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Publié : 31 août 2006, 19:46
par corbuso
Smokey-Kong a écrit :Tout cela dépend de l'intérêt de la bouteille. A 210 livres on doit avoir un whisky exceptionnel et incontestable, quelqu'un a-t'il des infos sur la valeur des Lagavullin et Talisker 30 ans ?

Slainthe

Smokey
D'après le site mentionné par PNicolas, le Talisker 30 ans sera vendu aux alentours de £160.

Ce que je ne comprends pas vraiment, c'est la politique de Diago du "tout bourbon".

Diageo "tout bourbon" ?...

Publié : 31 août 2006, 20:36
par Yves
Ce que je ne comprends pas vraiment, c'est la politique de Diago du "tout bourbon".
C'est vrai que les futs de Sherry sont souvent utilises avec precaution dans pas mal d'embouteillages des malts Diageo (en tout cas pour la plupart des versions des distilleries 'classiques' de la gamme Classic Malt).

Ceci car le credo Diageo pour ces distilleries est de respecter / de masquer le moins possible le caractere, l'identite de la distillerie. Donc de nombreuses versions privilegient le vieillissement en futs relativement peu actifs (avec une majorite de refill bourbon). NB: peu actif ne veut pas dire epuise...

Mais je me souviens quand meme du premier Talisker 20 ans special release (1981/2002 je crois) embouteille a 62%, vieilli integralement en futs de Xeres (moi j'ai jamais yper accroche a cette version la, j'avoue... meme si tout le monde l'a portee aux nues)

Et je me souviens aussi d'un Cragganmore 10 ans Special Release embouteille brut de fut veilli en futs ayant precedemment contenu du Sherry.

Il etait positionne a un prix hyper raisonnable a mon avis, et c'etait un super whisky (mais j'ai un enorme faible pout Cragganmore).

Je crois meme qu'il en reste certainement en stock en France car il n'a pas eu le succes qu'il meritait.

Publié : 31 août 2006, 21:37
par bottler
corbuso a écrit :Ce que je ne comprends pas vraiment, c'est la politique de Diago du "tout bourbon".
Ce n'est pas une politique propre à Diageo. Il se dit dans le milieu des distillateurs écossais que l'avenir est aux fûts de Bourbon, et on va jusqu'à dire que les autres types de fûts vont se raréfier.

Il y a plein de raisons.

La plus importante est que le fût de Bourbon sucre le whisky (de façon plus neutre et moins marquée que le sherry wood), et donc lui permet d'être dégustable jeune. Il gomme les duretés de la jeunesse. Qui a goûté des Aberlour ex-fûts de Boubon (ASB pour simplifier) ? C'est du jus de pêche abricot, qui n'a avec les Aberlours d'il y a 10 ans qu'une parenté lointaine, mais qui peut se boire très jeune. L'intérêt financier est immense, et c'est ce qui compte pour ces compagnies.

En plus, cela fait des goûts faciles, accessibles à tout le monde, non segmentant comme disent les gens du marketing. Et ainsi cela multiplie le débouché.

Les autres sont que les Hogsheads sont très aléatoires. Je viens de déguster ce soir un échantilloin de Caol Ila de 22 ans pris au fût, et ben il n'est franchement pas bon. Le fournisseur va se garder son fût.

La troisième c'est que les distillations de nos jours sont faites pour produire des goûts éclatants mais plus superficiels que dans le temps, et qui gagneront moins au vieillissement. Cette constatation vaut aussi pur nombre de vins, mais aussi les autres boissons. Le palais d'aujourd'hui manque d'éducation, et c'est un mouvement quasi-irréversible.

Déjà nous voyons des signes de ce qui se profile, sur Aberlour comme dit, mais encore sur des distilleries comme Glendullan et Benrinnes et même Clynelish dont j'ai pu déguster récemment les jeunes production. Même Billy Walker le génie de Benriach est de cet avis. Morrisson Bowmore se met aux ASB tout doucement, etc, etc...

Tout le monde suivra. L'économie moderne a la hantise du stock, et le palais moderne veut de l'éclat. Les passionnés de finesse et de complexité ne sont pas asssez nombreux.

Tout cela plaide pour des whiskies distillés sans "flegmes" (produits lourds de queue de distillation demandant du temps pour vieillir), et en ASB pour éxalter le fruité.

Quant à la disponibilité des ASB, l'industrie du Bourbon est en expansion rapide, il n'y a pas de problème pour les années qui viennent.

Est-ce dommage ? Certainement, du point de vue des amateurs que nous sommes. Mais pas du point de vue de la masse, qui peut accéder aux jeunes Aberlour (par exemple) tant à leur goût qu'à leur prix, mais qui rechigne à se former le goût par manque de temps et aussi de professeurs.

Les produits authentiques typés terroir sont progressivement marginalisés par les courants modernes.

Pour finir, je crois que les grandes sociétés ont constaté ces choses, et essaient de sortir des produits de la meilleure qualité possible compte tenu des contraintes du goût moderne de la masse et de celles qui sont purement financières.

Publié : 31 août 2006, 21:45
par Soup
En trois mots : monde de whisky... :roll:

Publié : 31 août 2006, 22:10
par bottler
Soup a écrit :En trois mots : monde de whisky... :roll:
Ne sois pas excessif. Les Aberlour et autres malts récents dont je parle sont aussi "gouleyants" que du bon Beaujolais. Ils sont réussis. C'est un plaisir moins subtil, mais c'est un plaisir.

Publié : 31 août 2006, 22:25
par antoine
heu, j'aime pas le beaujolais :-(

Publié : 31 août 2006, 22:27
par jmputz
Ah, mais c'est que tu n'as pas goûté celui de Régis.... Moi j'aime bien!

Publié : 31 août 2006, 22:35
par antoine
Régis, on se voit au Live ?

Publié : 31 août 2006, 23:46
par Serge
Pour rebondir sur le post de Bottler, je dis et j'affirme que comme les amateurs de vin, ceux de whisky doivent continuer à se regrouper, à échanger et à déguster afin de progresser ensemble et afin de convertir le maximum de débutants ou de buveurs occasionnels aux vrais bons whiskies offrant complexité et richesse d'arômes.
Peut-être les grands groupes tiendront alors plus compte de ce "segment de marché" pour encore parler marketing, et continueront, au moins pour lui, à proposer des cuvées exceptionnelles "aux petits oignons".

Publié : 01 sept. 2006, 09:29
par Régis
antoine a écrit :Régis, on se voit au Live ?
C'eut été un plaisir de te rafraichir la mémoire avec mes vins, mais je serai en pleines vendanges, peut-être un saut le lundi ?
Pendant toutes les vinifications, j'ai déjà du mal à déguster des vins ( à force de goûter les moûts ) alors pour les malts, ça risque d'être........perturbant !
Régis

Publié : 01 sept. 2006, 09:42
par Stephane
Comme je le crains et l'ai déjà exprimé, on risque hélas donc, pendant que le marché principal se remplira de single malts jeunes bourbonnés faciles d'accès, de voir s'amplifier en // le petit marché des "cuvées spéciales" (Limited Edition, Single casks spéciaux, Special Release, et j'en passe...) qui certes intéresseront les amateurs passionnés que nous sommes, mais coûteront probablement aussi de + en + cher...

Publié : 01 sept. 2006, 09:56
par bottler
Stephane a écrit :Comme je le crains et l'ai déjà exprimé, on risque hélas donc, pendant que le marché principal se remplira de single malts jeunes bourbonnés faciles d'accès, de voir s'amplifier en // le petit marché des "cuvées spéciales" (Limited Edition, Single casks spéciaux, Special Release, et j'en passe...) qui certes intéresseront les amateurs passionnés que nous sommes, mais coûteront probablement aussi de + en + cher...
Je crois que, pour le moment, ce type de cuvées n'est pas encore menacé.
Il y a des stocks.

Dans 20 ans, je crois que quelques distilleries continueront à distller "à l'ancienne", et que la masse des distilleries travaillera new style.

Les stocks de moins de 20 ans d'âge dans ces distilleries seront déjà souvent "new style".

Mais il restera quelques vestiges du passé.

A moins que cette tendance au goût facile ne s'inverse. Il peut s'en passer des choses, en 20 ans.

Publié : 01 sept. 2006, 11:05
par ttn
Je pense qu'il est possible que ce ne soit pas qu'un phénomène transitoire (ça pourrait durer : alcool bon, pas trop cher ni pour le producteur ni pour le consommateur et moins de risque à long termes sans compter la foultitude de marché emmergeant : beaucoup d'ingrédients qui laisse supposer la persistence du phénomène) mais il aura le mérite "d'éduquer" les novices. Pour le reste, j'espère que les indépendants (et que quelques distilleries qui se refuse au conformisme en gardant les "procédés traditionnels") continuront à oeuvrer dans la même direction que nous, en nous proposant, toujours des choses comme on les aime!
Tony

Publié : 01 sept. 2006, 11:20
par whiskye
Il y a toujours eu de l'alcool bon marché, la bonne nouvelle est que cet alcool sera de plus grande qualité qu'autrefois. Mais qu'est-ce qui a pu pousser dans le temps des producteurs à chercher à obtenir une très grande qualité alors qu'ils auraient pu se contenter de produire en masse pour les masses ? Ce phénomène pourra t-il à nouveau se reproduire dans d'autres conditions dans notre monde "moderne" ?

Publié : 01 sept. 2006, 23:55
par pat gva
Stephane a écrit :
Il y aura néanmoins bientôt in 30yo officiel mais je ne l'ai pas encore goûté, désolé.
Hélas, à 240 euros le 25 ans, cette bouteille dépassera probablement allègrement les 300 euros, et rares seront les heureux élus à pouvoir le faire... :(

Moi toujours pas goûté le 25 ans, et me demande si ça m'arrivera un jour... :roll:
240 Euros, c'est cher j'ai acheté la mienne environs 200 euros (300 CHF) lors des "friends of classic malt"
je vais essayé de le décrire, au nez + rond que le 16 + chaud note florale (bruyère ?) + présent, en bouche le 25 confirme + complexe il y a des notes mentholées peut etre de l'humus, il est - tourbé et iodé que le 16 l'age ?