Merci pour ce post et pour vos commentaires !
Très heureux que ce livre d'initiation au monde des rhums intéresse aussi bien les amateurs de rhum que de whisky.
J'ai souhaité faire une photographie honnête du monde du rhum, en particulier des rhums de dégustation, un livre de poche pour mettre le rhum à la bouche.
Je suis le premier à reconnaître qu'il y a bien plus à raconter sur le rhum et c'est pour cela que j'ai créé le magazine Rumporter. Ce livre a pour intérêt de remettre les choses à plat et de parler des différents aspects du rhum et de bien comprendre les rhums, en complément des différentes histoires générales du rhum qui existent déjà. L'intérêt de cette collection est justement de partir d'un produit, de l'intérêt du consommateur pour en apprendre davantage sur ces produits et la catégorie en général. Finalement, on peut le lire dans l'ordre que l'on veut et j'ai souhaité donner assez de profondeur dans les explications et créer des rebonds entre les pages pour qu'on aie envie de le relire ou de le reconsulter lors d'une dégustation ou pour un achat. A lire les différents commentaires ici et ailleurs, j'y suis apparemment parvenu
Pour ce qui est des informations techniques, je me suis efforcé d'indiquer la distillerie, la provenance ou le producteur quand c'est possible mais il y a déjà sur ces points des difficultés que j'ai d'ailleurs soulevées. Beaucoup sont des marques, le rhum est un monde d'assemblage et les eaux-de-vie voyagent beaucoup, donc la traçabilité n'est pas toujours évidente, ni la transparence des producteurs. Nous sommes aux antipodes des whiskies écossais et de la logique des single malts, c'est certain !
Quant à indiquer l'âge d'une solera, c'est une chose encore plus ardue : ma démarche est fondée sur des faits et des chiffres vérifiables, et je n'ai pas souhaité reprendre des données de producteurs invérifiables par ailleurs : âge minimal, âge moyen ou âge estimé par le goût ? Car il y a bien des façons différentes de vieillir les rhums. Pour la matière première, elle est indiquée le plus souvent dans le texte, et je n'ai pas souhaité l'indiquer dans un tableau car une même marque ou un producteur peut utiliser différentes matières premières, même pour une seule cuvée, sans parler de méthodes de distillation et de fermentation différentes... cela aurait compliqué l'approche, or le livre se veut avant tout initiatique même si des passionnés y trouveront des infos utiles. Et il y a mélasse et mélasse, de la blackstrap à la plus riche de première extraction sans parler des High Test Molasses ! Et un agricole est traditionnel, c'est industriel qui s'oppose à ce terme plus exactement même si 99% des amateurs font la faute.
Pour les traditions, française, anglaise, espagnole... c'est une réduction simpliste même si elle a une certaine utilité pédagogique voire commerciale parfois. J'en parle pour rassurer certains lecteurs mais n'ai pas voulu systématiser car c'est difficilement classifiable en réalité. Français, ça correspond à la colonne (souvent Savalle) mais quid des alambics dans ce cas, comme chez Saint James ou Bielle (Rhum Rhum) ? Et on trouve une colonne Savalle au Demerara également, c'est français alors ? Ou alors français veut dire agricole mais cela ne représente que 45% de notre production de rhum, donc est-ce bien juste, sans parler de la cachaça qui est élaborée avec du jus frais (moins de 24h) ? Et quand on regarde dans le détail, le Venezuela utilise aussi bien pot still que colonne, donc c'est espagnol ou anglo-espagnol comme le suggère Tito Cordero ? Mais alors, quid d'Appleton en Jamaïque qui fait de même, c'est de tradition anglaise ou espagnole ? Quant aux adjuvants, j'en parle quand cela a été prouvé comme dans le cas de Matusalem ou Legendario, pour le reste, on peut avoir des soupçons et c'est parfois évident mais pas prouvé ou alors est-ce indétectable tout simplement. Même dans 10 ans je ne suis pas certain de pouvoir répondre à cette question sur ces 101 rhums !
Bref c'est l'histoire de nombreux autres spiritueux, certains ont établi de véritable charte nationale comme en Ecosse ou aux USA mais avec autant de producteurs différents dans le monde, très peu de règlementations existent, sauf peut-être en France ou une véritable AOC a vu le jour en Martinique et a inspiré d'autres pays comme le Venezuela notamment.
En tout cas, cela me fait très plaisir de revenir sur ce forum après tant d'années !
A très bientôt,
Alexandre Vingtier