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Re: Face to face

Publié : 06 juin 2017, 19:55
par Vipère
Ce soir c'était confrontation des deux samples de sherry qu'on avait acheté pour commencer notre découverte de ce type de maturation. Donc : Glen Garioch 15 ans sherry cask / vs / Tamdhu Batch strength.

On avait testé le Glen garioch hier, et il nous avait fait bonne impression. Tellement bonne que j'étais persuadée qu'il sortirait gagnant de ce match et en fait... pas du tout.

Au nez, comparé à la rondeur et à l'étalage de fruits secs que propose le Tamdhu, le Glen Garioch reste très austère. On retrouve le boisé, cette étrange salinité et le soufre. A mesure qu'on déguste, l'écart se creuse ; le Tamdhu soulève sa jupe et révèle de plus en plus d'arômes (que je n'avais pas distingué lors de la première dégustation en solo!) tandis que le Glen Garioch s'entête dans son amertume un peu monolithique. Côté Tamdhu c'est raisins secs et pruneaux d'abord, puis après avoir goûté son concurrent on a des notes plus fraîches, du fruit rouge, quelque chose de mentholé, et puis un côté crémeux, genre Fontainebleau au coulis de fruits rouges. Côté Glen Garioch ça ne se complexifie pas plus que ça : on reste dans le boisé, un peu de fumée, un côté poudreux avec le soufre. En bouche, la salinité est bien marquée mais un peu décevante comparée à la générosité du Tamdhu.

Conclusion : si le profil atypique du Glen Garioch nous a séduit en première dégustation, il sort nettement perdant de sa confrontation avec le Tamdhu, qui est beaucoup plus complexe et versatile, plus gourmand également.

PS : Qu'est-ce que c'est intéressant ces face to face... et instructif surtout ! Je trouve que c'est un des meilleurs outils pour distinguer par soi-même des arômes un peu fuyants sur lesquels on a du mal à mettre un nom quand on débute.

Re: Face to face

Publié : 07 juin 2017, 07:23
par Savoureur
Vipère a écrit :PS : Qu'est-ce que c'est intéressant ces face to face... et instructif surtout ! Je trouve que c'est un des meilleurs outils pour distinguer par soi-même des arômes un peu fuyants sur lesquels on a du mal à mettre un nom quand on débute.

Je plussoie même si pour moi on peux biffer le "quand on débute".

Re: Face to face

Publié : 28 juil. 2017, 19:44
par Vipère
Ce soir, on confrontait le Laphroaig Cask Strength, batch 006 à son cousin le Laphroaig Quarter Cask.

Face au très gourmand Quarter Cask, le CS paraît bien austère. Après les pommes et les agrumes du QC, ce sont ses notes plus lourdes qui ressortent: champignon, vieux meuble, un peu terreux/carné.. la salinité est présente, plutôt d'accord avec le "olives!" lu dans certaines notes de dégustation, même si je ne l'aurais jamais trouvé moi-même :shifty: Le QC est clairement plus gourmand et facile à déchiffrer, c'est effectivement moins complexe et subtil que le CS, mais le contraste entre la fumée et la rondeur médicinale est très bien orchestré et surtout très plaisant. En bouche le QC fait certes un peu faiblard, comparé à son cousin qui est épaulé par une solide amertume boisée. N'empêche. Le Quarter Cask l'emporte à mes yeux.

Re: Face to face

Publié : 29 juil. 2017, 00:24
par juju cassoulet
Hé hé, la complexité face au plaisir :mrgreen:

Re: Face to face

Publié : 29 juil. 2017, 10:04
par Vipère
juju cassoulet a écrit :Hé hé, la complexité face au plaisir :mrgreen:


Voilà... :)

Re: Face to face

Publié : 05 août 2017, 20:21
par Vipère
Blair Athol ALOS 1988 /vs/ Irish Single Malt Whiskey 1991 TWA

J'ai décidé de confronter ces deux là parce que, pour les avoir goûtés séparément, ils nous ont laissé une impression similaire : deux profils proches, même dimension fruitée, grosso modo le même âge, tous deux assez complexes etc. L'irlandais nous avait plutôt emballé hier soir et on avait hâte de voir s'il tiendrait tête au Blair Athol, et surtout s'il nous permettrait de mieux le décrypter car la dernière fois qu'on y avait trempé les lèvres, il était resté assez allusif.

Alors, qu'est-ce que ça donne sur le ring ?

Il y a des fruits dans les deux, mais pas les mêmes. Tricky. Ce qui frappe de prime abord, c'est la fraîcheur enlevée de l'irlandais, les pommes vertes et les agrumes ressortent nettement tandis que du côté de Blair Athol, on a les narines balayées par quelque chose de beaucoup plus lourd, presque poisseux. Après délibération, on se met d'accord sur la banane mûre. En passant de l'un à l'autre, le contraste est saisissant entre le côté floral et citronné de l'irlandais, presque minéral, et le côté épais et fondu du Blair Athol. On goûte. Ok pour l'irlandais, on retrouve la même chose qu'hier, une attaque franche et pétillante, un corps crémeux et fruité, et une ossature amère qui soutient la finale. Qu'est-ce que ça donne chez son confrère écossais ? Une bouche très très chouette. L'attaque est feutrée, fondue, et ça éclot merveilleusement sur le palais. Les fruits s'épanouissent, il se passe plein de choses : Un côté bois précieux et « fragrant » (genre encens), des quartiers de poire (et d'autres fruits qu'on a pas trouvé), c'est huileux, le tout laisse une impression florale qui flotte longuement en bouche avec une amertume plus contenue que l'irlandais. En comparaison, ce dernier apparaît plus binaire, moins homogène que son confrère. Les arômes pâtissiers ont pris le dessus, comme hier. C'est très gourmand, avec un côté barba papa, mignardise au caramel, sucre vanillé, épices à dessert... ce voile pâtissier relègue les arômes plus verts et fruités au second plan, mais ils restent agréablement présents.

Bilan : Les deux sont vraiment très bien faits, et on a passé un excellent moment à les siroter alternativement... il reste que le Blair Athol l'emporte par sa complexité, son élégance, sa générosité fruitée et son « fondu ». Ce qui est heureux, car il nous en reste une pleine bouteille :obscene-drinkingchug:

Re: Face to face

Publié : 15 août 2017, 00:36
par Brieuc
Sans avoir perdu de temps, voici ma version du face à face des deux Glentauchers 26yo splittés par LsR :mrgreen:

Glentauchers 1990 26yo CA SB 52,6%
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... rs-1990-ca

Pour ce qui est du Cadenhead, je reste assez bien campé sur mon opinion d'hier soir (viewtopic.php?f=7&t=19563), si ce n'est que la bouche a eu un impact plus immédiat aujourd'hui, ce que j'espérais, et mes souhaits on été exaucés. Donc les notes restent de mise, le coté Apérol reste frappant, la singularité / personnalité de cet embouteillage n'est pas à remettre en cause, c'est un profil assumé, amer, et pour le coup aujourd'hui la bouche n'a pas fait dans la dentelle. Une expérience. Nez 87 - Bouche 87 - Finale 87 : 87

Glentauchers 1989 26yo SMWS 63.36 51,8%
https://www.whiskybase.com/whiskies/whi ... -smws-6336

Ici, on troque de la personnalité pour de l'accessibilité. C'est beaucoup, beaucoup moins typé et caractériel, le coté végétal est clairement mis sous cloche et pas franchement d'amertume à l'horizon mais en échange, on gagne en délicatesse. L'Apérol fait plutôt place à la Mandarine Napoléon, on a un soupçon de cacao, de la carambole, de la noix de coco, et par contre ici, ce qui était moins le cas avec le cadenhead, une parenté avec Clynelish devient évidente. Comme une cire parfumée à l'écorce d'orange. Chouette, mais nez moins personnel et frappant que le Cadenhead.

La bouche en revanche se campe sur ses pattes beaucoup plus vite et plus facilement que le Cadenhead : l'alcool et la texture sont tous deux mieux maitrisés, et, vu qu'on est dispensé de l'amertume feuillue au début, on sent mieux cette jolie orange cirée, cette pelure de pamplemousse, et enfin ces notes plus crémeuses et plus douces de miel de lavande, de crème aux épices. Alors que de l'autre coté, le CA entre en grande pompe sur de l'orange sanguine doublée de cuir salé et de poisson grillé, avec des feuilles vertes en veux-tu en voilà (laurier, mange-tout, ...). Bref une fois de plus, le raffinement contre le terroir, la Belle et la Bête pour grossir le trait.

La finale est excellente, plus douce que celle du Cadenhead (qui était déjà très chouette pour rappel). Cointreau avec une nette feuille de menthe, milk shake banane. Plaisant, vraiment.

Nez 86 - Bouche 88 - Finale 88 : 87


Verdict : on a là deux whiskies similaires jouant des cartes différentes. Si le SMWS arrive mathématiquement en tête, c'est uniquement parce que lui joue celle du "crowd-pleaser" assez bien : l'alcool est bien intégré, le profil est assez évident, fruité, ciré, et rappelle des repères connus des Highlands. Le Cadenhead joue une autre carte et présente un profil assumé, parfois presque trop, mais, il faut bien le dire, sans doute plus intéressant en soi que le SMWS. Donc à supposer que j'aie déjà dans mon étagère une belle dizaine d'Highland malts fruités et un peu austères, j'achèterais le Cadenhead parce que c'est ce qui apporterait le plus d'originalité à l'équipage. Dans le cas contraire, ou à la recherche d'un Glentauchers plaisir pour quelqu'un qui aime Clynelish par exemple, le SMWS se défend tout à fait. Les deux me laissent, ceci dit, (et d'un point de vue purement personnel) une impression de "good but not great" : je ne me retrouve pas dans le qualificatif fruit bomb pour le coup (ce n'est pas forcément une critique, juste une observation). Pas assez d'évolutivité en bouche et globalement un manque de fraicheur pour contrebalancer l'amertume. Mais c'était bon, et pédagogique !

A la prochaine :obscene-drinkingcheers:

Re: Face to face

Publié : 16 août 2017, 22:39
par juju cassoulet
Un face to face tardif mais je viens de gouter le coal ila 12yo OB et tiens à le comparer (de mémoire) avec le 2006 G&M.
Bien que noté 84 à l'époque, je trouve le G&M bien plus agréable, aussi iodé salé que le 12yo mais avec une fraicheur qui colle très bien avec sa jeunesse.
Le 12yo OB démarre sur les mêmes marqueurs mais deviens très vite lourd en bouche.
J'ai l'impression qu'il est plus tourbé mais que celle ci se marrie moins bien avec le reste.

Il faudrai que je ré évalue ma note du G&M car je ne pense pas que le 12yo vaille moins que 84 non plus; mais il est clairement moins dans le style que j'aime.

Re: Face to face

Publié : 16 août 2017, 23:38
par canis lupus
juju cassoulet a écrit :Un face to face tardif mais je viens de gouter le coal ila 12yo OB et tiens à le comparer (de mémoire) avec le 2006 G&M.

Faut être méfiant avec les comparaisons "à distance", ou de mémoire, ça peut être vraiment trompeur. On s'en rend vraiment compte en faisant un vrai face to face, c'est tout l'intérêt de l'exercice.

Re: Face to face

Publié : 17 août 2017, 10:09
par juju cassoulet
Je comprends, mais pour en avoir bu une bouteille et juste fini cet hivers je l ai encore bien a l esprit.