On en a reparlé récemment sur le forum, et j'ai eu envie de me rafraichir la mémoire (et le gosier).
Lagavulin OB 16yo « Port Ellen » 43% (Bottled c2007 ou 2006 ?) :
LE whisky qui a provoqué il y a à peine plus d’un an, mon déclic pour la tourbe, que je ne pouvais supporter jusque là et dont je raffole tant depuis.
Rien que pour cela, il sera toujours un peu à part pour moi.
Alors certes, mon palais s’est aguerri depuis, et il me parait beaucoup plus doux, mais en aucun cas fade. Au contraire, c’est un très bel équilibre, avec juste ce qu’il faut d’alcool pour l’épicer un soupçon. Je veux dire que plus d’alcool n’aurait peut-être pas exhausté les saveurs, mais les aurait peut-être écrasées ?
Amha, c’est LE basique (comprendre le standard, la référence) de l’Islay tourbé, tout autant minéral, végétal que maritime. Du lait d’amande tout du long.
Nez et bouche complètement en phase.
Et une finale qui dure, qui dure, … à en faire pâlir de jalousie le lapin Duracel, sur les fruits secs, noix de cajou en particulier et toujours ce lait d’amande.
Un genre de whisky apéritif parfait ? L’envie de s’en resservir, juste pour le plaisir ...
MM 86 ou 88 selon l’année d’embouteillage ? Oui, complètement justifié.
Rhaaa, même après un copieux rinçage de bouche, ça me revient dans les dents.
Lagavulin OB Distillers Edition 91/07 43% :
Couleur plus soutenue, ambre foncée. Au nez, immanquablement le soupçon picotant (limite vinaigré) du sherry. Fruité aussi, comme un vinaigre de framboise ?
On devrait ériger une statue au premier type qui a eu l’idée de réutiliser des fûts de sherry pour y faire vieillir du whisky.
En bouche, la pointe alcooleuse est un peu plus présente que le 16yo, mais toujours juste ce qu’il faut, sans excès. On sent la tourbe plus par le corps qu’elle donne aux autres saveurs, la façon dont elle les soutient.
Le sherry apporte beaucoup de rondeur par rapport au 16yo. Du fruit doucereux et aqueux, (pastèque et/ou melon d’eau), épices douces et baies (cranberries, airelles ?), tomate verte, cerise qui aurait manqué de soleil et donc de sucre.
La tourbe reste présente et se précise, quand les autres saveurs disparaissent, et se prolonge longuement dans une finale très proche du 16yo, mais moins longue et insidieusement envahissante.
Peut-être plus complexe, plus « étrange » que le 16yo, mais pas moins équilibré. Peut-être intrinsèquement et objectivement « meilleur » que le 16yo, et pourtant, le 16yo a quelques chose d’indéfinissable dans son apparente simplicité qui me le fait préférer.
MM 88
Lagavulin OB 12yo Spécial Release 57.5% (bottled 2006):
La robe la plus pale du trio. LE nez, un genre de kiwi tourbé. Un léger soupçon pâtissier, comme un boudoir trempé dans le champagne.
En bouche, c’est étonnant, vu son voltage, mais c’est le moins alcooleux du lot. Plus gras aussi, moelleux, plus salé. Eau de vie de fruit. Vous savez, le pot de confiture qu’amène votre grand-mère, remplit de cerise dans de l’alcool ou on sent l’amertume des noyaux au travers du goût des fruits surtout quand on écrase une cerise entre la langue et le palais. Marasquin peut-être ? Amaretto en tout cas, mais juste au dessus de la limite de la perception.
Toujours cette impression d’équilibre, bien marié, fondu.
Finale plus musclée, plus chaleureuse, mais toujours d’une incroyable longueur et les mêmes notes finales de fruit sec.
Peut-être le moins évident, le moins facilement accessible des trois. Et paradoxalement (ou logiquement ?) peut-être celui à la personnalité la plus affirmé. Plus « particulier » en tout cas.
MM 91. Je « comprends » sa cote supérieure au deux autres, et pourtant, j’en reviens toujours au 16yo.
Au final, Lagavulin est certainement pour moi l'Islay le plus complet, le plus équilibré avec Caol Ila . Je n'ai pas dit c'était le meilleur Islay, j'aime aussi beaucoup Laphroaig et Ardbeg, mais ils sont plus "déséquilibrés" sur la tourbe (dans le bon sens) presque monolithiques, et Bowmore qui a vraiment sa typicité tourbée propre.
[Je n'évoquerais pas ici Bunnahabhain et Bruichladdich parce que pour moi, "c'est tout simplement autre chose"©. Pour moi, ce ne "sont" pas des Islays (aucun rapport avec leurs qualités intrinsèques et bien évidemment leur implantation géographique).]
Autre point fort: les Laga' sont parmi mes rares whiskys à passer sans problème au travers de mon marrasse gustatif actuel.
Trinité Lagavulin
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Re: Trinité Lagavulin
Oui, j'ai "goûté" beaucoup de Lagavulin 16 hier soir (le meilleur choix dans beaucoup de bars) et il est toujours comme un vieil ami fidèle qui jamais ne déçoit.
Re: Trinité Lagavulin
Oh oui est en outre pour nombre d'entre nous ce fut (fût ?) "la porte d'entrée au palais ouvert du w" (Eyrénée Philalethe l'entrée ouverte au palais fermé du roi)
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