Ca y est j'ai pu déguster les rieslings Schlossberg et Wineck-Schlossberg 2011 du domaine Jean-Marc Bernhard, dont on avait discuté plus haut. Effectivement et contrairement à 2010 (dans mon souvenir du moins), les sucres résiduels sont davantage perceptibles dans le Wineck-Schlossberg. Côté aromatique, le Wineck-Schlossberg est porté sur les notes citronnées avec une finale saline et pierreuse, tandis que le Schlossberg apparaît plus puissant, gras et d'un abord plus complexe mêlant un peu d'agrume et des fruits jaunes.
Sinon, petite visite au domaine Marcel Deiss à Bergheim. On est réceptif ou pas au discours de Jean-Michel Deiss concernant l'expression des terroirs par la complentation, toujours est-il que ces vins sont intéressants à découvrir pour les amateurs de vin. Attention la liste des vins est longue :
I/ Vin de fruit :
- Pinot blanc 2011 : archétype du cépage, sur les fruits blancs, léger,
- Riesling 2011 : un riesling dans un style agrumique avec une pointe d'hydrocarbure,
- Muscat 2010 : un nez enchanteur, floral et une bouche très minérale, peu fruitée,
- Pinot gris 2010 : un pinot gris sec doté d'une belle concentration sur les fruits jaunes,
- Gewurztraminer 2010 : probablement mon vin préféré de cette série. Un gewurz fin, aérien sur les épices avec un soupçon de rose en filigrane,
- Alsace rouge 2009 : joli matière sur les fruits rouges (cerise),
- Rouge de Saint Hippolyte 2010 : des tanins et une acidité trop marqué et des fruits en retrait,
- Rouge de Saint Hippolyte 2009 : très belle équilibre par rapport à 2010, concentrée avec un beau mariage entre les fruits rouges et l'élevage, on lorgne ici vers la Bourgogne.
II/ Vin de terroir. Hormis le Burlenberg (rouge), Ce sont les vins de complantation (jusqu'à 13 cépages pour un vin) "1er cru" (terme utilisé par Jean-Michel Deiss, mais la législation de ce classement n'existe pas en Alsace) et grand cru. A l'exception des Langenberg, Engelgarten, Gruenspiel et Mambourg, les sucres se font sentir :
- Burlenberg 2005 : Jean-Michel Deiss essaie de faire un pinot noir qui vaut les meilleurs crus bourguignon, la robe est ici déjà tuilée, intéressant, mais très brut de décoffrage, viandé, avec des tanins marqués et des fruits en retrait,
- Burlenberg 2008 : robe grenate, les fruits rouges sont cette fois bien présents, le côté viandé et les tanins aussi mais les tanins sont plus veloutés avec une fine acidité, très beau
- Langenberg 2009 : sec, citronné, très salin avec des notes de réglisse,
- Engelgarten 2009 : sec, sur les fruits blancs et le caillou,
- Engelgarten 2010 : on retrouve les fruits blancs, le caillou avec plus de concentration et davantage de peps (acidité plus élevée),
- Rotenberg 2008 : nez qui pétrole un peu, vin concentré sur les agrumes frais de toutes sortes, bien soulignés par une acidité droite,
- Rotenberg 2009 : même trame aromatique que 2008, plus fin, avec moins de matière et moins de peps,
- Schoffweg 2009 : élevé en barrique et sec, on part sur les fruits blancs, la pierre et des notes grillées/vanillées,
- Grasberg 2008 : un profil qui peut rappeler le Rotenberg, mais ici le vin est plus riche, dense, corpulent et les agrumes sont plutôt confits et soulignés par des épices
- Grasberg 2009 : je reprends le commentaire du Rotenberg 2009 -> même trame aromatique que 2008, plus fin, avec moins de matière et moins de peps,
- Burg 2008 : on reste sur les agrumes confits, mais cette fois mêlés avec des agrumes frais, des fruits jaunes et davantage d'épices,
- Gruenspiel 2008 : inclassable, fruité (avec un peu d'amertume type pamplemousse), tendu, salin et tanique,
- Huebuhl 2008 : vin liquoreux, sur les fruits jaunes et exotiques, le coing et les épices, soutenu par une belle acidité,
- Grand cru Mambourg 2009 : vin élevé en barrique, nez fruité, la bouche sur la finesse avec une acidité présente, des notes de noisettes et un fruité en retrait,
- Grand cru Altenberg de Bergheim 2007 : grosse matière qui s'exprime finement, fruits blancs, fruits secs, épices, un vin de plaisir,
- Grand cru Altenberg de Bergheim 2008 : tout pareil avec plus de concentration et de puissance, un soupçon de fruits exotiques et une superbe acidité qui traverse le vin,
- Grand cru Schoenenbourg 2009 : tarte au citron meringué, fruits exotiques avec une salinité qui absorbe des sucres bien présents.
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Globalement, ces vins révèlent tous une belle matière, riche et concentrée. Ils ont clairement des profils différents par rapport à ce que j'ai déjà goûté en vin alsacien. La recherche de la maturité physiologique des raisins sur les terroirs complantés entraînent souvent des vins aux sucres résiduels présents. Il semble que les cépages issus de parcelles complantés arrivent à maturité physiologique en même temps. Le millésime 2008 a montré sa grandeur. Jean-Michel Deiss a retrouvé des plants historiquement présents en Alsace au Moyen-Age et souhaite produire à termes un nouveau vin issu de ces 48 cépages. Oui, j'ai bien écrit 48

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A côté de ça, il y avait du beurre aromatisé au choix aux algues, au yuzu ou à la vanille Bourbon de Bordier pour se sustenter et qui tabassait son ours avec le pain qui va bien...