Statistique : nombre de bouteilles et indépendants

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Smokey-Kong
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Statistique : nombre de bouteilles et indépendants

Message non lupar Smokey-Kong » 27 mai 2006, 11:22

Une question qui me vient à l'esprit après la lecture du bulletin de JMP, question un peu trop vague pour faire l'objet d'un sondage précis : lorsqu'une distillerie autorise des embouteillages indépendants, j'ai tendance à accumuler bien plus de versions de celles-ci que dans le cas où seuls existent les embouteillages officiels. Exemple : Caol Ila contre Lagavullin ; et même Bunnahabhain contre Bruichladdich, alors que Bruichladdich possède de très nombreux OB différents. La raison à mes yeux en est que les indépendants apportent une véritable variété de styles que les embouteillages officiels ne fournissent pas ; même s'ils essayent de donner le change, une certaine monotonie apparaît.

Avez-vous constaté le même phénomène ? Quelle interprétation en donnez-vous ?

En l'attente de vous lire

Smokey
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bottler
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Re: Statistique : nombre de bouteilles et indépendants

Message non lupar bottler » 27 mai 2006, 12:35

Smokey-Kong a écrit :Une question qui me vient à l'esprit après la lecture du bulletin de JMP, question un peu trop vague pour faire l'objet d'un sondage précis : lorsqu'une distillerie autorise des embouteillages indépendants, j'ai tendance à accumuler bien plus de versions de celles-ci que dans le cas où seuls existent les embouteillages officiels. Exemple : Caol Ila contre Lagavullin ; et même Bunnahabhain contre Bruichladdich, alors que Bruichladdich possède de très nombreux OB différents. La raison à mes yeux en est que les indépendants apportent une véritable variété de styles que les embouteillages officiels ne fournissent pas ; même s'ils essayent de donner le change, une certaine monotonie apparaît.

Avez-vous constaté le même phénomène ? Quelle interprétation en donnez-vous ?

En l'attente de vous lire

Smokey


Il n'y a pas une raison unique a priori.

La première raison que je vois est que les distilleries appartiennent à, ou constituent, des sociétés beaucoup plus importantes que les embouteilleurs indépendants.

Ils ont des marques qui sont demandées dans de nombreux pays. Une version nouvelle suppose donc sauf exception un lot important de fûts homogènes ayant un caractère particulier qui inspirera le nom de la version. C'est plus facile à dire qu'à faire.

Par ailleurs, lorsqu'ils mettent une nouvelle version en vente, ils créent quelquefois une étiquette et un packaging, et mettent en branle une logistique de communication voire de promotion qui crée la demande et la développe, d'où un besoin de volume, ne serait ce que pour amortir le coût de cette communication et de cette création de packaging éventuelle.

Cette logistique est lourde, et suppose du temps. Elle n'est pas souple.

Les indépendants n'ont pas cette taille de débouché, et font des volumes beaucoup plus faibles. (un fût, deux, 3 ou 4 sont les chiffres habituels).

Dès lors, repiquer une étiquette existante à quelques centaines d'exemplaires, faire un mail à ses importateurs pour vendre quelques caisses par ci et par là, envoyer un sample à Jim Murray ou au Maltmaniacs (par exemple) mettre à jous sa liste de prix, ne nécessitent pas de frais, ni un délai, ni une lourde coordination mondiale de communication.

La contrepartie c'est qu'il n'y a que peu de volume disponible.

Le premier bon côté de la chose c'est que l'attention des amateurs est maintenue par un happening permanent.

Nous, par exemple, avons sorti une cinquantaine de "release", depuis 2 ans, (ce n'est pas un record).

Le second bon côté de la chose est qu'il est plus facile de trouver 2 ou trois fûts sympas et homogènes, que 20 ou 100. Nous avons la vie plus facile de ce point de vue aussi.

Voilà des éléments de réponse. Naturellment les situations sont diverses et variées, et je suppose que les contre exemples existent.
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Message non lupar Serge F » 27 mai 2006, 16:17

Plus de flexibilité chez les indépendants, en somme.
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Message non lupar bottler » 27 mai 2006, 16:27

Serge F a écrit :Plus de flexibilité chez les indépendants, en somme.


Je crois, en effet que c'est une bonne façon de résumer les choses.
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Message non lupar ttn » 27 mai 2006, 16:36

En faisant le bilan j'ai grosso modo 50% d'officiels pour 50% d'indépendants mais je ne pense que les membres du forum soient très représentatifs du marché. En fait on achète rarement plus d'une bouteille de la même version. C'est la raison pour laquelle j'estime qu'il est important d'avoir des officielles qui caractérise au mieux la distillerie et des indépendants pour une touche "d'originalité"! En espérant que ça perdure...
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Message non lupar mitsuyan » 27 mai 2006, 17:01

A ce propos, une question me taraude...Comment tout cela fonctionne auprès des distilleries pour le choix des fûts face à la demande des indépendants ? (Les droits, les passe-droit, les non-droit !!?? )

Tu arrives et tu dis "bonjour, my name is bond, james bond et je viens t"acheter ton meilleur des meilleurs fûts, et fais gaffe, pas d'embrouilles, c'est la vieille qui m'envoie ?!"


:?: :?:
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Message non lupar bottler » 27 mai 2006, 17:25

mitsuyan a écrit :A ce propos, une question me taraude...Comment tout cela fonctionne auprès des distilleries pour le choix des fûts face à la demande des indépendants ? (Les droits, les passe-droit, les non-droit !!?? )

Tu arrives et tu dis "bonjour, my name is bond, james bond et je viens t"acheter ton meilleur des meilleurs fûts, et fais gaffe, pas d'embrouilles, c'est la vieille qui m'envoie ?!"


:?: :?:
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Pas du tout. Il faut faire partie des amis ou bien il faut être prêt à payer cher.
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Message non lupar Smokey-Kong » 27 mai 2006, 17:44

Merci Bottler pour ces précisions éclairées (et merci JM :wink: ). Il est en effet frappant que les embouteillages officiels comportent en général un beaucoup plus grand nombre de bouteilles que ceux des indépendants ; le besoin de respecter la marque de fabrique, le problème du lancement etc. y sont certainement pour beaucoup. Cela explique certainement le coté plus homogène des OB.

Je reprends l'article de JMP dans son dernier bulletin : ce que les distilleries reprochent aux indépendants, c'est de brouiller l'image de marque du produit. S'il est en général vrai que les OB classiques donnent une image plus fidèle du caractère d'un whisky, c'est loin d'être exact pour tous les OB - voir la multiplication des affinages, des "many-many woods" et quand on suit l'évolution des choses, l'argument paraît un peu hypocrite ; en fin de compte ce qui transparaît c'est plutôt "les indépendants gagnent beaucoup d'argent sur des fûts que nous aurions bien pu vendre à leur place". Grande erreur et analyse superficielle. Même si les membres de ce forum ne sont pas parfaitement représentatifs de l'ensemble des amateurs de single malt, il reflètent quand même une certaine tendance de l'évolution générale et le fait que beaucoup (là je m'avance un peu) possèdent autant d'indépendants que d'officiels n'est pas à négliger : une distillerie qui n'autorise plus les embouteillages indépendants diminue sa visibilité.

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Message non lupar mitsuyan » 27 mai 2006, 17:45

bottler a écrit :
Pas du tout. Il faut faire partie des amis ou bien il faut être prêt à payer cher.


Mmmmm, j'vois l'ambiance !!
... sujet sensible...
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Message non lupar mitsuyan » 27 mai 2006, 18:03

Smokey-Kong a écrit :possèdent autant d'indépendants que d'officiels n'est pas à négliger : une distillerie qui n'autorise plus les embouteillages indépendants diminue sa visibilité.

Slainthe

Smokey


Certes, la distillerie refusera plutôt que son nom soit utilisé en dehors des OB...
Ceci donne lieu à de super teasings, dont le mémorable "Secrets still" (G&M) de l'île de Skye... :shock:
Trop fort !
a+
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Message non lupar bottler » 27 mai 2006, 18:22

Il y a un autre raisonnement employé par les distillateurs :

Ils dépensent beaucoup d'argent pour faire connaître leur marque, et n'aiment pas que d'autres utilisent le résultat de ces efforts financiers en vendant des produits qui portent le même nom, alors qu'ils ne participent pas à la dépense du tout.

Je suis obligé de reconnaître en tant qu'embouteillaur que ce qu'on nous demande le plus, ce sont des noms connus : Macallan, Caol Ila, etc... et que les clients sont prêts à les payer plus chers que les autres. D'ailleurs nous les achetons aussi plus cher que les autres.

Nous proposons aussi des qualités venant de distilleries peu connues, et elles se vendent mal, même si elles peuvent être de très belle qualité.
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Message non lupar jmputz » 27 mai 2006, 20:31

Nous proposons aussi des qualités venant de distilleries peu connues, et elles se vendent mal, même si elles peuvent être de très belle qualité.
Ah, si nos débats étaient encore mieux diffusés...
Qui connaît Ardmore et pourtant...!
Ou le Inchgower de chez Cooper's choice que j'ai décrit il y a quelques jours ici. De loin le meilleur de la gamme (du moins pour ce que j'en connais)
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Message non lupar mitsuyan » 28 mai 2006, 11:58

bottler a écrit :
Je suis obligé de reconnaître en tant qu'embouteillaur que ce qu'on nous demande le plus, ce sont des noms connus : Macallan, Caol Ila, etc... et que les clients sont prêts à les payer plus chers que les autres. D'ailleurs nous les achetons aussi plus cher que les autres.

Nous proposons aussi des qualités venant de distilleries peu connues, et elles se vendent mal, même si elles peuvent être de très belle qualité.


Oui, mais l'intérêt de ces embouteillages, à mon sens, réside dans la plus value que vous allez lui apporter.

A savoir : single cask, brut de fût, small batch... vous avez la capacité et la souplesse inhérente à vos structures, à exister comme force de proposition auprès d'un public tjrs plus avide de "nouveautés/raretés que seuls les indépendants peuvent produire.

John Glaser en est l'illustration parfaite. Ses w sont justes, précis (et bons !), fruit d'une réflexion intelligente.

Par exemple, les contraintes liées à l'entreposage de whiskies enfûtés à 71° sont, je pense, moins aiguës pour les indépendants (qui ont leur propre chai....?) que pour une distillerie.

Autre paramètre : comment anticiper la demande ? L'indépendant y répond grâce, encore une fois, à sa capacité d'innovation qui est sa raison d'être, sa flexibilité et ses coûts de "productivité".
Les indépendants ont aujourd'hui de vrais relais d'opinion à travers le web, les amateurs/pro (!) et la vox populi...

Wait and see ?! On assistera peut être au grand mercato des indépendants par les big brothers, les indépendants auront alors besoin
d'ouvrir leur capital pour resister et se renforcer et ainsi de racheter une distillerie...?

Avouez que se serait un peu bête de liquider de si rentables "bureaux de tendances", des "thinks tank" (bon c'est un peu exagéré là !).
Enfin, en matière d'économie, tout est possible...

Alors, joueurs de blues, l'avenir est devant vous et que la force (du fût !) soit avec vous !!!

a+
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Message non lupar bottler » 28 mai 2006, 12:41

mitsuyan a écrit :
bottler a écrit :
Je suis obligé de reconnaître en tant qu'embouteillaur que ce qu'on nous demande le plus, ce sont des noms connus : Macallan, Caol Ila, etc... et que les clients sont prêts à les payer plus chers que les autres. D'ailleurs nous les achetons aussi plus cher que les autres.

Nous proposons aussi des qualités venant de distilleries peu connues, et elles se vendent mal, même si elles peuvent être de très belle qualité.


Oui, mais l'intérêt de ces embouteillages, à mon sens, réside dans la plus value que vous allez lui apporter.

A savoir : single cask, brut de fût, small batch... vous avez la capacité et la souplesse inhérente à vos structures, à exister comme force de proposition auprès d'un public tjrs plus avide de "nouveautés/raretés que seuls les indépendants peuvent produire.

John Glaser en est l'illustration parfaite. Ses w sont justes, précis (et bons !), fruit d'une réflexion intelligente.

Par exemple, les contraintes liées à l'entreposage de whiskies enfûtés à 71° sont, je pense, moins aiguës pour les indépendants (qui ont leur propre chai....?) que pour une distillerie.

Autre paramètre : comment anticiper la demande ? L'indépendant y répond grâce, encore une fois, à sa capacité d'innovation qui est sa raison d'être, sa flexibilité et ses coûts de "productivité".
Les indépendants ont aujourd'hui de vrais relais d'opinion à travers le web, les amateurs/pro (!) et la vox populi...

Wait and see ?! On assistera peut être au grand mercato des indépendants par les big brothers, les indépendants auront alors besoin
d'ouvrir leur capital pour resister et se renforcer et ainsi de racheter une distillerie...?

Avouez que se serait un peu bête de liquider de si rentables "bureaux de tendances", des "thinks tank" (bon c'est un peu exagéré là !).
Enfin, en matière d'économie, tout est possible...

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Il n'y avait aucune tristesse dans mes propos. Notre activité est passionnante. Small is beautiful !
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Message non lupar jmputz » 28 mai 2006, 12:54

Je pense que Mitsyan faisait allusion au titre que j'avais donné à mon petit article concernant les indépendants...
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