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Re: La fin des grands malts ?

Publié : 30 nov. 2008, 13:01
par laphroaig c moi
Smokey-Kong a écrit :Je partage cette analyse sur toute la ligne, mes seules inquiétudes à ce sujet portent sur :
1) l'élevage des whiskies bien distillés des années 90 : ne va-t-on pas tout gâcher avec des finitions à la c.. ?
2) Les prix. Déjà Laphroaig, Dalmore, Glenmorangie et bien d'autes ont la folie des grandeurs, cela risque de ne pas se calmer.
Sur le premier point je pense qu'on continuera à en trouver pour tous les goûts. Sur le deuxième point, ben je préfère payer dans quelques années un Port Charlotte 15 ans valant 92/100 à 120 € plutôt qu'aujourd'hui un Longmorn ou un GG 35 ans à 200 € valant lui aussi 92/100, même si proportionnellement y'a plus d'abus dans le premier cas que dans le second. J'veux juste du bon whisky, pas forcément du vieux. Enfin s'il est à 60 € c'est mieux quand même...

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 30 nov. 2008, 13:11
par david S
je préfère payer dans quelques années un Port Charlotte 15 ans valant 92/100 à 120 € plutôt qu'aujourd'hui un Longmorn ou un GG 35 ans à 200 € valant lui aussi 92/100, même si proportionnellement y'a plus d'abus dans le premier cas que dans le second. J'veux juste du bon whisky, pas forcément du vieux.
Aujourd'hui le rapport rareté / prix (et pas forcement qualité) semble avoir le dessus sur le qualité / prix. J'espère que la tendance s'inversera dans les années à venir.

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 30 nov. 2008, 13:53
par canis lupus
Smokey-Kong a écrit :
canis lupus a écrit :
Smokey-Kong a écrit :le Laphroaig forum et le Dailuaine sont excellents mais ne seront pas des tueries avant 5 ans de bouteille (après 10 sûrement).
Pas compris, là.
Le whisky s'améliore en bouteille c'est désormais un fait avéré (malgré ce qui se dit généralement comme quoi...). Dans 10 ans tes cuvées forum seront bien meilleures qu'aujourd'hui. Donc des tueries 8)
Voilà bien quelque chose de nouveau (me semble que c'est Botller qui a évoqué cela il y a quelques jours) y compris sur ce forum. On est bien d'accord qu'on parle de bouteille jamais ouverte ?
Dés lors, d'où le whisky puise-t-il dans une bouteille en verre ("stérile") de quoi évoluer ? Est-ce simplement un reste d'inertie de l'évolution en fût ?
Est-ce le cas même pour des whisky filtrés à froid, dilués ? Voir des vatted ou des blend ? Ou est-ce surtout observé dans des BDF UCF CS (ouf! :roll: , on se croirait en politique, en économie, voir dans l'automobile avec tous ces sigles).
Est-ce observable également sur des bouteilles entamées (outre le phénomène d'ouverture, de détente du whisky) ?

Il m'est plus d'une fois arrivé (et ça va m'arriver de plus en plus, amha) d'acheter de vieux embouteillages (early 2000's, 90's, 80's, voir encore plus vieux) sans pour autant tomber sur des tueries, ni même des trucs mieux que "bons". Certes, c'est parfois meilleur, souvent différent, des versions "équivalentes" actuelles, mais je mets plus ça sur une différence de qualité de distillation, de fût et d'élevage, de proprios, ... que sur ce qui a pu se passer dans la bouteille elle-même.

Au final, de quel quantité d'amélioration parle-t-on, de 1% sur 50 ans, ou de 10% par an ?
Bref, le simple fait que le peu de chose qui peuvent bien se passer dans une bouteille (hormis les phénomènes dégradant connus de mauvais stockage) suffise à transformer un whisky bon, même très bon en tuerie me laisse perplexe.
Ou alors, c'est que le concept de tuerie m'échappe encore, et qu'il n'est pas si "à part" si élitiste que je le croyais.

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 30 nov. 2008, 18:55
par mitsuyan
laphroaig c moi a écrit : Sur le premier point je pense qu'on continuera à en trouver pour tous les goûts. Sur le deuxième point, ben je préfère payer dans quelques années un Port Charlotte 15 ans valant 92/100 à 120 € plutôt qu'aujourd'hui un Longmorn ou un GG 35 ans à 200 € valant lui aussi 92/100, même si proportionnellement y'a plus d'abus dans le premier cas que dans le second. J'veux juste du bon whisky, pas forcément du vieux. Enfin s'il est à 60 € c'est mieux quand même...
Lorsque Wfun met un 92 à "un jeune whisky" enfin, distillé ds les 90's, je ne le place sur le même rang qu'un 92 à un vieux w.C'est une lecture très personnelle et sans jugement des notes et des critères de Serge.
En fait, cette mesure est relative au plaisir lié à la dégustation de ces 2 types de w...Quoi qu'on en dise, je m'éclate définitivement plus avec un Clynelish des 70's que des 90's même si ce dernier est très bon...
Idem pour les sherry casks.
Alors, certes, la production contemporaine est loin d'être mauvaise mais mes projets d'achats se tournent vers les vieux malts (même ceux des 80's) bien que la quête de ces derniers devient de plus en plus une course au mieux disant et donc une affaire de pognons.

A+

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 30 nov. 2008, 21:09
par Serge
mitsuyan a écrit : Lorsque Wfun met un 92 à "un jeune whisky" enfin, distillé ds les 90's, je ne le place sur le même rang qu'un 92 à un vieux w.C'est une lecture très personnelle et sans jugement des notes et des critères de Serge.
Très bien, mais c'est quand-même très peu courant ! ;-)
Je ne sais pas si c'est arrivé plus de dix fois... Faudrait que je jette un coup d'oeil...

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 30 nov. 2008, 22:58
par Régis
Eh, les gars, vous parlez comme des vieux !
J'en suis aussi, des Bowmore black Bottle à moins de 500 F, oui, 75 de nos euros, vous avez bien lu, j'en ai connu, vendu, bu.
Tout augmente, l'expérience et l'exigence plus que tout, tournons-nous quelque temps vers de jeunes malts, de beaux 15 ans ne vont pas tarder à faire surface, même si chez les distilleries "stars" ça risque d'être assez rare.
Dans le monde du vin ( vous savez, ce truc à base de raisin qu'aime les vieux ) nous avons vécu (et vivons) le même phénomène, c'était meilleur, moins cher avant...les russes, les chinois..... mais les vins "jeunes" n'ont jamais été aussi abordables gustativement parlant. Bon, pour les prix, c'est l'inverse mais ça ne va pas durer ( Lafite 2005 se négociat 950 € ht il y a 4 ou 5 mois, c'est moins de 700 à ce jour, soit le prix d'un beau millésime de 30 ou 40 ans) vive la déflation !
Régis

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 01 déc. 2008, 06:38
par laphroaig c moi
mitsuyan a écrit :Lorsque Wfun met un 92 à "un jeune whisky" enfin, distillé ds les 90's, je ne le place sur le même rang qu'un 92 à un vieux w.C'est une lecture très personnelle et sans jugement des notes et des critères de Serge.
C'est surtout une lecture très personnelle de mon message que tu fais, je n'ai pas fait référence aux notes de Serge. J'aurais peut-être dû préciser "que j'estime à 92/100"...

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 01 déc. 2008, 15:25
par mitsuyan
laphroaig c moi a écrit : J'aurais peut-être dû préciser "que j'estime à 92/100"...
...et moi d'écrire plutôt : "C'est ma lecture très personnelle et sans jugement des notes et des critères de Serge.
:wink:
Serge a écrit :
mitsuyan a écrit : Lorsque Wfun met un 92 à "un jeune whisky" enfin, distillé ds les 90's, je ne le place sur le même rang qu'un 92 à un vieux w.C'est une lecture très personnelle et sans jugement des notes et des critères de Serge.
Très bien, mais c'est quand-même très peu courant ! ;-)
Je ne sais pas si c'est arrivé plus de dix fois... Faudrait que je jette un coup d'oeil...
Ouais, c'est pas faux § ( tiens, le dernier HP 91 de chez SV)
D'ailleurs, les vieux monstres de 92 et + trustent tes tasting ces dernières semaines (arghhhh :evil: )...des pages collectors témoins des temps anciens (et notées par les anciens !!! mais non j'déconne !!!) !!

aploush
D.

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 02 déc. 2008, 13:51
par pat gva
Je ne pense pas que l'on puisse parler d'une chute, il y a certe eu un trou dans les années 80 mais depuis les années 90 la reprise de la qualité est la.
Il faudra juste laisser le temps au w d'évoluer, mais en avons nous l'envie ?.
L'effondrement du système économique devrait offrir de belles opportunitées.

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 02 déc. 2008, 14:07
par Stephane
La fin des "grands malts"... NON!

La fin des "grands malts" à petit prix... OUI!... sauf quand la livre sterling tombe à presque 1 euro, auquel cas y a quand même encore pas mal de bonnes affaires via TWE ou autre :)

Y a aussi des cavernes d'Ali Baba comme la Cava Benito... mais les amateurs pillent depuis quelques années ses plus fabuleux trésors et la source se tarit à vitesse V...
pas mécontent toutefois de certaines bouteilles que notre ami nous dégote de temps à autres au fin fond de sa cave et nous propose 2 ou 3 fois moins cher que "le marché actuel"... je devrais ainsi entrer prochainement en possession d'un Bowmore 66 HB pour... 150 euros...

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 07 déc. 2008, 21:49
par Jean-Michel
Régis a écrit :(...) Dans le monde du vin ( vous savez, ce truc à base de raisin qu'aime les vieux ) nous avons vécu (et vivons) le même phénomène, c'était meilleur, moins cher avant...les russes, les chinois..... mais les vins "jeunes" n'ont jamais été aussi abordables gustativement parlant. Bon, pour les prix, c'est l'inverse mais ça ne va pas durer ( Lafite 2005 se négociat 950 € ht il y a 4 ou 5 mois, c'est moins de 700 à ce jour, soit le prix d'un beau millésime de 30 ou 40 ans) vive la déflation !
Régis
Rien de plus vrai : Il n'y a pas si longtemps que ça que le trio de la mort qui tue (Lafite, Ausone, Cheval Blanc) a franchi la barre psychologique des 100€ en primeur. Mais une fois franchie (à la faveur de l'effet an 2000, puis de l'annonce de l'année du siècle 2005), ça n'a pas fait semblant : les 500€ ont été rapidement ralliés.
Mais pour les crus un peu moins prestigieux, il ne faisait pas bon faire le pari de l'achat en primeur ces dernières années ; ayant emboîté le pas de la hausse impulsée par leurs prestigieux voisins en termes de tarifs primeurs, beaucoup ont été mis sur le marché à des tarifs plus bas. La pression exercée par le phénomène "Foire au vin", marginal il y'a 15 ans encore, an'a fait qu'amplifier ce phénomène. Ainsi, les 2001, qui n'ont pourtant rien de déshonorant dans l'ensemble, sont-ils complétement délaissés et cédés à des tarifs parfois 30% inférieurs à leurs tarifs primeurs. Et puis le monde du vin a également ses propres délires : comment expliquer que 1997, médiocre millésime dans le Bordelais (encore que j'ai dégusté pour la première communion de ma fille un magnum de Poujeaux délicieux et d'une étonnante concentration), ait été proposé en primeur presque deux fois plus chers que 1995 et 1996, pourtant autrement supérieurs ? Et que ces deux-ci aient été proposés à des tarifs aussi attractifs, alors que succédant après quatre années difficiles (1991-92-93-94), ils auraient pu être facturés beaucoup plus cher (mais eux se sont rattrapés depuis) ?
Bah !
Tout ça, ça va ça vient. Y'a des crises dans un sens, y'en a dans l'autre, et c'est pas fini.

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 08 déc. 2008, 14:36
par pat gva
Jean-Michel a écrit :
Régis a écrit :(...) Dans le monde du vin ( vous savez, ce truc à base de raisin qu'aime les vieux ) nous avons vécu (et vivons) le même phénomène, c'était meilleur, moins cher avant...les russes, les chinois..... mais les vins "jeunes" n'ont jamais été aussi abordables gustativement parlant. Bon, pour les prix, c'est l'inverse mais ça ne va pas durer ( Lafite 2005 se négociat 950 € ht il y a 4 ou 5 mois, c'est moins de 700 à ce jour, soit le prix d'un beau millésime de 30 ou 40 ans) vive la déflation !
Régis
Rien de plus vrai : Il n'y a pas si longtemps que ça que le trio de la mort qui tue (Lafite, Ausone, Cheval Blanc) a franchi la barre psychologique des 100€ en primeur. Mais une fois franchie (à la faveur de l'effet an 2000, puis de l'annonce de l'année du siècle 2005), ça n'a pas fait semblant : les 500€ ont été rapidement ralliés.
Mais pour les crus un peu moins prestigieux, il ne faisait pas bon faire le pari de l'achat en primeur ces dernières années ; ayant emboîté le pas de la hausse impulsée par leurs prestigieux voisins en termes de tarifs primeurs, beaucoup ont été mis sur le marché à des tarifs plus bas. La pression exercée par le phénomène "Foire au vin", marginal il y'a 15 ans encore, an'a fait qu'amplifier ce phénomène. Ainsi, les 2001, qui n'ont pourtant rien de déshonorant dans l'ensemble, sont-ils complétement délaissés et cédés à des tarifs parfois 30% inférieurs à leurs tarifs primeurs. Et puis le monde du vin a également ses propres délires : comment expliquer que 1997, médiocre millésime dans le Bordelais (encore que j'ai dégusté pour la première communion de ma fille un magnum de Poujeaux délicieux et d'une étonnante concentration), ait été proposé en primeur presque deux fois plus chers que 1995 et 1996, pourtant autrement supérieurs ? Et que ces deux-ci aient été proposés à des tarifs aussi attractifs, alors que succédant après quatre années difficiles (1991-92-93-94), ils auraient pu être facturés beaucoup plus cher (mais eux se sont rattrapés depuis) ?
Bah !
Tout ça, ça va ça vient. Y'a des crises dans un sens, y'en a dans l'autre, et c'est pas fini.
Je ne t'apprendrais rien en te disant que le vin évolue, il ce peut que le phénomène que tu mentionne vienne de là. Au cours de leurs évolutions des vins seraient plus ou moins flatteurs ?

Re: La fin des grands malts ?

Publié : 08 déc. 2008, 17:41
par Jean-Michel
pat gva a écrit :Je ne t'apprendrais rien en te disant que le vin évolue, il ce peut que le phénomène que tu mentionne vienne de là. Au cours de leurs évolutions des vins seraient plus ou moins flatteurs ?
Ce que tu écris est vrai, Pat, mais ça ne suffit pas à expliquer les "anomalies" tarifaires que l'on observe. Celles-ci semblent plus devoir tenir du comportement des négociants, lesquels positionnent leurs prix non pas en fonction de la qualité intrinsèque des produits qu'ils commercialisent, mais de l'idée qu'ils se font du potentiel du marché à absorber ce produit à un prix donné.
Pour preuve : Mes Jurançons, mes Alsace, et d'une façon générale tous les vins que j'achète et dont les tarifs sont fixés non pas par un courtier mais par le vigneron lui-même, connaissent des variations de prix d'une année sur l'autre, mais sans commune mesure avec les crus spéculatifs, lesquels peuvent être revendus 10 fois avant d'arriver dans un verre (s'ils y arrivent un jour...).