Après environ une quinzaine de jours sans un seul dram pour cause de boulot de dingue, je profite d'une petite pause hier soir
J'avais envie de commencer par un truc doux et j'ai résisté aux sirènes du Glendronach 15 ans Revival et ses saveurs envoutantes pour aller piocher dans ma liste des "il faudra quand même qu'un jour je goute"...
J'ai donc commencé par le sample de Tomy
Glenfiddich 18 ans.
C'est pas mauvais : l'impression qui s'en dégage globalement, c'est que c'est fruité sur la poire et alcooleux.
Le nez est vraiment très fruité, de la poire, c'est frappant, je ne m'attendais pas du tout à cela. Le début est très alcooleux, mais un peu d'aération corrige cela.
La bouche est sympa, légère, toujours fruitée sur la poire et... des fleurs, mais je ne saurais pas dire lesquelles... en tout cas, un truc délicat, pas une grosse violette... peut-être alcool de rose ?
Avec le temps et l'aération, le masque tombe et apparaissent en retrait les notes d'un sherry sur la noix et le chocolat... en soit ces saveurs sont agréables, mais ça tranche mal je trouve... ça n'a pas sa place... en plus, c'est très mal intégré, car ces arômes apparaissent vraiment d'un seul coup, sans transition, et ne se mélangent curieusement pas aux notes fruitées/florales... c'est comme si j'avais 2 whisky différents dans la bouche... assez déconcertant...
En gros, pour moi, on dirait un sherry qui s'est déguisé en liqueur de poire (liqueur légère, pas un truc sirupeux) mais liqueur alcooleuse...
Bref, même si la liqueur de poire est bonne, ce n'est pas ce que j'attends d'un whisky, et je ne pense pas en acheter.
Ensuite, je suis passé sur le sample de dagde
Clynelish 14 ans 1995/2010 Douglas Laing OMC CS Cask n°5581 57,6%.
Alors là, on est dans un (vrai) sherry, un sherry que je qualifierais de raffiné... je ne sais pas trop comment l'exprimer, ce que je veux dire c'est qu'il est léger, mais derrière l'alcool qui vient indéniablement en premier plan, se trouvent de discrètes et très agréables saveurs de noisettes... c'est qu'il joue à se cacher ce coquin, je n'arrive pas à l'attraper : dès que je crois avoir repéré un arôme, il disparaît pour laisser la place à d'autres, puis, l'ayant laissé temporairement de côté, cet arôme revient me narguer !
Toutes les saveurs sont fondues entre elles, il y a des fruits à amandes (impossible d'en dire plus pour l'instant, à part que cela me rappelle le pralin) et des fruits jaunes (mirabelles

) et en trame de fond, très discrète mais qui "lie" tout cela car elle est présente tout le temps, une vanille très douce et complète (pas de la vanilline des danettes qui râpe le palais), très discrète, puis vient du bois humide... la vache!, le nez est complexe !
La bouche me semble moins complète (mais bon, je sais que mon nez est plus sensible que mon palais), c'est la vanille et le bois qui dominent, mais cette bouche est moins alcooleuse que le nez, ce qui est un bon point.
Tiens, de l'amertume et des épices font leur apparition sur la finale, en plus du retour de l'aspect alcooleux !
Alors là, vraiment surprenant ! Agréable et, que ce soit au nez ou à la bouche, j'ai l'impression de me retrouver au XIXe siècle dans un salon bourgeois d'une colonie exotique du Commonwealth
Incroyable ! En fin de finale, des franches notes de fumée de tabac apparaissent sur les lèvres et en bout de langue puis tapissent le palais

comme si je venais de tirer une taffe (je précise que je suis non fumeur) et que j'avais encore le goût du tabac froid dans la bouche !
Alors là c'est exceptionnel ce truc, c'est bien la première fois qu'un whisky me fait cela

:j'adore!!!:
En toute honnêteté, si je n'avais pas moi-même gouté et ressenti ce truc, j'y croirais pas...
J'avais ensuite prévu de passer sur le sample de cocojazzsta d'Ardbeg Uigeadail mais franchement, j'étais tellement subjugué et envouté par ce Clynelish que j'ai pas voulu casser la magie et j'ai continué à profiter de ce nectar et sa final noisette/fumée de tabac... ce sera pour la prochaine fois...
Merci les copains pour toutes ces bonnes saveurs !
