jmputz a écrit :Moi aussi...
Faut dire qu'il y a peu de différence entre les deux pour un salarié "normal", non?
Pas d'emprunts russes, pas de Haut-Katanga, pas de puits de pétrole dans le jardin.
Y'a une grosse différence. En gros :
L'employeur débourse 1500€.
500€ partent directement en charges patronales (c'est sans compter la taxe professionnelle, elle aussi indexée sur la masse salariale).
1000€ apparaissent en haut du bulletin de salaire du salarié.
Entre la première ligne et la dernière ligne, y'en a près de 250 qui disparaissent encore (en gros ; c'est plus pour les cadres et moins pour les non cadres à cause de cotisations complémentaires et de taux différents) entre ASSEDIC, retraite, APEC, retraites complémentaires, CSG, RDS... C'est ce qu'on appelle chez nous les charges salariales.
Après seulement, à la fin de l'année, tu déclares ce que tu as gagné (bizzarement, une partie de la CSG et du RDS sont réintégrés à ce niveau là dans ce que tu dois déclarer. C'est le principe de la double peine, très Français, appliqué aux impôts. En résumé, tu paies de l'impôt sur de l'argent que l'on t'as déjà fait payer au titre de l'impôt. Mais y'a mieux : la TVA sur les impôts locaux et sur la taxe foncière ; enfin soyons justes : ça s'appelle "Frais de gestion de la fiscalité directe locale". Précisons qu'à Toulouse, 145m2 en appartement sans jardin et sans terrasse occupés par 5 personnes (c'est dégressif quand on a des enfants) ça me coûte près de 3000€ par an de taxe foncière + taxe d'habitation. Et le centre ville est loin d'être le coin le plus cher de ce point de vue là.
Bref, pour l'impôt sur le revenu, tu déclares ce que tu as gagné. Il y'a plusieurs seuils, et un taux appliqué à chacun de ces seuils. Le principe appliqué est celui du taux marginal : s'il y'a un seuil à 10000€ avec un taux à 7.5%, puis un à 15000 avec un taux à 15%, puis un à 30000 avec un taux à 35%, puis 45% au delà, et que tu gagnes 36000, tu vas payer 7.5% sur les 10000 premiers euros perçus, puis 15% pour les 5000€ suivants, puis 35% sur les 15000€ suivants, puis 45% sur les 6000€ restants. Je mets n'importe quoi comme chiffres (le nombre de tranches et les taux changent chaque année, et faut ajouter à cela le système du coefficient familiale qui permet aux familles nombreuses d'être imposés sur la base de taux réduits, et faut prendre en comptes les abattements, les remises, les trucs et les machins), mais l'important, c'est de bien voir qu'il y'a continuité dans la courbe. Chaque fois que l'on franchit une tranche le taux appliqué devient plus important, mais il n'est appliqué qu'à la fraction de la rémunération qui est au-dessus de cette tranche.
A la fin des années 80, il y'avait encore une tranche à 72%, il me semble, et il y'avait une bonne dizaine de tranches. Aujourd'hui, la tranche la plus importante doit être autour de 45%, et il n'y en a plus que 5 ou 6, je crois.
Voilà...