Intrigué par l'avis de Pompix sur Redbreast, l'envie m'a prit d'un voyage en Irlande:
Bushmills OB « The Original » 40% :
Robe : Or pale
Nez: Léger mais agréable, sur le fruit. Puis vient du bois blanc sec.
Bouche : Onctueux, incroyablement doux. De la poire, avec un peu de pêche.
Finale : Légère, mais moyennement longue, boite de conserve ayant contenu des fruits (pêches) au sirop.
C’est la bouteille que je possède depuis le plus longtemps. Bien avant que je m’intéresse au whisky. Je dois l’avoir depuis environ 12 ans (porte encore la mention « groupe Pernod » au verso), et elle est presque vide (~10cl). Ca explique sans doute en partie qu’il soit aussi doux et aussi peu alcooleux.
Bushmills OB « Black Bush » Oloroso Sherry Cask 40%:
Robe: Caramel, du, d’une part, sans doute au Sherry et, d’autre part, à l’adjonction de caramel de coloration : c’est écrit sur l’étiquette (sont honnêtes au moins chez Busmills).
Nez : Le nez est très proche du précédent, mais en plus corsé, plus « épicé ». Même le bois semble plus exotique.
Bouche : La encore, la bouche est dans la même lignée que le précédent mais en plus expressif. On est plus sur l’eau de vie de poire. Le tout est sous-tendu par une légère note de fumée et de cendre. Légère influence du sherry ?
Finale : Fumé et cendre se développent d’avantage..
Ces deux versions sont assez proches. Par conséquent, amha, préférer le Black Bush, pas beaucoup plus cher, mais au caractère plus affirmé.
Bushmills OB Single Malt 10yo, Matured in two woods, .
Robe: Vieil or. La aussi, ils ont laissé tomber du caramel dedans.
Nez : Décidément, il y a toujours cette impression de bois blanc sec (cagette, hetre, balsa, …). J’ai l’impression de revenir à mes jeunes années de modéliste. Du fruit aussi, mais plus sucré. La ou les deux étaient plutôt sur la poire Williams et l’eau de vie de poire, là on va plutôt sur la poire Conférence, sur la pomme, le poiret, le cidre, le pommeau.
Bouche : Oulah, déception, ça ne correspond pas du tout à mes souvenirs. On a l’impression de mâcher du bois, ou du papier, des notes soufrées qui n’arrangent rien. Saponifiant. Bien sur, y’a toujours un peu de fruit, mais du coup, difficile de l’identifier.
Finale : Moyenne, en prolongement de la bouche, le savon surtout.
Voilà bien une déception. Ce whiskey m’avait agréablement surpris à l’ouverture, mais là, c’est pas terrible. A confirmer, dés fois que je sois dans un mauvais jour.
Tullamore Dew OB 12yo carafe céramique 43%:
Robe: Or pale
Nez: Organique, cuir, un peu de fruit vient agrémenter ce nez presque musqué. Un peu métallique, façon viande fraîche crue.
Bouche : Onctueux. Etonnamment, ce blend fait penser à un sherry cask. Des fruits secs (noix, noix de cajou, noisette, …).
Finale : Moyenne, dans le prolongement de la bouche.
C’est une petite curiosité … dont il n’est pas du tout grave de se passer.
Attention, pour un blend, c’est pas mal, mieux en tout cas que les virilisateurs de coca qu’on trouve en GMS.
Anecdote : C’est un de mes derniers gains sur Whiskyauction. Ce lot de bouteille à eu bien froid durant leur trajet. Celle-ci avait un problème de bouchon : il était tellement collé que je n’ai pas pu le ravoir, obligé de le détruire pour accéder au contenu. A l’ouverture, ce whiskey avait des relents désagréables, sur la poubelle, viande avariée, relents d’égouts … Bref, pas engageant. Je l’ai transvasé histoire de l’assurer qu’il n’y avait rien d’indésirable dedans (morceaux de bouchon ou autres), mais l’intérieur était nickel. La bouche confirmait le nez.
Il s’est donc bien amélioré jusqu’à en devenir intéressant. Ouf.
Inishowen OB 40% :
Robe : Or pale.
Nez: Le nez est tellement léger qu’il ne me raconte presque rien. Tout juste un murmure que j’ai bien du mal à entendre. Subtilement organique peut-être ?
Bouche : Onctueux, un poil alcooleux sur le bout de la langue. Pas beaucoup plus bavard que le nez. Il y a pourtant bien quelque chose de pas désagréable, mais quoi ?
Finale : peut-être le plus expressif, sur de la fumée.
Bizarrement, ce whisky se prétend « le premier et unique whiskey blend d’Irlande qui soit tourbé ». Ah bon ???? Lui aussi m’avait laissé un souvenir positif lors des précédentes dégustations (mais jamais sur la tourbe).
Ps :Ah si, finalement, c’est un pépère à qui il faut du temps, et dans mon super verre cocotte minute pour laisser échapper un vague relent de tourbe sèche extrêmement fugitif.
Clonmel old & mellow « The Celtic Whisky Cie » single malt 40% :
Robe: Or Pale
Nez: Fruit (prune ?), bonbon acidulé, sous-tendu par une fumée organique (charcuterie ?) et en même temps pâtissier (génoise, charlotte au fruits). J’aime bien ce nez.
Bouche : Moins onctueuse, plus aqueuse que les précédents. La bouche est assez fidèle au nez, bien que plus fermée, plus sèche. Une amertume typée gin, genévrier, en plus.
Finale : D’abord presque plus expressive que la bouche (rejoint d’avantage le nez), puis s’estompe sur la fumée organique, mais dure un certain temps.
Par rapport aux précédents, on a l’impression de monter d’une catégorie. Pourtant pas le premier Single Malt de la soirée.
Redbreast OB 12yo 40% :
Robe : Or pale (décidément).
Nez : Toujours aussi plaisant et expressif. Fruit herbacé, on sent du « vert ». Un soupçon de fruit sec qui se développe. Au fur et à mesure, le bonbon acidulé s’efface devant quelque chose de plus sec, oserais-je dire de plus viril ?
Bouche : On retourne dans l’onctueux. Plus alcooleux également. La bouche est plus fermée que le nez, mais ça reste pas mal quand même. Un fantôme de noix de coco, de chocolat blanc.
Finale : Dans le prolongement, moyennement longue.
Ce whisky m’avait beaucoup plu par ses arômes et saveurs de noix de coco. Celles-ci semblent s’être estompées, mais sans complètement disparaitre. Il reste tout de même plaisant. De toute façon, ça ne doit pas faire plus de 6 mois que je l’ais, et la bouteille a déjà été allégée d’1/3 de son volume, ça doit pas être un hasard.
Clonmel The Peated 8yo « The Celtic Whisky Cie » single malt 40% UCF:
Robe: Or pale (oui, je sais, ça commence à être lassant)
Nez : Fruit, herbe coupée, ajonc coupé, un soupçon de tourbe qui se développe et se fond dans le reste, sans jamais être envahissant, sans jamais étouffer la fraîcheur.
Bouche : Toujours dans l’onctuosité. La tourbe s’exprime en première, mais est vite arrondie par d’autres choses.
Finale : La tourbe glisse vers le fumé.
Il existe dans le monde du whisky beaucoup de façon d’exprimer la tourbe, celui-ci réussit à inventer la sienne (Le plus approchant serait peut-être Bowmore ?).
Connemara Peated Single Malt
Robe : devinez ?
Nez : tourbe minérale et fruitée, végétal. Médicinal aussi. Et un poil pâtissier.
Bouche : La tourbe est bien là, mais pas démonstrative.
Finale : Tourbe et fumée.
Une expression de tourbe peut-être plus classique (plus commune ?), mais qui n’en démérite pas pour autant. Une « vraie » tourbe.
Au final, je n’ai pas retrouvé le souvenir que j’avais de ces bouteilles. Mais en même temps, je suis coutumier des soirées « off ». Après tout, il y a quelques jours, un de mes dents de sagesse s’est prit d’envie de grandir quelque peu (à mon âge

) et a bien mis le bazar dans ma bouche. Pas impossible donc que mes perceptions gustatives soient faussées.