Recupéré ma commande chez WhiskyBase.shop:




Puis, choppée par Duncan Idaho et mulée jusqu'à Paris par Greg_0277 (rencontre super sympa à St Lazare, même si de courte durée):
Me suis goûté tout ça une première fois samedi soir, dans l'ordre suivant (par % croissant, en fait):
- Säntis Malt "Edition Säntis" NAS 40%, matured in old oak beer cask: J'ai pris ça un peu au pif, après avoir discuté avec Greg de la version tourbée (voire ci-après) lorsque nous avons fait notre commande groupée. J'ai vu qu'il y avait des fioles de 20cl de deux expression de cette distillerie Suisse, et vu le tarif, j'ai trouvé que ça pouvait être amusant de voir ce que pouvait apporter une maturation en fut de biere. Et le fait est que la biere, elle est bel et bien là. Dés l'ouverture de la bouteille déjà, on s'en prend une pleine bouffée, l'impression qu'on vient de décapsuler une Pils ou un Lager. Ne révons pas, point d'IPA plein de fruits exotiques ou de stout remplie de café. Non, là, on est sur quelque chose de plus léger, de plus frais, végétal, voire un peu floral. Une fois dans le verre, au nez, ce côté bière s''estompe beaucoup pour quasiment disparaître et laiss la place à, encore une fois, quelque chose de léger, floral, assez frais, végétal. En fait, ça fait penser aux alpages, ce qui assez amusant compte tenu de l'origine de ce whisky. C'est plutôt bien équilibré, homogène, fondu. En bouche, c'est tout d'abord extrêment rond et huileux. Et au niveau des saveurs, c'est là que reviennent en force tous les arômes de bière, avec une amertume caractéristique, et toujours dans cette univers Pils/Lager voire biere blanche. Un peu comme de boire une bière sans bulle. C'est quand même un peu spécial, déroutant, mais pas mauvais pour autant.
- Bunnahabhain Rieger's Selection 1977 49.7%, csk #7865: Achetée au pif, à l'intuition. Un Bunna de 77, SC, apparemment BdF (vu le % par rapport à l'âge), me semble que WB donnait un embouteillage en 2006 dans le descriptif. Et avec une robe pareil, et compte tenu d'un tarif plutôt bas, j'ai tenté le coup. Et bien m'en a pris. Le nez est d'entrée de jeu vraiment très beau, sur un combo de fruits très fondu, plutôt exotique et aggrummiques, d'une grande finesse et précis à la fois, avec une petite pointe entre épice et boisé qui me fait craindre pour la bouche. Et effectivement, en bouche, si on retrouve bien la très belle note fruitée, on retrouve également cette pointe assez marqué, mais qui bascule plus sur les épices que sur le boisé, donnant de plus un côté presque pétillant. Ca n'en reste pas moins un très beau whisky, et à ce prix là, un rapport q/p vraiment étonnant rien que pour le nez, et vu qu'en bouche, c'est pas mal non plus.
- Säntis Malt "Edition Dreifaltigkeit" Cask Stregth Peated NAS 52%, matured in old oak beer cask: En lisant les commentaires de Serge, je m'attendais à un sacré rodéo avec ce whisky, mais j'étais bien en deça de la vérité. Au nez, c'est extrêment puissant, et plus que de la tourbe, c'est une fumée, ou plutôt DU fumé, très envahissante. On est complètement sur un mix feu de joie de bois flotté sur la plage et BBQ, genre ventrêche/chipolata presque trop cuite, quand y'a une croute noire charbonneuse. Ca sent aussi et surtout comme les vêtements le lendemain d'un feu de camp. Très très viandé également, et salé. En bouche, c'est pareil, voire "pire". C'est vraiment très extrême comme truc, complètement décalé, d'une puissance organoleptique phénoménale. Et bien sur, à ce niveaux là, les "pauvres" 52% ne sont absolument pas perceptibles tant on est de toute façon complètement submergé par le profil. Je suis bien contant d'avoir croisé ce truc une fois dans ma vie -et j'y reviendrais avec amusement et curiosité-, je ne regrette pas du tout cet achat ... mais en même temps, je suis bien content de n'en avoir que 20cl. Très difficile à faire passer également, ça reste longtemps.
- Lp4 Speciality Drinks "Elements Of Islay" NAS 54.8%: Pouah ! le premier nez est très très bizare, bancal même, une espéce de poussière cendreuse très pommadée, jamais croisé un truc de ce genre dans aucun Laphroaig que ce soit en OB ou IB. Ca se développe ensuite un peu sur une tourbe très crasseuse et grasse. En bouche, on retrouve cette tourbe empesante, âcre qui rappelle fortement la ribambelle de Bunahabhain 97 tourbés sortis il y a quelques années par pas mal d'enbouteilleurs. A ce stade, je regrète cet achat, tout juste si j'arrive à me retenir de balancer le reste du verre à l'évier. Puis, en analysant un peu mieux, j'y trouve des notes viandées fumées qui ne sont pas sans me rappeller le whisky précédent. Tiens, tiens.
- Mortlach W.I.N. First Cask 15yo 55.9%, 02/06/1997-04/04/2013, Re-Rack Sherry Hogshead #7195, 285 Bottles: Un joli nez fruité, vraiment pas mal du tout, qui se retrouve en bouche avec un côté presque pétillant. C'est bien sympa, mais je reste malgrès tout sur ma faim, tant j'attend plus d'un Mortlach sherry SC BdF. Serait-ce ma première (relative) déception chez cet embouteilleur ?
- Tobermoray (Ledaig) W.I.N. First Cask 7yo 62.1%, 08/11/2005-05/04/2013, Bourbon Hogshead #8000049, 300 Bottles: Oulah ! c'est très fermier ça. Ledaig est souvent fermier, mais pas à ce point là, on dirait plutôt unjeune Port Charlotte MoS, ou pire, un Ardmore 92, sur le côté sale de la ferme. Du sel aussi, gos paquet de tourbe et si on ne les sent pas au nez, en bouche, les plus de 62% sont bel et bien là, même si ce n'est pas agressif. En tout cas, ça dépote sévère, y'a des watts. Pour autant, là encore, à ce niveau, c'est une semi déception, j'attends plus de finesse, de complexité et d'équilibre de ces jeunes Ledaig.
Ce set me laisse un peu perplexe. Même si on est jamais sur de ce sur quoi on va tomber, les ressentis ne sont pas en phase avec ce que l'on est en droit d'atttendre pour ces trois derniers whiskys non seulement au niveau qualitatif, mais tout simplement sur le profil même. Je subbodore à ce stade que ce set a été très perturbé par ce diabolique Säntis tourbé (et peut-être même de façon plus subtil par le premier Säntis et ses arômes de bière).
Du coup, je décide de récidiver le lendemain, en excluant les deux Säntis et en changeant l'ordre de passage en fonction de mon ressenti.
- Lp4: Je décide de commencer par ce whisky, car il m'est apparu la veille comme très influençable par ce qui le précède dans un set. Et là, ouf, ça n'a rien à voir. Le nez est un peu coincé par l'alcool, mais on sent bien la tourbe, et une vrai belle tourbe comme Laph' sait nous la donner. La bouche est dans le prolongement. Avec un peu d'eau, c'est mieux, tant au nez qu'en bouche, les agrummes se réveillent enfin. Encore un peu d'eau, c'est encore mieux, et ainsi de suite. J'ai du lui rajouter quatre fois de l'eau et à chaque fois il s'est amélioré, se rapporchant chaque fois plus de mon Laga 12yo SR. Un remarquable nageur.
- Ledaig: Ah, là aussi, c'est bien mieux. Si le côté fermier est toujours là, il est bien plus discret et laisse la place à de belles notes de fruit. De plus, dans la ferme on est passé de la porcherie à l'étable, ce qui un plus indéniable. Là aussi, le combo tourbe/agrumme rappelle ce qui se fait de mieux chez les jeunes Laga et laph BdF.
- Mortlach: Et hop, et de trois. Le nez est une très belle corbeille de fruits, éxotiques et agrummes, acidulés, non dénué d'une certaine vivacité qui précise le profil. La bouche est à l'avenant avec un alcool perceptible mais pas du tout agressif ni même génant. C'est vraiment très beau, un vrai régal, qui supporte plutôt bien l'eau, lui aussi, même si ça influ finalement assez peu sur le profil.
- Bunnahabhain: J'ai hésité longuement quand à l'ordre de passage entre celui-i et le Mortlach, craignant une puissance écrasante de ce dernier. Que nenni, ce vénérable Bunnah est tellement complet, il a une telle présence, bien que tout en finesse et en équilibre, qu'il s'exprime pleinement sans aucune restrcition. Le nez est décidément très très beau, sur les fruits, à la fois la vivacité du cru, et un côté légèrement compoté, voire presque confis. Et en même temps, ce côté waxy de vieux meuble ciré. On sent la vénérabilité, mais tout en conservant une pointe de vivacité, qui ne le rend pas compassé comme certains vieux malts. En bouche, toujours cette pointe d'épice, tirant très légèrmement sur le boisé vient corsé le tout. On sent qu'il a été retiré du fut juste à temps avant de se faire dévorer par le bois. Peut-être même quelques anées de moins l'auraient-elles rendu encore plus splendide. C'est top.
Moralité, ces deux Säntis, et en pariculier le tourbé, sont des destructeurs de set.
Prévoir de toujour les passer à la fin, car j'ai bien peur que rien ne puisse passer après.