Face to face

Il y a mille et une façons de boire le whisky. Comment préférez-vous boire le votre?

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Jean-Michel
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Re: Face to face

Message non lupar Jean-Michel » 11 juin 2009, 23:40

dede a écrit :En clair, le Pedro Ximenez serait un cépage, et les fino, manzanillo/a (je sais jamais ça) et autres oloroso les produits de techniques de vinification différentes ?

Yep. En tout les cas, c'est toujours comme ça que je l'ai compris.
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Re: Face to face

Message non lupar mars » 11 juin 2009, 23:47

dede a écrit :En clair, le Pedro Ximenez serait un cépage, et les fino, manzanillo/a (je sais jamais ça) et autres oloroso les produits de techniques de vinification différentes ?


http://fr.wikipedia.org/wiki/X%C3%A9r%C3%A8s_(vin)

Mais pour ce que j'en sais les sherry pedro ximenez sont passerillés et donc fortement sucré contrairement à la plupart des autres sherry qui n'ont presque pas de sucre(mangé par un champignon).

Perso, le sherry et le madère ce n'est pas pour moi. Mais un whisky vielli en fût de sherry, miam miam. :obscene-drinkingchug:

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Re: Face to face

Message non lupar bpoujol » 12 juin 2009, 00:21

mars a écrit :
dede a écrit :En clair, le Pedro Ximenez serait un cépage, et les fino, manzanillo/a (je sais jamais ça) et autres oloroso les produits de techniques de vinification différentes ?


http://fr.wikipedia.org/wiki/X%C3%A9r%C3%A8s_(vin)

Mais pour ce que j'en sais les sherry pedro ximenez sont passerillés et donc fortement sucré contrairement à la plupart des autres sherry qui n'ont presque pas de sucre(mangé par un champignon).

Perso, le sherry et le madère ce n'est pas pour moi. Mais un whisky vielli en fût de sherry, miam miam. :obscene-drinkingchug:

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Je te conseille le Clynelish Mmcd Bourbon/Sherry/Madeira tu trouve tous les arômes des futs un vrai réussite. (Péchable dans la baie)
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Re: Face to face

Message non lupar Jean-Michel » 12 juin 2009, 00:44

mars a écrit :
dede a écrit :En clair, le Pedro Ximenez serait un cépage, et les fino, manzanillo/a (je sais jamais ça) et autres oloroso les produits de techniques de vinification différentes ?


http://fr.wikipedia.org/wiki/X%C3%A9r%C3%A8s_(vin)

Mais pour ce que j'en sais les sherry pedro ximenez sont passerillés et donc fortement sucré contrairement à la plupart des autres sherry qui n'ont presque pas de sucre(mangé par un champignon).

Perso, le sherry et le madère ce n'est pas pour moi. Mais un whisky vielli en fût de sherry, miam miam. :obscene-drinkingchug:

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Oui, mais non. Encore une fois, le PX est un cépage. Dire que les sherry pedro ximenez sont passerillés et donc fortement sucrés, c'est comme dire que les Jurançon Petit Manseng sont passerillés et donc fortement sucrés.
De la même façon qu'on élabore aussi bien des Jurançons secs que des Jurançons doux à partir du Petit Manseng, on élabore des Sherry secs comme des Sherry doux à partir du PX. Pareil avec le Sauvignon, qui rentre aussi bien dans la composition des grands Sauternes liquoreux (et des petits aussi) que dans les secs et parfumés Pouilly-Fumés.
Toute la confusion vient de ce que comme le PX concentre mieux les sucres que le Palomino (le cépage majoritairement utilisé dans les Xeres), c'est lui qui est utilisé dans les Xeres "dulce" (liquoreux). Par adhérence, on dit souvent "PX" là où l'on devrait dire "Xeres doux élaboré à partir de PX". Mais encore une fois, mon Fino Sherry à moi, il est aussi élaboré à partir de PX. Et je t'assure qu'il est sec comme un coup de trique. Les Espagnols ne sont pas plus masos que nous : de la même façon que je ne connais pas de SGN de Chardonnay (c'est pas fait pour), je ne connais pas de Xeres dulce élaboré à partir de Palomino (c'est pas fait pour non plus).
Pour les Xerez secs, donc, on utilise majoritairement le Palomino, mais aussi le PX (moins souvent, parce que c'est plus rare, donc plus cher !). Et là, tu as toute la gamme des Fino, Manzanilla, Amontillado, Oloroso, Raya, Palo Cortado (Witch 2... Souvenez-vous... Jean Marie et sa bouteille qui nous a fait remonter deux siècles en arrière...). Et histoire de faire bonne mesure, on s'amuse même à mélanger du Sherry dulce dans des Xeres secs, histoire de les arrondir un peu. Et là, ça s'appelle des "Cream Sherry". Ca, je l'ai appris quand j'ai voulu comprendre d'où venait mon Brora Cream Sherry Butt.

Et si après tout ça on n'a pas mérité un petit verre :obscene-drinkingbuddies: !
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Re: Face to face

Message non lupar amor57 » 12 juin 2009, 09:19

Un petit exercice de recherche et de rédaction... Tu trouveras des réponses ici
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Re: Face to face

Message non lupar amor57 » 12 juin 2009, 09:21

Je précise qu'il y a des inexactitudes dans l'article Wiki et qu'il est assez confus.
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Re: Face to face

Message non lupar bpoujol » 12 juin 2009, 19:27

Recentrons le débat :

Caol Ila - 12y - 43%
Robe paille.
Un nez peu complexe. De la tourbe puissante, élégante (pas grasse comme Lagavulin ou Laphroaig)
La bouche est sur la tourbe.
La finale est moyennement longue/intense. Fumée. Tourbée.
Un bon whisky tourbé. (Trop?) homogène. Manque d'un petit grain de folie.
82/100 (21+21+20+20)

Jean Boyer - Best Casks - Caol Ila - 1996/2008 - 43%
Robe vin blanc quasi transparent. Huileuse.
Nez puissant. Fruité (fruits jaunes et agrumes). Tourbe légère en fond. Envoutante. Bien défini.
La bouche est douce, légère. On retrouve les fruits du nez ainsi que quelques épices. Puis ... la tourbe arrive ... s'installe ... s'impose ...
Une finale moyenne longue. "La tourbe ououh! ououououh!, la tourbe est entrée par ici"... Notes épicées (?).
Très équilibré, les 43% sont très bien exploité. Une version originale de Caol Ila avec des fruits très présentes au premier abord et la tourbe qui monte en puissance avant de s'imposer.
83/100 (22+21+20+20)

Vainqueur : Caol Ila JB.
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Re: Face to face

Message non lupar canis lupus » 13 juin 2009, 21:22

Deux Bowmore SV jumeaux. Vrais ou faux jumeaux, là est la question.

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Bowmore Sigantory Vintage « The Un-Chilfiltered Collection » 17yo 29/03/1990-24/01/2008 Hogsheads 636+637 bottlr 104/708 46%:
Robe: Or jaune
Nez: Cerise à l’eau de vie de ma grand-mère / cerise de mon-chery sans le chocolat. Menthe verte. La tourbe est plus en soutient de l’ensemble qu’en premier plan. Herbe fraichement coupée. Marakesh Mint Tea sucré. Pointe de citronnelle aussi. Le nez mets quelques minutes à s’exprimer, puis reste constant. L’aération ne change rien.
Bouche : Onctueux, voir gras même. Très léger picotement. La bouche est peu expressive, aucune attaque, mais une présence très ronde, homogène, certaine, constante. La bouche est un peu hermétique dans le sens ou rien ne se détache. Mais contrairement à ce que pourrait faire croire ce descriptif, c’est très agréable. La douceur et le parfum d’un miel courant, mais sans le sucre.
Finale : C’est la que résident la surprise, l’expressivité et la puissance de ce whisky. Et ce d’autant plus que la bouche ne prépare pas du tout à cette finale. Ca commence instantanément dés le début de la déglutition et ça gonfle comme une vague. Ca démarre sur la tourbe grasse et soft et d’un seul coup, au bout d’1ou 2 secondes, ça déferle sur le gingembre, le poivre blanc, la cendre. Puis ça retombe en douceur sans véritablement s’effondrer pour s’éterniser très longtemps sur note super agréable. D’autant plus étonnant que ce genre de finale est plutôt typique de certains sherry cask.
Mon avis : Un bon petit Bowmore au nez et en bouche, sans la note un peu sur le souffre/œuf mollé/oeuf dur chaud (la violette, diront les poètes) un peu lassante des Bowmores officiels récents. Ce ne serait donc qu’un whisky sympa et très agréable (ce qui n’est déjà pas si mal) sans cette finale expressive et délicieusement surprenante.
Si un jour un novice/débutant vous demande ‘’Mais c’est quoi la finale’’, faites lui essayer ce whisky, ce sera plus efficace que bien des mots.

Pas de note MM.

Pour moi : 84/100


Bowmore Sigantory Vintage « The Un-Chilfiltered Collection » 18yo 29/03/1990-04/06/2008 Hogsheads 640+641bottlr 193/704 46%:
Robe : Or clair.
Nez : La tourbe est quasi inexistante, évanescente. Genièvre. Eau de toilette bas de gamme / eau de Cologne. L’aération amène une note florale assez vive, mais fugace. Jasmin peut-être ? Sirop d’orgeat. Ti-punch avec de la cannelle (un peu) et du citron vert (beaucoup).
Bouche : Assez grasse, huileuse. Tourbe douceâtre et sucrée. Réglisse très doux, sans amertume. Touche de miel alcooleuse, limite hydromel.
Finale : Beaucoup démonstrative que le précédent. Plus de tourbe, beaucoup moins d’épice, moins de puissance, plus typiquement Bowmore, mais bonne longueur tout de même. Un peu de sel.
Mon avis : Beaucoup plus proche des Bowmore officiels actuels. Il fait plus âgés, plus homogène, mais je le trouve moins amusant, presque classique. Meilleur dans la classicisme et plus fidèle à Bowmore, mais il n’a pas la petite touche de folie du précédent

Pas de note MM.

Pour moi : 81/100

Ces deux whiskies sont quasiment jumeaux, et pourtant, il y a une vraie différence entre eux. Un bel exemple qu’un rien peu donner des résultats notablement différents contre toute attente. Et je doute fortement que ce soit du aux un peu plus de 4 mois d’écart de maturation en fûts.
Amusant aussi de noter qu’à quelques mois d’écart d’embouteillages et de mise en vente, la typographie de l’étiquette sur les canisters a évoluée.
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Re: Face to face

Message non lupar bpoujol » 13 juin 2009, 22:52

canis lupus a écrit :...


Encore une belle analyse (écrivain dans l'âme ?)
Il me semble avoir gouté le premier, j'avais bien apprécié. La finale aussi m'avait marqué...
Les MM notent : Bowmore 17yo 1990/2008 (46%, Signatory UCF, hogsheads, C#638+639, 711 Bts.) 84/100
Encore des fûts voisins...

Oshen, peux tu me donner le # de fût du Bowmore UCF que tu m'as samplé ?
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Re: Face to face

Message non lupar Jean-Michel » 14 juin 2009, 11:31

(...Suite du débat...)

Et je ne serais pas étonné que le 16 yo 1990/2007 (46%, Signatory UCF, casks #631+32, 669 bottles), chroniqué par Serge, ait été lui aussi distillé le même jour. Et apparemment, il présente encore un profil différent.
On aurait donc affaire non pas à des faux-jumeaux, mais à des faux triplés, voire quadruplés ;-)

Tu associes les notes de "souffre/œuf mollé/oeuf dur chaud" que tu perçois à ce que d'autres désignent sous le terme de "violette". C'est intéressant, parce que ça met en évidence que nous ne sommes pas tous portés à utiliser le même mot pour désigner une même sensation : quand je parle de "violette", j'ai plutôt en tête cette odeur entêtante de certains savons parfumés (c'est peut-être plutôt de la lavande...), ou de l'infâme sirop à la violette qui se vend dans les boutiques à souvenirs toulousaines. On le sent dans le Mariner, dans le SMoS 23yo 1985/2008 C#34127, dans le Nikka White (mais mieux équilibré), dans des Glen Garioch aussi... Perso, ça me fait le même effet que quand tu as un peu de shampooing ou de savon parfumé qui te rentre dans le gosier par accident, mais en sucré. Du coup, je retiens ton "sirop d'orgeat" : ça pourrait être ça aussi. Ouaip... le sirop d'orgeat, ça a ce même caractère dérangeant que le savon parfumé à la violette.
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Re: Face to face

Message non lupar Oshen » 14 juin 2009, 12:35

Les MM notent : Bowmore 17yo 1990/2008 (46%, Signatory UCF, hogsheads, C#638+639, 711 Bts.) 84/100
Encore des fûts voisins...

Oshen, peux tu me donner le # de fût du Bowmore UCF que tu m'as samplé ?


Justement c'est celui la.
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Re: Face to face

Message non lupar canis lupus » 14 juin 2009, 14:26

Jean-Michel a écrit :(...Suite du débat...)

Et je ne serais pas étonné que le 16 yo 1990/2007 (46%, Signatory UCF, casks #631+32, 669 bottles), chroniqué par Serge, ait été lui aussi distillé le même jour. Et apparemment, il présente encore un profil différent.
On aurait donc affaire non pas à des faux-jumeaux, mais à des faux triplés, voire quadruplés ;-)

Oui, et ça illustre bien les difficultés que Jean Marie (aka Bottler) nous avait expliqué rencontrer lorsqu'il sélectionne des futs. Ou qu'on lui envoie un fut "voisin" en lieu et place.
De même, ça montre le "danger" qu'il y a à extrapoler les notes ou commentaires de dégustation sur des embouteillages qu'on pourrait croire proche.



Jean-Michel a écrit :Tu associes les notes de "souffre/œuf mollé/oeuf dur chaud" que tu perçois à ce que d'autres désignent sous le terme de "violette". C'est intéressant, parce que ça met en évidence que nous ne sommes pas tous portés à utiliser le même mot pour désigner une même sensation :

Oui, c'est certain que le problème vient des références personnelles de chacun. Si je crois qu'on arrive à peu près à se faire comprendre sur des sensations vive, incisive et précises (épices piquante, note alcooleuse, agrume -en particulier citron-, ...), ça devient plus difficile avec les sensations "sourdes", floues, difficiles à cerner. Les nuances de tourbe sont ainsi assez difficiles à décrypter. Par exemple "brouter directement les buissons de thym à quatre pattes sous le soleil de Provence" et "herbes aromatique" n'évoquent absolument pas la tourbe ;-) (enfin bon, si, maintenant, quand je te lirais évoquer ces saveurs, je saurais décrypter ça comme une nuance de tourbe). Ca m'aiguillerait plutôt vers le bbq, la cuisine méridionale, ...


Jean-Michel a écrit : quand je parle de "violette", j'ai plutôt en tête cette odeur entêtante de certains savons parfumés (c'est peut-être plutôt de la lavande...), ou de l'infâme sirop à la violette qui se vend dans les boutiques à souvenirs toulousaines. On le sent dans le Mariner, dans le SMoS 23yo 1985/2008 C#34127, dans le Nikka White (mais mieux équilibré), dans des Glen Garioch aussi... Perso, ça me fait le même effet que quand tu as un peu de shampooing ou de savon parfumé qui te rentre dans le gosier par accident, mais en sucré. Du coup, je retiens ton "sirop d'orgeat" : ça pourrait être ça aussi. Ouaip... le sirop d'orgeat, ça a ce même caractère dérangeant que le savon parfumé à la violette.

Ok, n'ayant pas une énorme expérience de violette, pour moi, ça évoquait le sucré douçâtre de certains bonbons artisanaux à la violette, un peu écoeurant à la longue, un peu guimauve, un gout un peu mou, sans énergie. TIens, on retrouve ça aussi dans un Ricard ou un Pastis 51 (j'ai horreur des ces trucs et de l'Anis sucré en général).
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Re: Face to face

Message non lupar lemichetral » 14 juin 2009, 15:06

Pour le gout de violette, essayez un petit condrieu bien frais :obscene-drinkingcheers:
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Re: Face to face

Message non lupar Jean-Michel » 14 juin 2009, 15:41

canis lupus a écrit :(...) Par exemple "brouter directement les buissons de thym à quatre pattes sous le soleil de Provence" et "herbes aromatique" n'évoquent absolument pas la tourbe ;-) (enfin bon, si, maintenant, quand je te lirais évoquer ces saveurs, je saurais décrypter ça comme une nuance de tourbe). Ca m'aiguillerait plutôt vers le bbq, la cuisine méridionale, ...).


Canis, je reçois bien ton déterrement de l'épisode qui a vu jaillir le dernier bon gros engueulo de ce forum, et je n'en rajouterai pas : chacun son tour de pêter les plombs, j'ai pris le mien, je laisse le sien au prochain sur la liste.
Mais attention : sous l'alibi de la joyeuse taquinerie, tu écris des des choses qui ne sont pas vraies.
Je n'ai jamais écris des arômes que tu évoques que je les associais à la tourbe, alors pourquoi le prétends-tu ?
Si tu reprends mes différents posts, tu noteras que la plupart du temps, je prends soin de parler "d'expression des phénols" ; et que ce n'est qu'ensuite que je précise si ces phénols s'expriment sur un axe :
- "fumée / cendre foide"
- "médicinal"
- "herbes de Provence / herbes aromatiques" (et ton barbecue rentre là-dedans : c'est ma sous-classe "on a vidé le paquet de thym sur le mouton qui grille")
- "tourbé", que j'associe à des notes plus fermières, agricoles, "paysannes", forestières (les tourbières Vosgiennes, ça me connait)
Par exemple, jamais je n'écrirais du Bunnah 97 dont il était question dans le post de Bastien qu'il est tourbé dans des notes de dégustation. Je dirais peut-être "c'est un tourbé" comme on dit "c'est un Bunnah Peated", mais je n'utiliserai pas ce mot dans mes notes. Je dirai, comme je l'ai d'ailleurs fait, qu'il est sur les herbes de Provence et le buisson de thym, et que je n'aime pas ça. De la même façon, j'écrirai du Laphroaig 10yo OB qu'il est à classer dans les phénoliques médicinaux, façon gaze à pansement ou couloir d'hôpital. Le Port Ellen 1982/2003 G&M et le Caol Ila 1979 de Jean Boyer ont leurs phénols qui s'expriment avec toute la délicatesse de la fumée froide qui vient envelopper le fruit du distillat. Mais je n'en dis pas qu'ils sont tourbés. En revanche, dans mon PE 1982/2009 Old Bothwell, C#2729, ou dans le Caol Ila 22yo 55.9% TWF, là oui ! La tourbe est là ! Grasse, terreuse (faut pas avoir peur des pléonasmes).
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Re: Face to face

Message non lupar canis lupus » 14 juin 2009, 16:27

Jean-Michel a écrit :
canis lupus a écrit :(...) Par exemple "brouter directement les buissons de thym à quatre pattes sous le soleil de Provence" et "herbes aromatique" n'évoquent absolument pas la tourbe ;-) (enfin bon, si, maintenant, quand je te lirais évoquer ces saveurs, je saurais décrypter ça comme une nuance de tourbe). Ca m'aiguillerait plutôt vers le bbq, la cuisine méridionale, ...).


Canis, je reçois bien ton déterrement de l'épisode qui a vu jaillir le dernier bon gros engueulo de ce forum, et je n'en rajouterai pas : chacun son tour de pêter les plombs, j'ai pris le mien, je laisse le sien au prochain sur la liste.

Oulah, non non, ce n'est pas le coup de gueule que je voulais déterrer, mais la dernière mauvaise compréhension que j'avais en tête des éléments de comparaison que nous utilisons.

Jean-Michel a écrit :Mais attention : sous l'alibi de la joyeuse taquinerie, tu écris des des choses qui ne sont pas vraies.
Je n'ai jamais écris des arômes que tu évoques que je les associais à la tourbe, alors pourquoi le prétends-tu ?

Ben, parce que c'est ce que j'avais cru comprendre. Mais apparemment non, c'est pas encore ça. :think:


Jean-Michel a écrit :Si tu reprends mes différents posts, tu noteras que la plupart du temps, je prends soin de parler "d'expression des phénols" ; et que ce n'est qu'ensuite que je précise si ces phénols s'expriment sur un axe :
- "fumée / cendre foide"
- "médicinal"
- "herbes de Provence / herbes aromatiques" (et ton barbecue rentre là-dedans : c'est ma sous-classe "on a vidé le paquet de thym sur le mouton qui grille")
- "tourbé", que j'associe à des notes plus fermières, agricoles, "paysannes", forestières (les tourbières Vosgiennes, ça me connait)
Par exemple, jamais je n'écrirais du Bunnah 97 dont il était question dans le post de Bastien qu'il est tourbé dans des notes de dégustation. Je dirais peut-être "c'est un tourbé" comme on dit "c'est un Bunnah Peated", mais je n'utiliserai pas ce mot dans mes notes. Je dirai, comme je l'ai d'ailleurs fait, qu'il est sur les herbes de Provence et le buisson de thym, et que je n'aime pas ça. De la même façon, j'écrirai du Laphroaig 10yo OB qu'il est à classer dans les phénoliques médicinaux, façon gaze à pansement ou couloir d'hôpital. Le Port Ellen 1982/2003 G&M et le Caol Ila 1979 de Jean Boyer ont leurs phénols qui s'expriment avec toute la délicatesse de la fumée froide qui vient envelopper le fruit du distillat. Mais je n'en dis pas qu'ils sont tourbés. En revanche, dans mon PE 1982/2009 Old Bothwell, C#2729, ou dans le Caol Ila 22yo 55.9% TWF, là oui ! La tourbe est là ! Grasse, terreuse (faut pas avoir peur des pléonasmes).

Et là c'est sur, je comprends plus rien. :doh:
Tu vois, moi, "phénol", ça m'évoque les odeurs d'éther et de désinfectant d'hôpital. Ca serait équivalent à ton "médicinal".
Mouais, franchement pas facile tout ça.Image

Quand même, ce Jean-Marie, c'est un peu de sa faute quand même: faire un forum sur le whisky avec autant de succès, autant de membres, et même pas avoir prévu un simple traducteur de dégustation universel. :mrgreen:

Plus sérieusement, encore un illustration du risque qu'il y a à utiliser les notes et les commentaires de dégustation de quelqu'un sans le connaitre.
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