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Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 02 juin 2017, 22:08
par Vipère
tissaneb64 a écrit :On a peut être pas encore assez éduqué notre palais aussi...
Sans doute... :whistle: :shifty:

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 03 juin 2017, 18:19
par Jean-Michel
Quand j'ai commencé à boire du Talisker 10yo, j'ai trouvé ça pas forcément ni puissant ni poivré, mais franchement tourbé. Ca m'avait troublé, car je l'avais abordé plein des préjugés acquis par mes lectures d'alors, à savoir le Malt Companion Edition de 1997 de Michael Jackson, qui le décrivait comme un malt robuste, chaud, poivré (la fameuse "Lave des Cuillins"), mais pas de tourbe dans son descriptif. Comme il avait forcément raison, j'avais réglé la question par un petit tour de passe-passe aromatico-sémantique : son poivre était ma tourbe et puis voilà.

Après, il y'a eu cette session en aveugle, avec des 20yo, 25yo, 30yo... Tout m'avait semblé sec, amer, austère, vert, végétal (trop), minéral (trop)... pas bon, quoi. Une session qui m'a fait plonger en désamour avec la distillerie.

Et puis il y'a eu cette longue virée dans l'Ouest Ecossais, la grande boucle par l'A832 (Inverness-baie de Gruinard-Applecross et retour). On s'est arrêté sur une plage : ciel bleu, sable blanc, eaux turquoises... Bora-Bora sur le 58ème parallèle. Là, dans le vent, avec un petit 10°C, la franchise, la minéralité, le citron pur jus, la tourbe fine du Talisker 20yo qui voyageait avec nous m'ont juste emportés.

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 03 juin 2017, 18:36
par canis lupus
Jean-Michel a écrit :Et puis il y'a eu cette longue virée dans l'Ouest Ecossais, la grande boucle par l'A832 (Inverness-baie de Gruinard-Applecross et retour). On s'est arrêté sur une plage : ciel bleu, sable blanc, eaux turquoises... Bora-Bora sur le 58ème parallèle. Là, dans le vent, avec un petit 10°C, la franchise, la minéralité, le citron pur jus, la tourbe fine du Talisker 20yo qui voyageait avec nous m'ont juste emportés.
Le genre d'expérience que j'aimerais bien vivre un jour, mais ça fait un poil cher la dégustation. ;-)

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 03 juin 2017, 18:41
par Jean-Michel
Pas forcément : le billet nous avait coûté 4 fois moins cher qu'un A/R Toulouse/Paris standard, et la location d'un cottage à 4 dans la campagne environnant Inverness n'était pas bien chère. C'était en Avril, hors saison, et la seule contrariété avait été l'éruption du volcan Islandais qui avait quelque peu contrarié notre retour...
En revanche, ça fait beaucoup de logistique pour boire un verre, effectivement. Mais nous avions Antoine pour ça.

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 03 juin 2017, 19:22
par Vipère
Wow, ça fait rêver cette dégustation à la fraîche, à même le terroir!

Bon, ce soir on s'est attaqué à un gaillard bien exigeant pour des néophytes comme nous ! Clynelish 14 ans, qui nous a été conseillé ici même. Ce fut une découverte où plaisir et frustration se sont mêlés. Plaisir parce que c'est un whisky gourmand en bouche, frustration parce que son nez reste assez cryptique quand on débute. Première déception : il est coloré au caramel ! On ouvre la bouteille, on se sert et on laisse les verres reposer dans leur coin quelques minutes avant d'attaquer.

Nez : *Tu sens quoi toi ?* … silence gêné.... * chaipas trop... et toi ? * Bon, ça ne se livre pas très facilement, on a l'impression que tous les arômes sont intriqués dans une sorte de pelote qu'il est difficile de démêler. C'est doux, fruité, et puis il y a plein d'autres trucs qu'on sent sans pouvoir les nommer. Après quelques gorgées on y voit un peu plus clair : je lui trouve un côté beurré, des céréales, et un arrière plan minéral. Entre les deux des fruits, mais lesquels ? Mon homme évoque de la banane, sans grande conviction.

Bouche : Miam ! C'est le genre de texture que j'aime, crémeuse et ronde. C'est très doux et même si la finale est un peu plus sèche, ça reste bien gourmand.

Conclusion : un whisky complexe et difficile à déchiffrer, surtout quand on manque de repères aromatiques comme nous. Il faudra le regoûter et le confronter à des rivaux pour y boire plus clair ;)


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Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 03 juin 2017, 20:06
par canis lupus
Vipère a écrit :Wow, ça fait rêver cette dégustation à la fraîche, à même le terroir!
En tant que Bretonne, ça t'es facile à réaliser, avec un bon (ils le sont tous) Kornog au bord de la mer.
Vipère a écrit :Bon, ce soir on s'est attaqué à un gaillard bien exigeant pour des néophytes comme nous ! Clynelish 14 ans, qui nous a été conseillé ici même. Ce fut une découverte où plaisir et frustration se sont mêlés. Plaisir parce que c'est un whisky gourmand en bouche, frustration parce que son nez reste assez cryptique quand on débute. Première déception : il est coloré au caramel ! On ouvre la bouteille, on se sert et on laisse les verres reposer dans leur coin quelques minutes avant d'attaquer.
Clynelish est sans doute le distillerie dont la typicité de profil est la plus waxy. Ça rend certains amateurs de whisky complètement fan, mais pour moi, comme tu l'as décrit, ce côté cireux est un véritable mur anti arôme.

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 03 juin 2017, 20:09
par Pépé
Et ça, c'est le plaisir des bouteilles par rapport aux samples. Vous aurez le temps de mieux le cerner au fur et à mesure de son ouverture, et le plaisir de le sentir évoluer, le plaisir de le reconnaître dans quelques mois, comme on reconnaît le moelleux inimitable du fauteil rose-passé de chez tata Rosie.

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 03 juin 2017, 20:23
par canis lupus
Pépé a écrit :fauteil rose-passé de chez tata Rosie.
Ah, merte, t'as pas eu une enfance facile, hein ?

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 04 juin 2017, 00:06
par juju cassoulet
Il faudrait que je m'en jette un dans le gosier de ce Clynelish moderne.
Je n'ai gouté qu'un vieil embouteillage, mais il avait été une révélation dès le nez; Du miel de ruche avec la cire. Le truc que l'on est obligé de mâcher en aspirant le miel et en recrachant la cire autant que possible.
En bouche un bon daily dram, une des rares bouteilles a ne pas avoir évolué après l'ouverture.

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 04 juin 2017, 08:45
par cthulhu
Jean-Michel a écrit :Après, il y'a eu cette session en aveugle, avec des 20yo, 25yo, 30yo... Tout m'avait semblé sec, amer, austère, vert, végétal (trop), minéral (trop)... pas bon, quoi. Une session qui m'a fait plonger en désamour avec la distillerie.
Whisky de supermarche, je te dis. :mrgreen:
Jean-Michel a écrit :Brora-Brora sur le 58ème parallèle.
Fixed.

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 04 juin 2017, 19:18
par Vipère
Ce soir on goûtait un de nos deux samples de sherry qui attendait patiemment son heure de gloire sur l'étagère. J'ai nommé le Tamdhu batch strenght (batch 2). Quand on l'a reçu, je n'ai pas résisté au plaisir de l'ouvrir pour mettre le nez dedans vite fait, et quel teasing ! J'avais l'impression de sentir un vin chaud entre deux bouchées de pain d'épices.

Cette première impression a été largement confirmée par notre dégustation de ce soir. Quelle gourmandise ! Ça donne presque envie d'être en hiver pour le savourer au coin du feu. Ce coup ci, les arômes étaient plus distincts et plus marqués, ça nous a permis d'en identifier certains et c'est plutôt agréable quand on débute.

Robe: cuivrée, chaude

Nez : C'est boisé. Des fruits, mais confits ou séchés : pruneaux, raisin, cerises à l'eau de vie ? Je le trouve également noisetté, un je ne sais quoi d'épices à dessert, peut-être par association d'idée avec les fruits confits. Du caramel. Et puis à mesure que le verre se vide un arôme un peu sec se fait jour, peut-être un léger voile de fumée ? Mon homme relève des notes carnées.

En bouche : Ouf ! Nos gencives n'ont pas fondu sous les presque 59% degrés de la bête ! L'alcool est parfaitement intégré et ça se boit très bien sans eau. La texture est crémeuse, c'est rond et gourmand. On retrouve le côté fruits confits.

Finale : longue, avec un fumet fruité/noiseté qui nous ressort par le nez.
Si on devait résumer l'impression que nous laisse ce whisky après première dégustation, ce serait :

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A comparer avec l'autre sherry qu'on goûtera demain, le Glen Garioch 15yo.

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 04 juin 2017, 21:50
par canis lupus
Vendredi soir dernier, il y a une semaine, petite balade irlandaise:
- Jameson Caskmates 40%, aged in craft beer barrels, stout edition.
- Jameson Cooper's Croze 43%.
- Irish Pure Spirit 6yo 47.6%, 2007-2015.
- Irish Chapter 7 13yo 59.5%, 2001, Ex Sherry Butt # 10836,bottle 48/293.
- Ireland Daily Dram "The Return Of The Angel" 14yo 53.5%, 2000-2014.
- Irish Chapter n°7 16yo 57.1%, Rum Cask #5409, bottle 46/221.
- Bushmills 21yo 40%, Oloroso sherry cask + bourbon barrel + madeira cask, bottle n°02411.

Le Jameson Caskmates, s'il a gardé ses notes chocolatées, fait beaucoup moins bière qu'au début.
Le Jameson Cooper's Croze est toujours aussi agréable à boire, une douceur fruitée à la façon si typique de Jameson et des Irish, sur des fruits rouges, avant cette récente mode du full exotique. Il me rappelle un peu mon Redbreast 12yo.
L'Irish Pure Spirit se révèle plus sec, plus austère, presque Old School, et on est plutôt sur les fruits jaunes ici.
Avec le C7 13yo, on commence à avoir des fruits exotiques, même si ce n'est pas exubérant.
Le Daily Dram est sensiblement plus exotiques encore. On sent bien la lignée des versions plus âgés si plébiscités, même si on est loin de leur exubérance. Un côté assez old school également.
Le C7 16yo est plus difficile à cerner, un peu atypique et plus complexe d'une certaine manière. Sans doute son age et surtout son vieillissement en fut de rhum.
Enfin le Bushmills est certainement le plus exotique de tous. Son age et sa dilution lui amène rondeur, homogénéité et équilibre. Il nettement au dessus des autres.

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 04 juin 2017, 23:09
par aphex
A défaut d'aller au Feis Ile, je me suis fait une semaine dédiée.
Vous noterez l'absence de Bunnahabhain (je m'étais fait une session récemment) et de Kilchoman et Jura (plus rien en stock).

Lagavulin 12 yo (56.8%, OB, 15th Release, Bourbon Oak Casks, 2015)
Lagavulin 12 yo (43%, White Horse Distillers, Importado Montenegro S.P.A - Zola Predosa, Italy)
Bruichladdich 20 yo (46%, OB, Second Edition, Flirtation, Wine Finish, 2004)
Bruichladdich Br5 (53.8%, Speciality Drinks Ltd, Elements of Islay, 2013)
Bruichladdich 36 yo 'DNA' (41%, OB, Bourbon + Château le Pin Cask, 2008)
Caol Ila 18 yo 1995 ‘Dram generation’ (53.7%, The Whiskyman, 154 bottles, 2013)
Caol Ila 1979 (52.3%, Malts of Scotland, Bourbon Hogshead, #12022, 280 bottles, 2012)
Laphroaig 19 yo 1995 (46%, High Spirits' Collection, Life is a circus, 2015)
Laphroaig 20 yo 1991 (53.3%, Liquid Sun, Sherry Hogshead, 279 bottles, 2011)
Bowmore 15 yo 1997 ‘It's only single malt (but I like it)’ (53.8%, The Whiskyman, 189 bottles, 2012)
Bowmore 21 yo (43%, OB, Famous Golf Courses of Scotland No.1, 9th Hole, Bruce Castle - Turnberry Golf Club, 1980’s)
Ardbeg Corryvreckan (57.1%, OB, Committee Reserve, 2008)
Ardbeg Ar1 (58.7%, Speciality Drinks Ltd, Elements of Islay, 2008)

Et pour terminer cette session aujourd'hui.

Bruichladdich 32 yo 1977 ‘MCMLXXVII’ (47%, OB, American oak Bourbon casks, 2010)
Laphroaig 10 yo Cask Strength (57.3%, OB, Green Stripe, Straight From The Wood, 2000)
Port Charlotte 11 yo 2001 (62.9%, Scotch Single Malt Circle, Refill Bourbon Cask, #855, 243 bottles, 2013)
Port Ellen 25 yo 1982 (58%, Signatory Vintage, Cask Strength Collection, Sherry Butt, 2844, 526 bottles, 2007)

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 05 juin 2017, 01:02
par canis lupus
Hier soir, ouverture de mes dernières acquisitions.
Pour bien faire les choses, me fallait un starter. que celui-ci soit jeune et plutôt neutre. Mon Glen Deveron 5yo, très céréalier dans mes souvenirs, me paraissait convenir.
- Glen Deveron 5yo 40%, bottled c1980.
- Old Pulteney Malts Of Scotland 9yo 55.9%, 06-15, Refill Sherry Hogshead #15001, Bottle 247/286, 12ème Whisky Live Belgium.
- Bunnahabhain Cadenhead' Small Batch 11yo 55.4%, 05-16, Bourbon Barrel, 216 Bottles, Specially Bottled for Dugas.
- Pulteney Gordon & Macphail Cask Strength 13yo* 56.9%, 26/08/98-25/08/11, 1st Fill Bourbon Barrels #1055/1056/1057
- Irish Daily Drams 16yo 53.5%, 99-15, Joint Bottling With LMDW.
- Bladnoch Cadenhead's Authentic Collection 17yo 55.1%, 92-06/09, Bourbon Hogshead, 277 Bottles.
- Arran Cadenhead's Sherry Cask 19yo 54%, 96-04/16, Fino Sherry Cask, 258 Bottles.

Première surprise, le petit Glen Deveron est moins fruste que dans mes souvenirs. Il présente même de sympathiques notes d'abricot.
L'Old Pulteney MOS est un peu difficile à cerner. Je me souviens surtout d'avoir bien senti les presque 16% d'écart. Non que l'alcool soit mal intégré, mais quand même. On est beaucoup plus près du 12yo officiel que d'un Flotilla 200 ou du 21yo.
En lisant que le Bunnah était tourbé, j'ai eu une appréhension. Je me souviens encore de ces millésimes 97 à la tourbe très particulière, sur les herbes de Provence, assez écœurante. Et effectivement, les toutes premières notes tant au nez qu’en bouche rappelle cette impression. Mais très vite ça évolue sur quelque chose de beaucoup plus flatteur. Quelque chose qui oscillerait entre Port Charlotte, Ledaig et Laphroaig/Lagavulin sans être vraiment aucun deux. De très nettes notes d'amandes grillées et de pistache. Et une fraicheur toute Taliskerienne. Franchement pas mal, à approfondir.
Le Pulteney G&MP est très différent du MOS. On est sur le loukoum, le confiture de rose, le malabar. Plutôt miam.
L'Irish DD est assez étrange. Aux antipodes de la tendance fruits exotiques, on est sur le végétal, le thé, la bergamote, avec des notes herbacées.
Le Badnoch est plutôt gourmand, avec des notes de lait chaud et un léger voile de fumée.
Et enfin l'Arran. Le vieillissement en fino peut avoir des effets très différents des autres sherry. Et c'est clairement le cas ici, avec un whisky tout en finesse et élégance tout en ayant une belle expressivité. Peut-être bien le meilleur du lot à ce stade.

Re: Ce soir, c'était ...

Publié : 05 juin 2017, 19:53
par Vipère
Deuxième sherry de notre duo « découverte », Glen Garioch 15 ans, sherry cask matured, 53,7%.

Robe : un poil plus foncée que le Tamdhu d'hier.

Nez : Alors! C'est très différent du Tamdhu. Le premier comparatif qui me vient à l'esprit c'est que c'est moins sucré. En fait, presque salin ! On sent du bois, genre vieux meuble, des fruits secs encore (raisin, pruneaux) et d'autres trucs qu'on arrive pas à nommer (le chocolat, peut-être?) Et puis à un moment je saisis une note assez caractéristique. En y revenant, cette note se confirme et nous accompagnera jusqu'à la fin de la dégustation : du souffre ! Il n'y a pas de petites victoires : réussir à identifier un nouvel arôme, fut-il peu noble, c'est toujours agréable. Ce côté allumettes reste très léger et pas désagréable.

Bouche : On retrouve le côté salin du nez, qui me plaît particulièrement. Je n'ai pas l'impression de boire quelque chose de sucrailleux, même si ça reste gourmand. Du bois, du caramel.

Finale : la cohorte de fruits secs fait une ultime révérence, accompagnée d'épices.

Bilan : une dégustation super intéressante, qui laisse notre cœur en suspens entre ce whisky et celui d'hier... on va les goûter demain en face to face pour trancher !