues au nez, mais en plus expressives.
Finale : Dans le prolongement de la bouche. On retrouve les notes de mandarine. La puissance n'est pas énorme, mais belle longueur.
Commentaire : Beaucoup d'élégance et de subtilité. Oserais-je le qualifier de féminin ? Là encore, on souhaiterait juste avoir un peu plus de force, d'expressivité dans le profil.
88/100
Puis j'ai commencé à taper dans les samples:
Bunnahabhain Duncan Taylor ''Peerless'' 38yo 42.1%, 1968-2006, cak #7010.
Robe : Or jaune.
Nez : Une certaine âcreté tout de suite dominée par les fruits exotiques. Notes pâtissières. Génoise. Pâte d'amande. Jolie pointe acide juste ce qu'il faut. Mousse de fraise. Boudoir. Pommadé. Bois précieux, bois de santal, bois de rose.
Bouche : Attaque en douceur, puis progressivement les saveurs se développent. On retrouve la plupart des notes perçues au nez, très bien fondu. Bel équilibre.
Finale : Ouahou, à la dégustation, on a une sorte d'explosion, comme une fumée qui concentrerait les arômes. L'impression d'avaler la fumée d'un diffuseur d'huiles essentielles.
Commentaire : C'est vraiment très beau, tout ce qu'on espère trouver dans un vieux whisky. Mais le plus bluffant est cette finale si ''concentrée de fumée'' principalement sur les fruits exotiques. Cette finale à elle seule justifierait un 90/100. Mais nez et bouche sont loin de démériter. On reconnait, en quelque sorte, la ''patte'' de la gamme Peerless de Duncan Taylor. Qu'il est difficile de se rincer la bouche pour passer au suivant, alors qu'on aimerait profiter de la rémanence de cette finale.
92/100
Glen Garioch 21yo 43%, 1965, Auxil.
Robe : Entre Or jaune et vieil or.
Nez : Assez fermé au départ, très pommadé. Produit de beauté féminin (crème pour le visage, Nivea). Très subtil. Notes de fruits rouges, sur la fraise, fraise des bois, groseille, framboise. Puis évolue sur des notes florales, pot-pourri léger. Confiture de rose. Garniture de biscuit tartelette/barquette aux fruits rouges. Très légère fraicheur végétale. Mais que cela reste léger et difficile à percevoir et à analyser. Beaucoup de classe et d'élégance. En inspirant à fond, on devine un peu de cerise. Avec le temps, bouffées de feuilles de fraisier. Feu de Bois fruitier ? Ah, que c'est frustrant. On devine tant de belles choses mais qui reste à la limite de la perception olfactive.
Bouche : Plus expressive que le nez, sur les mêmes notes, mais un peu plus convaincantes. Pour autant, cela reste assez fin et subtil.
Finale : Ah, enfin, le voilà qui s'exprime, et fort joliment en plus. Cette finale confirme de fort belle manière ce qu'on devine au nez et qu'on perçoit subtilement en bouche.
Commentaire : Ah, c'est rageant. On devine tellement de belles choses qui ne s'expriment véritablement que dans la très belle finale. A croire que, malgré le temps et l'OBE, un peu trop dilué entre le fut et la bouteille. Brut de fut, il devait être magnifique.
88/100
Glendronach 25yo 43%, 1968.
Robe : Tek.
Nez : Miam. D'entrée de jeu, on a un beau mélange entre fruits rouges et fruits exotiques, sous tendu pas des notes de pruneaux. Du végétal également en arrière-plan, des feuilles de sureau ? Encore plus loin, de jolies notes aigrelettes de vinaigre de xérès. Une sorte de subtil concentré de melon, pastèque. Très très légèrement vineux, entre vieux porto et xérès. Avec le temps, un peu de fruits secs, noix. Vraiment beau, on ne s'en lasse pas, au point d'en oublier de le gouter.
Bouche : Démarre dans la continuité du nez, mais évolue vite sur des fruits rouges à l'eau de vie (cerise, framboise).
Finale : Prolonge tellement bien la bouche qu'il est difficile de percevoir quand finit l'une et quand commence l'autre. Pour autant, c'est une belle finale, de belle longueur, très homogène avec les perceptions du nez et de la bouche.
Commentaire : On connait plus les tonitruants Glendronach 72. Là, on est dans un tout autre esprit, tout en subtilité et complexité. Ça n'en est pas moins bon pour autant.
91/100
Laphroaig Berry Bros 17yo 43%, 1964-1981, 75cl.
Robe : Vieil or, reflet acajou.
Nez : Une légère bouffée de fruits exotiques dans un voile de fumée et puis … plus grand chose. Et puis ça revient petit à petit, mais que c'est fin, que c'est subtil, délétère même, évanescent. En fait, il faut le réveiller en l'aérant énergiquement, et là, le mix fruits exotiques/fumée s'exprime de façon un peu plus évidente ... pendant quelques secondes avant de retomber comme un soufflet. Un léger côté poissonneux, infimement salé, un peu façon Bowmore dumpy 12yo du début des 80's.
Bouche : Concentre un peu plus les saveurs que le nez, mais ça reste encore un peu timide. Avec le temps, c'est le bois et le sel qui se réveillent.
Finale : Dans le prolongement de la bouche, de longueur et puissance moyenne, de plus en plus sur la fumée et ô miracle, un petit peu de tourbe.
Commentaire : Une vraie frustration ce whisky, tant on sent qu'il serait superbe s'il voulait bien se réveiller un peu.
87/100
Dumbarton Clan Denny 40yo 44.3%, 1965-2005, cask #2441.
Robe : Entre or pâle et or jaune.
Nez : Démarre tout de suite sur du vernis et des fruits exotiques, très gourmand et élégant à la fois. Pâtissier sur la génoise, le financier. Potiron. Notes aigrelettes de vinaigre balsamique. Charlotte aux fruits, fraisier.
Bouche : On retrouve le mix du nez, mais en moins gourmand. On sent une infime pointe salée.
Finale : Prolonge la bouche dans un voile de fumée. Puissance contenu et moyennement longue.
Commentaire : Ah, ces whiskys de grain. Qu'ils peuvent être beaux quand ils savent à la fois rester subtils, équilibrés et complexes sans toutefois renier la gourmandise qui les caractérise.
90/100
Bruichladdich JWWW ''Prenzlow Portfolio Collection'' 44.3%, 1966.
Robe : Or jaune.
Nez : Les fruits exotiques sont immédiats et généreux. Note de vinaigre de xérès. Evolue sur la confiture de pétales de rose.
Bouche : On reste sur des notes assez similaires au nez, mais la gourmandise en moins, sans aller jusqu'à parler d'austérité tout de même.
Finale : Commence dans le prolongement de la bouche pour évoluer et rejoindre le nez dans un joli voile de fumée.
Commentaire : Le nez est très plaisant. Peut-être pas d'une complexité folle eu égard à son grand âge, mais c'est un vrai moment de plaisir. En bouche, c'est un peu plus austère.
89/100
Glenlivet Duncan Taylor ''Lonach Collection'' 39yo 44.8%, 1968-2008.
Robe : Entre or pale et or jaune.
Nez : Fruits délicats, floral, vanille très légère. Un peu pomme/poire. Infime note vinaigrée. Mais tout cela est vraiment très léger.
Bouche : On est vraiment sur les même notes que le nez, avec une évolution sur un peu d'amertume et d’âcreté, mais ça reste bien contenu.
Final : Dans le prolongement de la bouche, de longueur moyenne.
Commentaire : C'est plutôt un joli whisky, bien fait, sans grand défaut, mais on attend un peu plus d'un whisky de cet âge-là.
86/100
Tomintoul FW 45yo 48.5%, 1967-2012, Bourbon hogshead.
Robe : Or jaune.
Nez : Entre fruits jaunes et fruits exotiques. Un peu poussiéreux. Epices légères. Ah, du gingembre. Titille un peu plus le nez que ne le laisserait supposer son degré d'alcool. Fruits secs sur la noisette. Noisette verte également. De la fraicheur presque végétale.
Bouche : Attaque en rondeur mais moins expressive que ne le laissait supposer le nez. On reste sur les mêmes notes. Plus fondu et moins complexe également.
Finale : Ah, le profil se réveille de nouveau pour rejoindre le nez … et puis une ou deux secondes après l'ingestion, un bonne vague de chaleur remonte l’œsophage.
Commentaire : Je suis beaucoup plus coutumier des Tomintoul élevés en futs de sherry. Du coup, je suis un peu partagé, même si c’est un plutôt joli whisky.
88/100
Millburn Rare Malts 35yo 51.2%, 1969-2005.
Robe : Or jaune.
Nez : Fruits secs pommadés, sur la noisette.Comme dans tout Rare Malt qui se respecte, l'alcool est perceptible. Des fruits, pomme, mais aussi fruits jaunes et exotiques. Croute de pain. Riz. Poudre d'amande. Un peu pâtissier, sur la pâte feuilletée. Un peu beurré peut-être.
Bouche : Pour le coup, l'alcool est moins présent qu'au nez, même si on sent qu'on a affaire à un brut de fut. On retrouve bien les notes perçues au nez, en un peu plus précis peut-être.
Finale : On reste sur les même notes. Dans un beau voile de fumée. Les fruits s'expriment mieux.
Commentaire : C'est bel et bien un Rare Malt sans aucun doute, même si c'est loin d'être le plus brutal de la bande. Toutes proportions gardées, il est plutôt agréable. Toutefois, ça reste assez austère, mais sans être dénué d'une certaine classe. Puissant plus par l'alcool que pas le profil.
L'ajout de quelques gouttes d'eau ne lui fait absolument rien. Tout juste si la perception de l'alcool s'émousse un peu.
87/100
Garnheath Douglas Laing ''Old Grain Cask'' 40yo 51.6%, 1969-2009, cask #5540.
Robe : Or jaune.
Nez : Banane verte. L'alcool se fait sentir par de la fraicheur. Légère pointe de sel. Un peu végétal. Vanille et noix de coco très légères. Croute de pain un peu rassie. Poudre d'amande. Légèrement floral. Des fruits secs, noix, noix de cajou, noix de pécan.
Bouche: Huileux, de la rondeur. Enveloppe un peu trop les saveurs qui restent dans la lignée du nez. On devine l'alcool, mais pas de façon déplaisante.
Finale : Dans le prolongement de la bouche. Un peu d'amertume.
Commentaire : On retrouve bien les saveurs et arômes classiques d'un grain, mais sans gourmandise. En fait, il frôle plutôt l'austérité. Quelques gouttes d'eau l'effondrent complètement.
86/100
Glenfarclass ''The Family Casks'' 42yo 60%, 1965-27/02/2007, Sherry butt #3861.
Robe : Tek.
Nez : Du gros sherry. Démarre sur des fruits rouge mêlés à de la rhubarbe. Légère note de caoutchouc. On perçoit légèrement l'alcool mais pas au point de ce qu'on pourrait s'attendre vu le degré annoncé.
Bouche : Attaque très ronde, très dense, très concentrée. Au point qu'on a du mal à percevoir vraiment les saveurs. Le boisé est bien présent, à la limite de mon seuil de tolérance. Astringent également, mais là encore, pas au point d'être désagréable ;
Finale : Dans le prolongement, surtout sur la fumée, les saveurs et arômes passent en arrière-plan.
Commentaire : Toujours étonnant de voir un tel degré d'alcool dans un whisky de cet âge. Malheureusement, là, on atteint le point de déséquilibre, même si on devine de belles choses. L'ajout d'eau n'a aucun effet. Nécessite sans doute un grand temps d'ouverture.
86/100