Ces derniers jours on goûtait deux damoiseaux très différent : un sherry,
Glenfarclas 2004 for ANHA, et un insulaire tourbé, dont j'ai lu tant de bien ici et ailleurs, le
Lagavulin 12yo CS.
Glenfarclas : Une vraie gourmandise. Bon, je ne sais pas encore si j'aime les sherry... je veux dire, je peux reconnaître leurs qualités objectives etc, mais pas sûre que ça soit vraiment mon type. Ou alors en digestif. Pour l'heure, on a pas encore trempé nos lèvres dans un sherry coup de cœur qui nous fait dire "il nous faut cette bouteille à la maison!" Celui-ci était tout de même très agréable, rien qu'à l'ouverture du sample on sentait son côté toasté et sucrailleux affleurer. Au nez c'est boisé, chocolaté, pain-d'épicé, il y a
des fruits qui traînent mais on est pas fichus de les identifier. Ah si ! Après un peu d'aération, on trouve du raisin,
des fruits secs anonymes, un peu d'orange ? La prise de contact avec la bouche est virilement alcooleuse, c'est vrai que ça pique un peu. *cligne
des yeux pour chasser quelques larmes* Une fois acclimatés, c'est assez sympa : ça commence fruité puis ça tourne au caramel et aux arômes plus « lourds » genre bois, noisette, chocolat... une bouche à deux vitesses assez gratifiante. La finale est courte et peu mémorable. Une gourmandise liquide qui doit être sympa à déguster quand il neige dehors:)
Lagavulin : Nous étions tous deux impatients de goûter celui là, mon homme par affection pour la distillerie, moi par affection pour ce genre de profil. J'avais déjà aventuré mon nez au dessus du sample, et à chaque fois j'étais frappée par un arôme très gras, un genre de fumée huileuse (ou de huile fumée, vous voyez ce que je veux dire) qui le distinguait nettement de la tourbe médicinale du Laphroaig à laquelle je suis habituée (n'allez pas croire qu'on en boit au petit dej hein). Une fois dans le verre, ce côté poisseux se dissipe un peu, mais ne dit-on pas que la première impression est la bonne ? Le nez est fumé donc, on sent du cuir,
des notes animales un peu grasses, le tout baigné dans une atmosphère citronnée plutôt diffuse. En bouche, c'est gras mais pas écœurant grâce à la flambée de l'alcool. On sent du poivre, le cuir fait quelques incursions amères, et on termine sur
des fruits frais enrobés de fumée en finale... c'est vraiment très plaisant. Encore plus plaisant quand on le savoure sans trop réfléchir, je trouve qu'on perd un peu de plaisir à vouloir trop disséquer. En un mot, ce 12 ans ferait un très bon daily dram, et on essaiera de s'en procurer une bouteille pour le quotidien !