Ce "matin", enfin, disons un peu après le p'tit déj', je profite de l'ouverture de mes 3 dernières acqusition pour repasser en revue touts mes bottlings "Les grands Alambics":
- Glenallachie LGA 5yo 52.3%, 2014 - 2020, Sherry Hogshead, 99 bottles (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... e-2014-lga):
D'entrée de jeu l'alcool chatouille le nez, mais c'est peut-être du au fait qu'il soit le premier du set. Plutôt végétal d'entrée de jeu, sur l'herbe fraichement coupée, le gazon tondu. En évoluant, ce côté végétal amène un pointe de caoutchouc vulcanisée, mais qui ne prend jamais le dessus, elle se contente de "corser" ce nez. Le végétal devient également petit à petit plus sucré. Le caoutchouc devient cuir que la douceur de la vanille vient contrebalancer. Du miel aussi. Fleurs délicates. Bruyère peut-être ? Il irait presque flirter du côté d'Orkney. De la fraicheur également.
La bouche est grasse, onctueuse. L'alcool est un peu présent, mais là encore, c'est sans doute du en partie à sa position de starter. La bouche joue sur les même notes que me nez, mais de façon plus confuse, plus fondue, moins complexe, et en même temps amène de l'âcreté et de l'amertume. Un petite peu trop à mon goût, mais c'est pas non plus catastrophique.
L'ajout d'eau ne change pas vraiment le profil. 86.
- Ben Nevis SV 8yo 46%, 04/03/11 - 07/11/19, Bourbon Barrel #163, bottle 147/168, pour Les Grands Alambics (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... is-2011-sv):
Le nez démarre sur une jolie note florale, presque intense, sur un pot pourri léger. Puis des notes de fruits secs (noix de cajou, noix de pécan) viennent prendre le dessus. L'évolution continue et nous amène sur des fruits blancs, de la poire douce. Le nez oscille en fait entre les fruits secs, la poire et cette fraiche note de fleur. Un peu de minéralité à l'arrière plan.
La bouche est huileuse, équilibrée, très fondue, l'alcool est bien intégré, sur des notes similaires au nez. La fin de bouche et la finale amène un côté un peu dirty.
L'eau ne lui fait pas du bien. 86.
- Croftengea LGA 10yo 53.5%, 2009 - 2020, Hogshead, 107 bottles (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... a-2009-lga):
Le nez démarre sur une tourbe "mainland", un peu à la Ardmore. De la tourbe avec de la fumée. Il y a une note que je n'arrive pas à définir, chaque fois que je hume, je n'ai pas le temps e la capter que l'alcool me gèle le pif. A force de la chercher, je penche pour du floral, assez fraiche. Lors de la précédente dégustation, j'avais trouvé des fruits exotiques, mais là, non. Et puis, à un moment, tout cela se fond, et les voilà mes fruits exotiques, même si ça manque d’exubérance et de gourmandise.
La bouche est grasse et onctueuse, de la matière. on retrouve les notes du nez à la fois plus gourmandes mais aussi encore plus fondues, moins discernables, analysables. Et comme lors de la dégustation précédente, il me refait le coup de la finale presque explosive, ou là, le combo fruits exotiques et tourbes se retrouve magnifié, avec une pointe d'amertume non négligeable toutefois.
L'ajout d'eau est dispensable. 87.
- Ledaig Les Grands Alambics "L'envol 1.2" 10yo 52.7%, 02/2008-09-2018, Hogshead #51, bottle 04/84 (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... g-2008-lga):
Le nez s'ouvre sur une tourbe un peu aigrelette, qui évolue sur une tourbe plus végétale, sur le végétal vert. Tout cela évolue petit à petit pour nous amener sur des agrumes. Entre orange sanguine et pamplemousse. De la salinité également. Une fraicheur mentholée également. Un côté un peu cracra également, pas un fermier assumé, mais qui va dans cette direction. Plus le temps avance, et plus touts ces arômes se fondent et s'équilibrent pour donner quelques chose d'harmonieux, plutôt original, et très plaisant.
La bouche est onctueuse, huileuse, d'une belle rondeur, harmonieuse et équilibrée. Très plaisante "satisfaisante", mais elle est tellement fondue qu'il est difficile de la disséquer. La finale est dans le prolongement.
L'eau ne le change absolument pas, il reste droit dans ses bottes.
En général, je trouve que les Ledaig des millésimes des années 2000 sont un ton en-dessous de ceux des millésimes des 90's. Pas celui-là. 87.5.
- Mortlach SV 11yo 49.9%, 13/03/08 - 06/05/19, 1st Fill Bourbon Barrel #800075, bottle 230/284, pour Les Grands Alambics (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... ch-2008-sv): (fin du sample)
Bon, vu que j'en ai une bouteille fermée, je n'hésite pas à finir le sample. Le nez est tout de suite élégant, délicat, fin, florale. Un bel équilibre entre un pot pourri élégant, et de la tige de leur qui vient d'être coupée. Oserais-je le qualifier de féminin ? C'est pas d'une complexité folle, mais l'équilibre et l'harmonie sont parfaits. Au bout d'un peu de temps, un note d’agrumes très douce (main de Bouddha ?) vient s'ajouter. Encore plus de temps et on glisse un peu plus sur le fruit. Le tout sous un voile de fumée.
La bouche est à l'avenant, toute aussi équilibrée et harmonieuse, sur les même notes.
La finale ramène le voile de fumée classieux, avec un petite pointe d'âcreté qui amène les fruits vers de l’exotisme old school. Je connais surtout les Mortlach "traditionnels", sur des futs de sherry très costauds, qui donnent un profil très sherry monster, allant même jusqu'à une certain animalité, sur le cuir, le viandé, le lard. Là, c'est un tout autre genre de profil. 88.5.
- Tenessee Bourbon 17yo 51.8%, 2003-2021, Barrel, 76 bottles (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... n-2003-lga): (ouverture de la bouteille)
Il y a des whiskys qui se font désirer au nez. Là, pas du tout, c'est immédiat presque une claque sauf qu'une claque implique un peu de violence, d'agressivité, ce qui n'est pas du tout le cas ici. On est sur une caresse très voluptueuse. Bien sur, il faut aimer le Bourbon (ou le whisky de grain), tant il est ultra typique du profil. Il ya tout ce que cette région peut offrir de meilleur. La vanille et le coco bien sur, mais pas de façon sucrailleuse et écœurante, c'est idéalement dosé. De belles notes de fruits rouges surtout, sur la cerise, le bigarreau, la griotte, la cerise et la framboise à l'eau de vie, la confiture de pétale de rose, du bois noble (santal, thuya, ...) ce qui n'est l'apanage que des grands Bourbons. De la prune rouge aussi. Une très élégante rondeur chocolatée également.
Parfois, les Bourbons âgés (17 ans, c'est vieux pour un Bourbon) comme celui-ci montrent pas mal d'amertume en bouche, mais ici, non. Encore une fois, c'est magnifique d'équilibre et d'harmonie, on retrouve les notes perçues au nez, et ces notes se magnifient dans la finale, qui est puissante et longue, chaleureuse. Et on retrouve en fin de finale, dans la rétro-olfaction cette note chocolatée, qui est peu courante dans les productions US.
En fait, il me rappelle beaucoup mon vieux "Run For The Roses" 16yo 50%. 90.
- Blended Malt 18yo 46%, 2001-2020, Sherry Butt, 108 bottles (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... t-2001-lga): (ouverture de la bouteille)
Le nez démarre sur une note végétale et florale. Des bouffées de vanille également. Prometteur, on aimerait le voir s'ouvrir d'avantage, mais il y rechigne. Un peu saponifiant également. Mais malgré tout plutôt élégant. De l'orangette, fleur d'oranger. On a beau lui laisser du temps, ce nez reste stable. Alors qu'il donne clairement l'envie de plus. Pas mal de malt aussi.
La bouche est plus miellée, avec une légère pointe un peu agressive, sur l'âcreté et l'alcool, voire le poivre. C'est pas intolérable, mais un peu incongru avec le reste du profil.
Quelques gouttes d'eau amène une certaine opulence au nez, le faisant évoluer sur un pot-pourri presque capiteux. La bouche devient également plus douce et perd sa pointe agressive. Il est plus facile avec quelques gouttes d'eau mais meilleurs ? En tout cas, on ne retrouve pas du tout le profil sherry attendu. 86.
- Blended Malt LGA 18yo 46.4%, 2001-2019, Sherry Butt, 103 bottles (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... t-2001-lga):
Le nez est assez saponifiant shampooineur même. Fruits secs (noix de cajou, noix de pécan, cacahuète, ...). Un peu de bois. En y revenant après la première gorgée, ce nez s'avère plus floral, le savon, le shampooing s’estompe.
La bouche est nettement plus plaisante, grasse, onctueuse, avec une belle matière, de la densité, très ronde et fondue, très sherry également, mais pas monster. Ça glisse tout seul. La finale est dans le prolongement.
L'eau ne le change pas vraiment. 86.
- Secret Speyside LGA 26yo 54.2%, 1994-2020, Puncheon, 46 bottles (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... e-1994-lga):
(ouverture du sample)
Délicat, équilibré, mais ce nez est très sherry, sur les fruits secs. Pâtissier également, sur la génoise, presque le financier. Pâte sablée également. Assez céréalier, sur le malt.
La bouche est franchement bancale, sur le papier, pas mal d'âcreté, voire d'astringence.
L'eau amène un peu de floralité au nez et équilibre un peu la bouche. 85.
- Old Rhosdhu LGA 30yo 48.9%, 1990-2020, Hogshead, 96 bottles (
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... u-1990-lga):
Ah, ces Old Rhosdhu, si typiquement Loch Lomond, avec ces notes de graphites si caractéristiques, sur la pointe de crayon à papier. Du citron jaune également. De la minéralité également. Au bout de quelques minutes, cet ensemble évolue sur de la cire d'abeille. J'ai dégusté récemment deux Old Rhosdhu Daily Drams d'age comparable, qui étaient exactement sur les mêmes notes, mais qui étaient bien moins plaisant car l'équilibre n'était pas le même. Au fil du temps, le citron prend le dessus, mais sans faire disparaitre le graphite et le minéral. Un peu de floralité avec le temps.
En bouche, ce whisky montre une grand droiture, mais une grande austérité également; c'est presque aussi raide qu'un coup de trique. Avec le temps, cette austérité s'adoucit un peu, mais juste un peu.
L'eau adoucie certes la bouche, mais lui ôte sa pureté, sa droiture.
Un whisky aux antipodes de ce que j'aime. Aucune notion de générosité ou de gourmandise ici. C'est un whisky très pur, presque dur, sans concession, droit dans ces bottes. Et pourtant, ce qu'il fait, il le fait tellement bien, de façon tellement absolue, qu'il en fait une sorte de beauté éthérée, intellectuelle. Ce qui lui vaut pour moi un 90, pas de plaisir, mais intellectuel.