Encore une très belle édition de Burns cette année en effet, merci de tout cœur à notre bon vieux monstre des mers et à toute l'équipe !
Irish Mist (65° Proof, The Irish Mist Liqueur Co. imported by Heublein Inc., b.1970s)
Passoa, Safari, Jurançon un peu cheap, c'est un nez de liqueur fruitée assez exubérante mais un peu monocorde et pas un trésor de raffinement. La bouche confirme, certes il y a clairement un joli fruit exotique sous-jacent mais le niveau de sucre et le côté un peu chimique cheap limite cet ensemble au charme désuet.
St Magdalene 1980/1995 (40%, Gordon & MacPhail Centenary Reserve, IE/ABE)
Plus de finesse, on est sur une note fine assez typique de bonbon à l'ananas (Napoléon), la bouche est un peu en retrait, bouteille un peu fatiguée dont la fragilité initiale (40%) a probablement été aggravée par l'aération. Loin d'être désagréable néanmoins.
~86
Dalwhinnie 15yo (43%, OB, L5164CM000 02076773)
Classique, malté, céréalier, sec.
~84
Tomatin 11yo 2009/2021 (54.9%, Le Gus't for La Confrérie du Whisky, Bourbon Barrel, C#262, 217b, b#36)
Massepain, banane, simple mais plutôt généreux et à l'alcool bien intégré.
~86
Tomatin 43yo 1965/2009 (41.1%, The Lonach Whisky Company Lonach imported by Preiss Imports)
Pinot gris vendanges tardives, cire chaude, splendide coup de nez. Entrée en bouche étonnamment légèrement alcooleuse mais belle texture cireuse et très beau bouquet floral ensuite.
~92
Glenmorangie 10yo Cellar 13 (43%, OB, First Fill Casks, B#2)
Nez discret sur la noix de macadamia, bouche nettement plus causante et très jolie sur des notes surprenantes d'huitre et de bergamote.
~88
Glenmorangie 23yo d.1963 (43%, OB distributed by Wilmerink & Muller, Oloroso Sherry Casks Finish)
Au premier coup de nez on sent qu'on tient notre première tuerie de la soirée, on est encore un cran au-dessus du Tomatin. On pourrait s'arrêter à deux mots : splendide rancio. Mais donc pour continuer : rancio superbe, patiné, cire d'abeille, noix chaude, sherry d'école évidemment, notes fulligineuses et viandox très mesurées, fraise surmûrie, on enchaine sur une bouche superbe et dynamique, pleine d'une très belle vinosité et déclinant du bois précieux, de la vieille rose, de la noix caramélisée, c'est diablement dynamique et présent tout en étant évidemment d'un raffinement exemplaire.
~93
Arran 18yo (46%, OB, Sherry Casks, b.2019)
Biscuit amaretti, fleur d'oranger, cannelle, quatre épices, eau de vie de framboise : les marqueurs classiques d'un sherry résolument moderne, mais indéniablement bien fait !
~88
Bladnoch 26yo 1990/2016 (47.2%, Sansibar for Spirit Shop' Selection, Sherry Cask, 117b)
Nez butyrique et fruité sur le thé vert et la mangue pas trop mûre, progression habituelle ensuite sur une bouche superbement crayeuse et florale prolongée en une longue finale nette et rafraichissante. Un peu comprimé encore par son ouverture récente. Un peu clivant sans doute.
~90
The Old Man of Hoy 10yo b.1995 (43%, Blackadder International, 95/2319)
Joli profil minimaliste, finement terreux et fumé, bouche dans la même idée, cire terreuse, bruyère, de la finesse et on finit sur une finale très expressive avec de saucisson truffé comme dans certains très bons Lagavulin.
~89
26.137 8yo d.2011 Chasing chameleons (58.6%, SMWS Society Cask, 2nd Fill ex-Bourbon Barrel, 244b)
Profil attendu de ces jeunes Clynelish SMWS, ça fonctionne, c'est lisible, banane (et dans une moindre mesure pèche) Haribo, paraffine fleurie, éther, alcool taquin en bouche quand même mais pas abusif.
~87
Glendalough Calvados XO (42%, OB Single Cask, French Oak Calvados Cask Finish, C#RC1232, 700b, b#022)
Sympa, se boit bien, mais complètement dominé par son élevage. Le profil est vraiment sur la pomme "estérifiée" du début à la fin, avec une bouche de texture initialement fuyante qui se retape néanmoins joliment en quelque chose de plus gras et moins doucereux à la fin. Pas tout à fait ma came pour autant mais quelque part un bon moyen de remettre les pendules à l'heure.
~84
The Cally 40yo 1974/2015 (53.3%, OB, 5060b, b#3642)
Malgré mes réticences habituelles sur les grains, je l'attendais à un certain niveau qualitatif. Il a explosé mes attentes. Le nez est une bombe aromatique, extrêmement précis, vibrant, spontané, lisible, c'est du génie. Un énorme shot d'aneth domine le profil, lequel est accompagné de nombreuses touches boisées nobles, ça part sur l'eucalyptus, le basil smash, le pickle de concombre, les graines de moutarde, la ginger beer, les huiles essentielles type pin, les terpènes de grand riesling, c'est à la fois très spontané et prolixe tout en étant parfaitement canalisé et cohérent. La bouche est super, en parfaite continuité aromatique, terpènes aromatiques évolués sur le sapin, l'eucalyptus, l'aneth, la graine de moutarde, le basilic à foison, le cédrat, top. Un exemple édifiant d'un whisky superbement "défini" par son fût sans jamais être boisé. Clairement meilleur grain à ce jour.
~93
Bunnahabhain 16yo b.2007 (54%, OB Limited Edition for Feis Ile 2007, Oloroso Sherry Cask, C#276, 190b)
Un sherry qui commence réduit et un peu renfrogné sur l'olive noire et le bois verni, il lui faut quand même beaucoup d'aération pour révéler du joli clou de girofle et de la cassonade. Bouche sur le sherry épicé, terreux à souhait, sec, alcool assez vif initialement mais la seconde partie de bouche se retape bien, plus élégante et aromatique, globalement sur un Oloroso neveux et viril mais très frais néanmoins. La progression qualitative nez < bouche < finale se poursuit puisqu'on arrive sur une rétro très très longue de terre sèche, de café, de brou de noix, de shiso rouge, d'ume su, le tout dans une grande fraicheur.
~91
Caol Ila 10yo 1996/2007 (46%, Ian Macleod Distillers Chieftain's, Rum Finish, C#90361/90366, 2016b)
Joli Caol Ila néanmoins pas hyper représentatif de l'élégance habituelle du distillat d'après moi, le profil est très fermier, sur les céréales fumées, le baba ganoush, les germes de blé. Pas forcément des plus fins mais ça fonctionne.
~87
Ardbeg 15yo 1990/2006 (58.6%, Taste Still Selection, C#2900, 271b)
Tient bien son rôle en cette fin de line-up, ça fait je trouve encore très jeune et très naked mas c'est puissant et droit. L'alcool est intense mais sait rester relativement "centré", déroule ensuite un profil juvénile sur la cendre, le wasabi, une légère touche caramel Werther's un peu anachronique. Finale évidemment très longue. C'est un peu simple et un peu brut mais ça reste assez net et puissant dans un style sans fards.
~88
Heure du décès : 4h16 !
