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Publié : 15 déc. 2005, 15:05
par Skyisblue
A propos des goûts différents des Ardmores, hier soir se tenait la soirée "Millésimes" du club LMDW, Jean-Marc en a parlé. Thierry Benitah (le gérant de LMDW qui est en contact avec les fournisseurs) nous a expliqué comment ces versions sont mises en bouteilles:

Pour lui le fût n'est pas déversé dans une cuve mais le whisky est tiré directement et l'embouteillage se fait à la main. Pour les "5 derniers" litres il a dit que le whisky était filtré pour enlever les résidus du fût. Deplus il a indiqué que les numéros de bouteilles représentaient réellement (normalement) l'ordre d'embouteillage.

Cela peut être une explication:
1 - le fût n'étant pas transvasé, le whisky est reposé et donc légèrement différent suivant la "hauteur" dans le fût
2 - les dernieres bouteilles sont filtrés.

Bon il a dit les 5 derniers litres mais c'est surement variable suivant le fût. la bouteille 179 sur 188, ca fait moins de 7L..
A la prochaine soirée du club, il y aura peut-être Andrew Sygminton, on pourra lui poser la question directement si on a pas la réponse d'ici là ;)

Publié : 15 déc. 2005, 16:02
par Stephane
très intéressante ton explication Sky.

c un peu ce que je pensais, mais du coup ça ne me réconforte pas dans le souci que je me fais et les questions que je me pose.
Car si on part de cette explication, les bouteilles 179 et 188 sont proches donc, correspondraient en gros au milieu de fût, donc tjs d'après mes "a priori certainement douteux" à "l'endroit du fût le moins sensible à variations" non ?...

ce qui semble alors le plus plausible serait qu'ils n'aient pas très bien suivi l'ordre des numéros de bouteilles au fur et à mesure du remplissage... du moins c'est l'explication qui me ferait "le moins peur" !

Steph

Publié : 15 déc. 2005, 16:32
par Skyisblue
Stephane a écrit :les bouteilles 179 et 188 sont proches donc, correspondraient en gros au milieu de fût


je me suis fait mal comprendre et j'ai fait une erreur: en fait le fût contenait 189 bouteilles en tout et pour tout. Le sample n°4 (le mien) est la bouteille n°145 et le sample n°6 (celui de Pierre) est la bouteille n°179.

Le n°4 correspond au fût au 3/4 vide, donc pas filtré pour moi et le n°6 serait filtré.

Publié : 15 déc. 2005, 16:46
par Stephane
effectivement j'avais pas tout compris !...

décidément c pas ma journée... j'espère que la soirée sera meilleure...

en tout cette explication du coup me rassure cette fois un peu plus sur les différences importantes entre ces 2 bouteilles.
Et qu'est-ce que cela aurait été si on avait goûté la n°1 et la n°189 ?????

Publié : 15 déc. 2005, 16:52
par Skyisblue
enfin le point 1 est juste une idée que j'avance personnellement (bien qu'il me semble avoir lu un truc semblable dans un Whisky Magazine) alors que le point 2 est "confirmé" par Thierry Benitah.

Publié : 15 déc. 2005, 18:33
par laphroaig c moi
Super intéressant. Merci. Décidément cette histoire fait parler...

Publié : 15 déc. 2005, 18:52
par antoine
Bon moi se qui me chiffone juste un poil, c'est que volontairement, il n'y a pas homogénisation du fût, hors c'est un phénomène qu'ils connaissent avec le risque de décevoir certain , en fonction d'ou est tirée la bouteille..

Il me semble que de vider le fût dans une cuve et embouteiller ensuite ne serait pas un mal, pour cette homogénéisation.

Ensuite deuxième point, ils disent qu'ils mettent en bouteille à la main..d'accords, mais comment ils font, avec une pipette ?

car s'ils utilisent un robinet , ce qui je pense dois être la cas, alors il est situé en bas de fût, et il me semble que rien que le mouvement du liquide sortant par le robinet doit être suffisant pour "soulever" à l'intérieur du fût les résidus et en mettre dans chaque bouteille, docn seul les 5 derniers litres filtrés papier, cela me semble logique , mais celles d'avant doivent aussi contenir des particules....ou alors je comprends pas!!

Publié : 15 déc. 2005, 19:08
par laphroaig c moi
Antoine je n'ai pas la réponse à ta question, mais juste une petite intuition : j'imagine qu'ils ne font pas ça à la pipette...

Publié : 15 déc. 2005, 19:21
par antoine
oui, je me doute, c'est juste histoire d'interloquer..

je suppose que c'est le robinet, mais à ce compte il y a des dépots partout ou à peu près..

Publié : 19 déc. 2005, 12:47
par Skyisblue
Bon j'ai refait une degustation avec un sample provenant d'une autre bouteille mais du même fût: la 119, ouverte depuis quelques mois.

J'ai aligné les 3 samples dans 3 mêmes type de verres.

Je dois dire que déjà la différence entre la 145 et la 179 m'a paru plus légère hier soir. Mais le mien (145) reste un peu plus sec/tourbé que la 179. La 119 est très proche de la 179 pour moi.

Si le numéro d'ordre des bouteilles est respecté à l'embouteillage ca fiche en l'air la théorie du fin de fût pour la 179.. :roll:
bah j'arrete là la recherche même si c'etait une super excuse pour aligner 3 verres d'Ardmore :lol:

Publié : 19 déc. 2005, 17:15
par antoine
je t'excuse ;-)

Publié : 19 déc. 2005, 17:56
par laphroaig c moi
Je vois qu'une solution pour approfondir le sujet à l'avenir : 5 bouteilles d'un même fût, 50 verres identiques et 10 dégustateurs tous au même endroit au même moment :roll .

Publié : 19 déc. 2005, 18:14
par ttn
Allez, on fait ça au prochain WL ... en plein milieu de l'allée principale :lol:
Tony

Publié : 19 déc. 2005, 18:21
par antoine
pas cap!!

Publié : 28 sept. 2006, 21:39
par bottler
Pour moi, tout cela, c'est du "pipeau". On filtre les résidus avec une feutrine grossière qui n'abîme pas la produit.

189 bouteilles dans un fût= environ 130 litres, la moitié du fût, soit un dénivelé de 40 cm. Le gradient de température n'est pas marqué sur une si faible hauteur, pas plus que le gradient de pression, or ce sont les deux générateurs de séparation des corps.

Par ailleurs il y a toujours des mouvements de convexité dans un récipient, et donc, même au repos, les produits vont de bas en haut et de haut en bas, à la longue ils se mélangent, sauf récipient haut et étroit type cuve cylindrique, où le haut est souvent plus chaud que le bas, et où on peut observer une différence de degré alcoolique (au bout d'un certain temps), de 0,2 degrés.

Seule explication plausible : des corps très lourds sont devenus insolubles dans l'alcool avec le temps, l'oxydation qui en résulte, et la perte de pouvoir solvant du milieu suite à la disparition des produits les plus agressifs, aussi souvent les plus volatils. Des corps lourds se seraient dissociés.

Une couche basse contiendrait ces corps, le reste ne les contiendrait pas.

La filtration n'y fait rien, ce ne sont pas des solides.

Ce produit serait donc évanescent, ayant perdu une partie de son âme au dessus de la séparation, et étant différent en dessous, plus lourd et moins fruité, plus long aussi.

A goûter et découvrir en abstaction totale de tout esprit d'analyse, de référence.

C'est un esprit pur ou un raté et dans les deux cas, on ne peut aller plus loin.

Tout le reste, c'est de la littérature.